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Vérifier quelle forme de PER correspond à votre profilUne même enveloppe fiscale, deux architectures juridiques distinctes
Le PER individuel est défini par un texte unique, l'article L224-1 du Code monétaire et financier, qui prévoit qu'il « donne lieu à l'ouverture d'un compte-titres ou, selon le prestataire, soit à l'adhésion à un contrat d'assurance de groupe […], soit à l'adhésion à un contrat ayant pour objet la couverture d'engagements de retraite supplémentaire ». Derrière cette formulation technique, la distinction concrète qui compte pour l'épargnant tient en deux mots : assurantiel (contrat d'assurance de groupe, souscrit auprès d'un assureur, d'une mutuelle ou d'une institution de prévoyance) ou bancaire (compte-titres, ouvert et géré par une banque, un courtier ou une société de gestion, sans assureur dans le montage). Cette distinction traverse aussi bien le PER individuel que le PER d'entreprise, qui peut lui-même être ouvert sous l'une ou l'autre forme.
Nous avons déjà traité cette distinction sous l'angle successoral, où seul le PER assurantiel bénéficie du régime de l'assurance-vie en cas de décès avant 70 ans. Cet article complète ce premier comparatif par ce que la succession ne dit pas : les frais réels que chaque forme facture pendant la phase d'épargne, la nature des supports disponibles, et la façon dont chacune désensibilise l'allocation à l'approche de la retraite.
Les frais réels en 2025 : fonds euros, UC en gestion libre, frais de courtage
Les deux architectures ne se comparent pas sur une seule ligne, parce qu'elles ne facturent pas de la même façon. Le PER assurantiel prélève des frais de gestion annuels, exprimés en pourcentage de l'encours, identiques que le support bouge ou non. Le PER bancaire prélève des frais de courtage à chaque ordre passé, auxquels s'ajoutent des droits de garde annuels. Le 2ᵉ rapport annuel de l'Observatoire des produits d'épargne financière (OPEF, CCSF/Banque de France, 2025) chiffre les frais de gestion moyens du PER individuel assurantiel à 0,76 % par an sur le fonds en euros et 0,91 % par an sur les supports en unités de compte en gestion libre — l'OPEF note par ailleurs que les frais sur versements du PER individuel assurantiel restent « 2 à 2,6 fois supérieurs à ceux de l'assurance-vie selon la nature des supports », en baisse entre 2024 et 2025. Ces ordres de grandeur sont cohérents avec les données commerciales publiées par Meilleurtaux Placement (UC de PER à 0,91 % contre 0,88 % en assurance-vie ; fonds euros de PER à 0,77 % contre 0,67 % en assurance-vie), à titre de recoupement — non une source institutionnelle supplémentaire.
Côté PER bancaire, la Lettre de l'Observatoire de l'épargne de l'AMF n°65 (avril 2026) chiffre le coût moyen d'un ordre de 1 000 € à 0,65 % en banque de réseau, 0,45 % chez un courtier en ligne installé et 0,15 % chez un néo-courtier — des chiffres qui portent sur le compte-titres en général, pas spécifiquement sur le PER bancaire, mais qui constituent le meilleur proxy institutionnel disponible pour cette enveloppe. À cela s'ajoutent des droits de garde annuels : une fourchette de 0,30 % à 0,80 % par an pour le PER bancaire, contre 0,60 % à 1,00 % par an pour le PER assurantiel, circule dans la presse spécialisée — à vérifier au moment de votre lecture, faute de source institutionnelle précise identifiée sur ce point spécifique.
PER assurantiel Contrat d'assurance de groupe | PER bancaire Compte-titres | |
|---|---|---|
| Frais de gestion annuels — fonds en euros | 0,76 %/an (OPEF 2025) | Non applicable — pas de fonds euros |
| Frais de gestion annuels — UC en gestion libre | 0,91 %/an (OPEF 2025) | Structure différente : frais de courtage + droits de garde |
| Frais de courtage par ordre — banque de réseau | Non applicable | ≈ 0,65 % (AMF, avril 2026) |
| Frais de courtage par ordre — courtier en ligne installé | Non applicable | ≈ 0,45 % (AMF, avril 2026) |
| Frais de courtage par ordre — néo-courtier | Non applicable | ≈ 0,15 % (AMF, avril 2026) |
| Droits de garde annuels (à vérifier, presse spécialisée) | ≈ 0,60 % à 1,00 %/an | ≈ 0,30 % à 0,80 %/an |
- Frais de gestion annuels — fonds en euros
- 0,76 %/an (OPEF 2025)
- Frais de gestion annuels — UC en gestion libre
- 0,91 %/an (OPEF 2025)
- Frais de courtage par ordre — banque de réseau
- Non applicable
- Frais de courtage par ordre — courtier en ligne installé
- Non applicable
- Frais de courtage par ordre — néo-courtier
- Non applicable
- Droits de garde annuels (à vérifier, presse spécialisée)
- ≈ 0,60 % à 1,00 %/an
- Frais de gestion annuels — fonds en euros
- Non applicable — pas de fonds euros
- Frais de gestion annuels — UC en gestion libre
- Structure différente : frais de courtage + droits de garde
- Frais de courtage par ordre — banque de réseau
- ≈ 0,65 % (AMF, avril 2026)
- Frais de courtage par ordre — courtier en ligne installé
- ≈ 0,45 % (AMF, avril 2026)
- Frais de courtage par ordre — néo-courtier
- ≈ 0,15 % (AMF, avril 2026)
- Droits de garde annuels (à vérifier, presse spécialisée)
- ≈ 0,30 % à 0,80 %/an
Le PER bancaire ne facture pas de « frais de gestion » comparables terme à terme à ceux d'un contrat d'assurance : le coût dépend de la fréquence des arbitrages (frais de courtage AMF, chiffres compte-titres en général et non spécifiques au PER) et des droits de garde du teneur de compte. Le rendement du fonds euros, à titre de contexte, s'est établi à 2,60 % net en 2025 selon l'ACPR et France Assureurs.
L'absence structurelle de fonds euros et de garantie plancher sur le PER bancaire
Le PER bancaire ne propose aucun fonds euros. Ce n'est pas l'effet d'une interdiction textuelle précise du Code monétaire et financier, mais une conséquence structurelle du montage : offrir une garantie en capital est le métier d'un assureur, qui engage ses fonds propres et son fonds général sur cette promesse — pas celui d'une banque, d'un courtier ou d'une société de gestion qui exécute des ordres sur un compte-titres, sans assumer de risque de bilan sur l'épargne qu'il héberge. Pour sécuriser la part de l'allocation censée devenir « faible risque » à l'approche de la retraite, les gestionnaires de PER bancaire utilisent des fonds monétaires ou obligataires courts — des supports qui réduisent la volatilité sans jamais offrir de garantie contractuelle : leur valeur reste soumise aux aléas de marché, aussi limités soient-ils sur ce type de support.
Cette absence de fonds euros entraîne mécaniquement l'absence d'une seconde protection, propre au monde assurantiel : la garantie plancher en cas de décès. Sur un PER assurantiel, cette option contractuelle — relevant du droit des assurances, pas d'un article chiffré du CMF — garantit qu'en cas de décès du titulaire avant la liquidation, les bénéficiaires perçoivent au minimum le montant total des primes versées, même si la valeur de marché du contrat est alors inférieure. Son coût, selon des sources non institutionnelles à recouper avec la grille tarifaire de chaque assureur avant tout chiffrage définitif, se situe typiquement entre 0,1 % et 0,5 % par an, prélevé sur l'épargne en unités de compte et croissant avec l'âge — nous détaillons ce mécanisme, ses conditions et sa tarification dans notre article dédié au coût de la garantie décès. Sur un PER bancaire, cette option n'existe tout simplement pas : sans assureur dans le montage, il n'y a personne pour la porter.
La grille légale de désensibilisation obligatoire — et deux mécanismes d'arbitrage différents
Les deux formes de PER sont soumises à la même obligation légale de désensibilisation progressive. L'article L224-3 du CMF impose que « les versements sont affectés selon une allocation de l'épargne permettant de réduire progressivement les risques financiers », sauf décision contraire et expresse du titulaire ; l'article D224-3 du CMF précise que cette allocation doit garantir « une diminution progressive de la part des actifs à risque élevé ou intermédiaire et une augmentation progressive de la part des actifs […] à faible risque ». Le rythme minimal exact de cette diminution est fixé par l'arrêté du 7 août 2019 (JO du 11 août 2019, art. 1), sous la forme d'une grille chiffrée par profil et par horizon restant avant la date de liquidation prévue.
Plus de 10 ans | 10 ans | 5 ans | 2 ans | |
|---|---|---|---|---|
| Profil prudent | 30 % min. | 60 % min. | 80 % min. | 90 % min. |
| Profil équilibré | Aucun minimum | 20 % min. | 50 % min. | 70 % min. |
| Profil dynamique | Aucun minimum (jusqu'à 5 ans) | — | 30 % min. | 50 % min. |
- Profil prudent
- 30 % min.
- Profil équilibré
- Aucun minimum
- Profil dynamique
- Aucun minimum (jusqu'à 5 ans)
- Profil prudent
- 60 % min.
- Profil équilibré
- 20 % min.
- Profil dynamique
- —
- Profil prudent
- 80 % min.
- Profil équilibré
- 50 % min.
- Profil dynamique
- 30 % min.
- Profil prudent
- 90 % min.
- Profil équilibré
- 70 % min.
- Profil dynamique
- 50 % min.
Un profil « offensif » existe également, avec les mêmes seuils que le profil dynamique mais des quotas de versement vers des actifs non cotés/PME plus élevés. Cette grille chiffrée s'applique de la même façon aux PER assurantiels et aux PER bancaires : c'est la loi, pas le type d'enveloppe, qui fixe le rythme minimal.
Le point à vérifier avant publication d'une décision fondée sur ces chiffres : les décrets n° 2024-682 et 2024-713 du 4 et 5 juillet 2024, entrés en vigueur le 24 octobre 2024, ont introduit une réforme de l'article L224-3 du CMF avec notamment une seconde stratégie d'allocation obligatoire orientée vers des fonds solidaires ou de transition énergétique. Nous n'avons pas trouvé de confirmation que cette réforme a modifié la grille chiffrée elle-même de l'arrêté de 2019 — à vérifier au moment de votre lecture avant toute décision qui en dépendrait strictement.
Ce que la loi ne précise pas, en revanche, c'est comment chaque forme de PER atteint ces seuils — et c'est là que la différence entre assurantiel et bancaire redevient concrète. À notre analyse, construite par raisonnement et corroborée par plusieurs sources sectorielles convergentes (Corum, Swiss Life) mais non formulée telle quelle par un texte officiel, les deux formes n'arbitrent pas de la même manière :
PER assurantiel | PER bancaire | |
|---|---|---|
| Actif qui joue le rôle d'« actif à faible risque » | Fonds en euros à capital garanti | Fonds monétaires ou obligataires courts, sans garantie contractuelle |
| Mécanisme d'arbitrage à l'approche de la retraite | Unités de compte ↔ fonds en euros | Actions/ETF actions → obligataire court/monétaire |
| Le palier « faible risque » atteint-il une garantie en capital ? | Oui, sur la part logée en fonds euros | Non — jamais de garantie contractuelle, quel que soit le support |
- Actif qui joue le rôle d'« actif à faible risque »
- Fonds en euros à capital garanti
- Mécanisme d'arbitrage à l'approche de la retraite
- Unités de compte ↔ fonds en euros
- Le palier « faible risque » atteint-il une garantie en capital ?
- Oui, sur la part logée en fonds euros
- Actif qui joue le rôle d'« actif à faible risque »
- Fonds monétaires ou obligataires courts, sans garantie contractuelle
- Mécanisme d'arbitrage à l'approche de la retraite
- Actions/ETF actions → obligataire court/monétaire
- Le palier « faible risque » atteint-il une garantie en capital ?
- Non — jamais de garantie contractuelle, quel que soit le support
Nous n'avons pas identifié de texte officiel décrivant explicitement ce mécanisme d'arbitrage support par support : c'est une lecture raisonnée de la structure de chaque enveloppe, recoupée avec la documentation commerciale de plusieurs acteurs. Le détail des trois profils et de leur logique générale, indépendamment de la forme du PER, est traité dans notre article sur la gestion pilotée du PER.
En clair : même parvenu au dernier palier de la grille légale, à deux ans de la liquidation, un PER bancaire n'offre jamais de garantie en capital — seulement une volatilité réduite. C'est la conséquence directe de l'absence d'assureur dans le montage, et non une lacune de la réglementation, qui s'applique pourtant de façon identique aux deux formes en termes de pourcentages minimaux.
Fiscalité : strictement identique, aucune différence entre les deux formes
Sur un point, en revanche, aucune ambiguïté : la fiscalité du PER individuel ne dépend en rien de sa forme juridique. L'article 163 quatervicies du Code général des impôts, qui encadre la déduction des versements à l'entrée, vise « le plan d'épargne retraite individuel » sans distinguer compte-titres et contrat d'assurance — plafond de 10 % des revenus professionnels de l'année précédente (ou 10 % du plafond annuel de la sécurité sociale si ce montant est plus favorable), plafond mutualisable entre conjoints ou partenaires de PACS, et report possible sur 3 ans du plafond non utilisé. À la sortie, que ce soit en rente ou en capital, la fiscalité applicable dépend uniquement de deux paramètres : le choix d'avoir déduit ou non les versements à l'entrée, et le mode de sortie retenu — jamais de la nature assurantielle ou bancaire de l'enveloppe.
La différence entre les deux formes est donc exclusivement structurelle : frais, supports disponibles, garantie. Elle n'est fiscale qu'indirectement, au décès — via le régime successoral de l'assurance-vie réservé au seul PER assurantiel, que nous détaillons dans notre comparatif successoral.
Changer de forme en cours de route : les frais de transfert
Le choix entre assurantiel et bancaire n'est pas définitif. L'article L224-6 du CMF encadre le transfert d'un PER vers un autre PER — y compris d'une forme vers l'autre — avec des frais plafonnés à 1 % des droits acquis avant 5 ans de détention, et un transfert gratuit au-delà. Le décret n° 2024-682 du 4 juillet 2024 a par ailleurs aligné sur ce même plafond de 1 % les conditions de transfert des anciens produits de retraite (PERP, Madelin) vers un PER. L'antériorité fiscale du plan est conservée dans tous les cas, ce qui distingue nettement le PER de l'assurance-vie sur ce point. Le détail de ce mécanisme, et le calcul complet à faire avant de décider de transférer, figurent dans notre article sur les frais de transfert entre plans.
Simulation chiffrée : l'écart de frais sur 20 et 30 ans, à titre illustratif
Nous n'avons trouvé, au niveau d'une source institutionnelle unique — AMF, ACPR, Bercy, France Assureurs —, aucune étude chiffrant explicitement l'écart de frais moyen entre PER assurantiel et PER bancaire sur 20 à 30 ans. Des simulateurs en ligne, non institutionnels, avancent des écarts de l'ordre de 14 500 € sur 25 ans ou 178 600 € sur 30 ans ; nous ne les reprenons pas ici, parce qu'ils reposent le plus souvent sur des hypothèses de rendement brut différentes selon l'enveloppe comparée — une méthode qui gonfle artificiellement l'écart et que nous jugeons méthodologiquement contestable.
Le calcul ci-dessous est effectué par nos soins, à titre strictement illustratif et pédagogique — ce n'est pas une donnée officielle ni une prévision de performance. Il isole l'effet des frais seuls, en retenant la même hypothèse de rendement brut annuel (5 %, une convention de calcul et non une prévision de marché) pour les deux enveloppes, sur un versement unique de 100 000 €. Côté assurantiel, nous retenons le taux OPEF des UC en gestion libre (0,91 %/an, source solide). Côté bancaire, faute de frais de gestion annuels comparables, nous retenons le milieu de la fourchette de droits de garde évoquée plus haut (0,55 %/an) — un chiffre à vérifier, non institutionnel — et nous excluons volontairement les frais de courtage ponctuels par ordre, qui s'appliquent lors des arbitrages plutôt qu'en continu et sont donc plus difficiles à annualiser proprement.
PER assurantiel UC gestion libre, frais 0,91 %/an | PER bancaire Droits de garde estimés à 0,55 %/an | |
|---|---|---|
| Capital net estimé après 20 ans | ≈ 223 000 € | ≈ 239 000 € |
| Capital net estimé après 30 ans | ≈ 333 000 € | ≈ 369 000 € |
- Capital net estimé après 20 ans
- ≈ 223 000 €
- Capital net estimé après 30 ans
- ≈ 333 000 €
- Capital net estimé après 20 ans
- ≈ 239 000 €
- Capital net estimé après 30 ans
- ≈ 369 000 €
Calcul par nos soins, à titre illustratif uniquement : rendement net = rendement brut (5 %/an, hypothèse conventionnelle) moins frais annuels retenus, capitalisé sans versement complémentaire. Écart obtenu : environ +16 000 € à 20 ans et +36 000 € à 30 ans en faveur du PER bancaire, dans ce scénario précis. Ce calcul isole le seul effet des frais : il ne tient compte ni du coût d'une éventuelle garantie plancher (assurantiel), ni des frais de courtage par arbitrage (bancaire), ni du régime successoral, ni de la performance réelle du fonds euros par rapport aux unités de compte. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
- Comparer uniquement les frais revient à ignorer le service renduLe PER bancaire peut afficher un coût récurrent inférieur, mais sans fonds euros ni garantie plancher : le calcul ci-dessus isole les frais, pas le service de garantie que le PER assurantiel facture en échange de son coût généralement plus élevé.
- Aucune donnée officielle sur l'écart cumulé à 20-30 ansNotre simulation est une illustration à hypothèses transparentes, pas une donnée publiée par un régulateur. Les simulateurs privés qui circulent avec des écarts plus spectaculaires reposent souvent sur des hypothèses de rendement différenciées par enveloppe — à traiter avec prudence.
- Les droits de garde du PER bancaire restent une donnée à vérifierContrairement aux chiffres OPEF et AMF, la fourchette de droits de garde citée dans cet article provient de sources non institutionnelles. Demandez le tarif exact à votre établissement avant toute décision, plutôt que de vous fier à un ordre de grandeur générique.
Grille de décision selon le profil — l'analyse du cabinet, pas une doctrine officielle
Aucune source institutionnelle ne prescrit un choix universel entre les deux formes : ce qui suit est notre lecture, construite sur les éléments chiffrés ci-dessus, présentée comme telle et non comme une règle générale valable pour tous les profils.
Plutôt PER bancaire | Plutôt PER assurantiel | |
|---|---|---|
| Horizon avant liquidation | Long, généralement plus de 10 à 15 ans | Court à moyen, proche de la retraite |
| Tolérance au risque | Élevée, accepte l'absence de garantie en capital | Recherche un socle en capital garanti (fonds euros) |
| Priorité de l'épargnant | Frais récurrents bas, large gamme d'ETF ou de titres vifs | Garantie plancher décès, traitement successoral favorable |
| Arbitrage coût / garantie | Accepte l'absence de fonds euros contre des frais potentiellement plus bas | Accepte un coût structurel un peu plus élevé contre une garantie contractuelle |
- Horizon avant liquidation
- Long, généralement plus de 10 à 15 ans
- Tolérance au risque
- Élevée, accepte l'absence de garantie en capital
- Priorité de l'épargnant
- Frais récurrents bas, large gamme d'ETF ou de titres vifs
- Arbitrage coût / garantie
- Accepte l'absence de fonds euros contre des frais potentiellement plus bas
- Horizon avant liquidation
- Court à moyen, proche de la retraite
- Tolérance au risque
- Recherche un socle en capital garanti (fonds euros)
- Priorité de l'épargnant
- Garantie plancher décès, traitement successoral favorable
- Arbitrage coût / garantie
- Accepte un coût structurel un peu plus élevé contre une garantie contractuelle
Grille construite à partir des éléments chiffrés de cet article, pas une doctrine réglementaire. La situation patrimoniale globale, l'âge, la composition familiale et le montant en jeu restent les critères déterminants d'un choix réel.
Ce qu'il faut retenir
PER assurantiel et PER bancaire partagent la même base légale (art. L224-1 du CMF) et une fiscalité rigoureusement identique à l'entrée comme à la sortie. Ce qui les sépare est structurel : des frais de gestion moyens de 0,76 % à 0,91 % par an pour l'assurantiel contre des frais de courtage de 0,15 % à 0,65 % par ordre pour le bancaire ; un fonds euros à capital garanti et une option de garantie plancher décès réservés à l'assurantiel ; une même grille légale de désensibilisation (arrêté du 7 août 2019), mise en œuvre par deux mécanismes d'arbitrage différents qui n'aboutissent jamais, côté bancaire, à une garantie contractuelle. Aucune étude officielle ne chiffre l'écart cumulé sur 20 à 30 ans : notre propre calcul, présenté comme une illustration et non comme une donnée publiée, situe cet écart entre 16 000 € et 36 000 € sur 100 000 € investis selon l'horizon — en ne tenant compte que des frais, et pas du service de garantie que l'une des deux formes propose et l'autre non. Le choix se pose donc moins en termes de « lequel est le moins cher » qu'en termes de « quelle part de mon épargne retraite ai-je besoin de sécuriser, et à partir de quand ».
Questions fréquentes
PER assurantiel et PER bancaire : quelle est la différence de frais exacte en 2025 ?+
Sur le PER assurantiel, l'Observatoire des produits d'épargne financière (OPEF, rapport 2025 CCSF/Banque de France) chiffre les frais de gestion moyens à 0,76 % par an sur le fonds en euros et 0,91 % par an sur les unités de compte en gestion libre. Sur le PER bancaire (compte-titres), il n'existe pas d'équivalent direct : les frais se composent d'un coût de courtage par ordre passé (en moyenne 0,65 % en banque de réseau, 0,45 % chez un courtier en ligne installé, 0,15 % chez un néo-courtier, selon la Lettre de l'Observatoire de l'épargne de l'AMF n°65 d'avril 2026) et de droits de garde annuels, dont la fourchette est moins bien documentée.
Le PER bancaire propose-t-il un fonds euros ou une garantie en capital ?+
Non, structurellement. Le PER bancaire prend la forme d'un compte-titres : il n'y a pas d'assureur dans le montage, et offrir une garantie en capital est le métier d'un assureur, pas d'une banque ou d'un courtier. Les gestionnaires sécurisent la part « faible risque » de l'allocation avec des fonds monétaires ou obligataires courts, mais ceux-ci restent soumis aux aléas de marché — sans aucune garantie contractuelle en capital, contrairement au fonds euros du PER assurantiel.
La fiscalité change-t-elle selon que je choisis un PER assurantiel ou un PER bancaire ?+
Non, aucune différence. L'article 163 quatervicies du Code général des impôts, qui encadre la déduction des versements à l'entrée, vise « le plan d'épargne retraite individuel » sans distinguer sa nature juridique. La fiscalité à la sortie dépend uniquement du choix de déduire ou non les versements et du mode de sortie retenu (rente ou capital) — jamais de la forme assurantielle ou bancaire de l'enveloppe.
Comment fonctionne la désensibilisation obligatoire sur un PER bancaire, qui n'a pas de fonds euros ?+
La grille légale de désensibilisation (arrêté du 7 août 2019, pris en application des articles L224-3 et D224-3 du CMF) s'applique de la même façon aux deux formes de PER : elle impose une part minimale d'« actifs à faible risque » croissante à mesure que la liquidation approche. Ce qui diffère, à notre analyse, c'est le mécanisme : le PER assurantiel désensibilise en arbitrant vers le fonds euros, le PER bancaire vers des supports obligataires courts ou monétaires — sans jamais atteindre une garantie en capital contractuelle.
Peut-on changer de forme de PER en cours de route sans perdre l'antériorité fiscale ?+
Oui. Le transfert d'un PER vers un autre PER, y compris d'une forme bancaire vers une forme assurantielle ou l'inverse, est encadré par l'article L224-6 du CMF : frais plafonnés à 1 % des droits acquis avant 5 ans de détention, transfert gratuit au-delà. L'antériorité fiscale du plan est conservée dans tous les cas.
Existe-t-il une étude officielle chiffrant l'écart de frais entre les deux formes sur 20 ou 30 ans ?+
Non, nous n'avons trouvé aucune étude d'un régulateur (AMF, ACPR) ou d'une administration (Bercy) chiffrant cet écart sur longue durée. Des simulateurs privés avancent des écarts de l'ordre de 14 500 € sur 25 ans ou 178 600 € sur 30 ans, mais reposent souvent sur des hypothèses de rendement brut différentes selon l'enveloppe — une méthode que nous jugeons contestable. Nous proposons dans cet article un calcul propre, à hypothèse de rendement brut strictement identique, présenté comme une illustration et non comme une donnée officielle.
Le PER bancaire est-il toujours moins cher que le PER assurantiel ?+
Pas toujours, et pas seulement une question de prix. Les frais de courtage chez un néo-courtier (0,15 % par ordre) sont nettement inférieurs aux frais de gestion assurantiels, mais un PER bancaire logé en banque de réseau (0,65 % par ordre, droits de garde en sus) peut se révéler aussi coûteux, voire plus, qu'un PER assurantiel bien négocié — sans offrir en contrepartie ni fonds euros ni garantie plancher.
Quel PER choisir si je suis à moins de 5 ans de la retraite ?+
À notre analyse — qui reste celle d'un cabinet distribuant des PER assurantiels, pas une doctrine officielle — le PER assurantiel devient plus pertinent à l'approche de la liquidation : la grille de désensibilisation y aboutit à une part importante en fonds euros à capital garanti, alors que le PER bancaire ne peut désensibiliser que vers des supports monétaires ou obligataires sans garantie contractuelle, à un moment où la tolérance à une baisse de marché est la plus faible.
PER assurantiel ou bancaire : le choix dépend de votre horizon et de votre besoin de garantie
Nous chiffrons les frais réels, le mécanisme de désensibilisation et le coût d'une éventuelle garantie sur votre situation précise, avant de recommander une forme plutôt que l'autre.
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PER assurantiel vs compte-titres : la différence successorale
Le même choix vu sous l'angle successoral, que cet article complète par les frais et le mécanisme de désensibilisation.
La gestion pilotée du PER, les trois profils
Le mécanisme général des trois profils de désensibilisation, dont cet article détaille la grille chiffrée exacte et la différence de mise en œuvre selon la forme du PER.
PER : le coût de la garantie décès
Le coût de la garantie plancher, disponible uniquement sur la forme assurantielle traitée ici.
PER : les frais de transfert entre plans
Comment changer de forme de PER sans perdre l'antériorité fiscale, une fois le choix tranché ici.
PER : les frais qui rongent l'avantage fiscal
Le détail des frais de gestion PER en général, dont cet article isole la composante propre à chaque forme juridique.
Page produit : PER TMI 41 / 45
L'effet de levier fiscal à l'entrée, strictement identique quelle que soit la forme du PER retenue.