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Trésorerie · Court terme

Compte à Terme : la brique sécurisée de votre trésorerie

Pour rémunérer la trésorerie d'entreprise dormante, ou un capital privé sur une échéance connue avec certitude, le compte à terme reste l'outil le plus simple et le plus prévisible du marché — à condition de connaître ses clauses aussi bien que son taux affiché.

Mis à jour le 21 juillet 2026

3 à 4 %
Taux indicatif
Selon durée et émetteur
3 à 60 mois
Durées disponibles
Taux progressif selon engagement
100 k€
Garantie FGDR par déposant
Et par établissement

Le CAT face aux autres briques de trésorerie sécurisée

Le compte à terme occupe une place précise dans la hiérarchie des supports sécurisés, entre le livret réglementé et le Capital Garanti. Sa force est la simplicité contractuelle : taux et échéance fixés dès la signature, sans mécanisme de marché à comprendre. Sa limite est symétrique : cette simplicité ne laisse aucune place à l'optimisation fiscale — contrairement à un fonds euros logé en assurance-vie, qui bénéficie d'un cadre fiscal favorable après 8 ans, le CAT est fiscalisé chaque année sans aucun abattement, quelle que soit la durée de détention. C'est le prix de sa lisibilité : un produit qui se comprend en cinq minutes, sans avoir besoin de lire une documentation de plusieurs dizaines de pages.

Cas d'usage

  • Trésorerie d'entreprise dormante : rémunérer un excédent sans bloquer la flexibilité opérationnelle, plutôt que de le laisser sur un compte courant professionnel qui ne rapporte structurellement rien.
  • Échéance privée connue : achat immobilier dans 12-18 mois, succession en cours, vente à terme — toute situation où la date du besoin est identifiable avec une quasi-certitude.
  • Complément d'un mix sécurisé : étager des CAT à différentes durées (escalier) pour lisser le risque de taux, en particulier lorsque l'incertitude porte sur la direction future des taux d'intérêt plutôt que sur la date du besoin lui-même.

Comment une banque fixe le taux d'un CAT

Le taux proposé par une banque n'est pas arbitraire : il reflète principalement son coût de refinancement sur la durée équivalente (les taux interbancaires et obligataires d'État de maturité comparable), auquel s'ajoute une marge qui dépend de son besoin de liquidité du moment. Une banque en phase de collecte active de dépôts — pour financer sa propre croissance de crédit, ou pour respecter des ratios réglementaires de liquidité — proposera un taux plus généreux qu'une banque en excédent de dépôts qui n'a aucun intérêt commercial à en attirer davantage. C'est cette dynamique, propre à chaque établissement et à chaque moment, qui explique pourquoi deux banques peuvent afficher des grilles de taux CAT sensiblement différentes à un instant donné, sans qu'aucune des deux ne soit dans l'erreur.

Les CAT existent aussi sous plusieurs formes contractuelles : à taux fixe unique sur toute la durée (le plus courant), à taux progressif (le taux augmente par palier à mesure que la durée de détention s'allonge, incitant à ne pas sortir avant terme), ou avec des versements complémentaires libres possibles pendant la durée du contrat, plus rares. Chaque variante répond à un besoin différent — le taux progressif convient à une trésorerie qui pourrait, sans certitude, devoir être mobilisée avant l'échéance ; le taux fixe unique convient à une échéance réellement certaine.

L'escalier de CAT — la construction qui neutralise le pari sur les taux

Plutôt qu'un CAT unique, la construction professionnelle échelonne plusieurs CAT sur des durées croissantes. À chaque échéance, le capital libéré se replace aux conditions du moment : si les taux ont monté, vous en profitez ; s'ils ont baissé, vos barreaux longs sont verrouillés. La liquidité revient par vagues régulières au lieu d'être bloquée d'un bloc.

300 000 € de trésorerie en escalier — exemple de construction type
Barreau 1
6 mois
Montant
100 000 €
Taux négocié indicatif
2,6 %
Liquidité récupérée
Dans 6 mois
Rôle dans l'escalier
Rotation courte — capte les hausses
Barreau 2
12 mois
Montant
100 000 €
Taux négocié indicatif
3,0 %
Liquidité récupérée
Dans 12 mois
Rôle dans l'escalier
Équilibre
Barreau 3
24 mois
Montant
100 000 €
Taux négocié indicatif
3,3 %
Liquidité récupérée
Dans 24 mois
Rôle dans l'escalier
Verrouille le taux long

À chaque échéance, le barreau se replace en 24 mois pour maintenir l'escalier. Rendement moyen pondéré ≈ 3,0 % avec un tiers du capital liquide tous les 6-12 mois — contre un pari unique sur une seule durée.

Les clauses à lire avant de signer — pas seulement le taux

Un CAT n'a en apparence qu'un seul paramètre qui compte : le taux. En pratique, trois clauses contractuelles pèsent autant sur le rendement réel : la pénalité de sortie anticipée exacte (perte totale ou partielle des intérêts, jamais du capital, mais le détail varie fortement d'un établissement à l'autre), la reconduction tacite à l'échéance (certains contrats se renouvellent automatiquement à un taux moins favorable si vous ne réagissez pas), et le mode de versement des intérêts (in fine ou progressif, ce qui change la fiscalité annuelle pour une société à l'IS). Le détail complet est dans les clauses à vérifier avant de signer.

La garantie FGDR se compte par agrément, pas par enseigne commerciale

Répartir un capital important entre plusieurs CAT pour multiplier la garantie de 100 000 € suppose une vérification trop souvent oubliée : plusieurs marques commerciales bien distinctes dans l'esprit du public peuvent en réalité partager le même agrément bancaire, donc la même enveloppe de garantie FGDR. Ouvrir deux CAT dans deux enseignes qui appartiennent au même groupe et opèrent sous le même agrément ne double pas la protection — la garantie s'applique par établissement agréé, pas par nom commercial affiché sur le site web. Ce point se vérifie en quelques minutes avant toute répartition entre plusieurs enseignes, et il change concrètement la stratégie de diversification au-delà de 100 000 € — voir le détail dans la garantie FGDR par agrément, pas par marque.

Pour qui le CAT n'est pas fait

Le CAT suppose une échéance certaine. Si vous ne savez pas quand vous aurez besoin des fonds, la pénalité de casse anticipée peut annuler tout le gain — dans ce cas, un fonds monétaire liquide à J+1 est mieux adapté, même pour un rendement légèrement inférieur. Et pour un capital immobilisable plus de 5 ans, un Capital Garanti structuré sert généralement 1 à 2 points de plus qu'un CAT long.

In fine ou progressif : le mode de versement des intérêts change la fiscalité

Deux conventions coexistent pour le versement des intérêts d'un CAT. En versement in fine, la totalité des intérêts est versée en une fois à l'échéance du contrat — simple, mais pour une société à l'IS, cela concentre l'intégralité du produit financier sur un seul exercice fiscal, ce qui peut faire basculer un résultat dans une tranche d'imposition supérieure l'année de l'échéance. En versement progressif (annuel ou selon une périodicité définie), les intérêts courus sont versés au fil de l'eau, lissant l'impact fiscal sur plusieurs exercices. Pour un particulier soumis au PFU, la différence est marginale ; pour une société dont le résultat varie d'une année sur l'autre, le choix du mode de versement mérite d'être arbitré avec l'expert-comptable avant la signature, pas découvert à la clôture de l'exercice.

Deux profils qui reviennent régulièrement en rendez-vous

Le premier est un dirigeant de PME dont la trésorerie d'exploitation dégage un excédent structurel, au-delà du besoin en fonds de roulement. Plutôt que de le laisser sur un compte courant professionnel non rémunéré, un escalier de CAT calé sur les échéances fiscales et sociales prévisibles (IS, dividendes, charges sociales) rémunère cet excédent sans jamais compromettre la capacité de paiement de l'entreprise à ses échéances.

Le second est un particulier en cours de cession immobilière ou de succession, qui sait avec une quasi-certitude que les fonds seront mobilisés dans 6, 12 ou 18 mois pour un projet précis — achat d'un nouveau bien, règlement de droits de succession, remploi d'un capital. Le CAT calé sur cette échéance exacte rémunère l'attente sans exposer le capital à la moindre fluctuation de marché entre-temps.

Ouvrir un CAT, étape par étape

  1. Détermination de l'échéance : date certaine du besoin (IS, CAPEX, achat immobilier, succession).
  2. Mise en concurrence : plusieurs établissements sollicités sur le montant et la durée exacts — la grille publique n'est jamais le taux final au-delà de 100 000 €. En pratique, une demande écrite précisant montant, durée et éventuellement une offre concurrente déjà reçue suffit souvent à obtenir 0,2 à 0,4 point de mieux que la grille affichée en agence — les banques qui recherchent activement des dépôts à un instant donné préfèrent ajuster leur offre plutôt que de perdre un dépôt significatif au profit d'un concurrent.
  3. Ouverture et versement : signature de la convention, virement du capital, taux et échéance fixés contractuellement.
  4. Suivi de l'échéance : replacement du capital libéré selon les conditions du moment, ou intégration au barreau suivant de l'escalier — jamais une reconduction tacite subie faute d'avoir anticipé la date exacte de fin de contrat.
Les risques que nous nommons
  • Risque de blocage
    La casse anticipée coûte tout ou partie des intérêts, avec 32 jours de préavis légal. Un CAT ne reçoit que du capital à échéance certaine — l'incertain va en fonds monétaire.
  • Risque de taux
    Un taux verrouillé protège à la baisse mais prive des hausses : un CAT 4 ans souscrit juste avant une remontée de 1 point coûte ce point pendant 4 ans. L'escalier de durées est la parade structurelle.
  • Risque de contrepartie au-delà de 100 k€
    La garantie FGDR s'arrête à 100 000 € par déposant et par établissement. Au-delà, vous êtes créancier de la banque : la répartition multi-établissements n'est pas une option, c'est la règle — à condition de vérifier au préalable que les établissements retenus ne partagent pas le même agrément bancaire.
  • Risque de reconduction tacite non maîtrisée
    Un contrat qui se renouvelle automatiquement à l'échéance, souvent à un taux moins favorable que celui d'origine, peut immobiliser un capital plusieurs mois de plus que prévu sans qu'aucune décision n'ait été prise. Un rappel d'échéance, fixé dès la souscription, évite ce piège purement administratif.
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Questions fréquentes

Le capital d'un compte à terme est-il vraiment garanti ?+

Oui, à deux étages : contractuellement par la banque (le nominal est toujours rendu, seule la rémunération se négocie), et par le FGDR jusqu'à 100 000 € par déposant et par établissement en cas de faillite de la banque. Au-delà de 100 000 €, répartir entre plusieurs établissements restaure la couverture intégrale — c'est un des rares placements où la garantie publique se « multiplie » légalement.

Que se passe-t-il si je casse mon CAT avant l'échéance ?+

La loi impose un préavis de 32 jours ; la convention prévoit ensuite une pénalité — typiquement la perte de tout ou partie des intérêts courus, jamais du capital. Un CAT cassé au bout de 10 mois sur 12 peut donc rapporter zéro. D'où la règle : caler la durée sur une échéance certaine, et loger l'incertain en fonds monétaire.

Les taux affichés sont-ils négociables ?+

Au-delà de 100 000 €, presque systématiquement — les banques en recherche de dépôts s'alignent volontiers 0,2 à 0,4 point au-dessus de leur grille sur demande écrite. Sur 500 000 € à 12 mois, 0,3 point de mieux vaut 1 500 €. Nous mettons les établissements en concurrence à chaque échelonnement.

CAT ou fonds monétaire pour ma trésorerie d'entreprise ?+

Les deux, découpés par horizon : fonds monétaire pour le tampon mobilisable à tout moment, CAT calés sur les échéances datées (IS, dividendes, CAPEX). Notre comparatif complet chiffre les deux sur 500 000 € — voir l'article dédié en bas de page.

Comment sont imposés les intérêts ?+

Particulier : PFU de 31,4 % (ou barème sur option), prélevé chaque année sur les intérêts servis. Entreprise à l'IS : les intérêts entrent dans le résultat imposable. Aucune optimisation d'enveloppe possible sur un CAT — c'est le prix de sa simplicité, et l'une des raisons pour lesquelles il ne concurrence pas l'assurance-vie au-delà de 3-4 ans d'horizon.

Y a-t-il des frais cachés sur un compte à terme ?+

Pas de frais de gestion ni d'entrée à proprement parler — le coût se cache dans les clauses : pénalité de casse anticipée, reconduction tacite à un taux moins favorable si vous ne réagissez pas à l'échéance. Ce sont ces clauses, pas un frais affiché, qu'il faut lire avant de signer.

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