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Vérifier votre situation de non-résident- Les intérêts d'un compte à terme, d'un compte courant rémunéré ou d'une OAT détenue en direct versés à un non-résident fiscal sont, en principe, exonérés de tout impôt et de tout prélèvement social français — sans condition de durée ni abattement à calculer, sur le fondement de l'article 125 A III du CGI.
- Cette exonération est automatique depuis le 1er mars 2010, sans avoir besoin d'invoquer une convention fiscale bilatérale — elle relève du droit interne français.
- Seule exception, radicale : résider dans un État ou territoire non coopératif (ETNC) fait basculer ces mêmes intérêts vers un prélèvement de 75 %, sans lien avec votre situation fiscale réelle.
- Cette exonération porte uniquement sur l'impôt français — le pays de résidence fiscale conserve, dans la quasi-totalité des cas, le droit d'imposer ce même revenu selon ses propres règles.
Le principe : une exonération, pas un régime allégé
Sur ce site, la fiscalité des placements bancaires classiques — compte à terme, compte courant rémunéré, OAT en direct — est présentée sous l'angle d'un résident français : PFU à 31,4 % dès le premier euro, sans abattement, quelle que soit la durée de détention. Pour un non-résident fiscal, ce n'est pas une version allégée de ce régime qui s'applique — c'est un régime radicalement différent : une exonération de principe. L'article 125 A III du Code général des impôts exonère de retenue à la source les produits de placement à revenu fixe versés par un débiteur établi en France à une personne dont le domicile fiscal est situé hors de France, depuis la généralisation de cette exonération au 1er mars 2010. Contrairement à l'assurance-vie, où un prélèvement à la source spécifique continue de s'appliquer aux non-résidents, les intérêts d'un compte à terme, d'un compte courant rémunéré ou d'une obligation détenue en direct échappent, eux, à toute imposition française — capital et intérêts sociaux compris.
Ce que recouvre exactement « produit de placement à revenu fixe »
Cette exonération vise une catégorie précise de revenus : les intérêts, au sens large. Elle couvre le compte à terme classique, le compte courant rémunéré, les obligations et fonds obligataires détenus en compte-titres ordinaire — et l'OAT achetée en direct en fait pleinement partie. Un régime d'exonération plus ancien et propre à l'emprunt d'État existait d'ailleurs avant même la généralisation de 2010 ; le résultat pratique pour un souscripteur d'aujourd'hui est identique, que l'on s'appuie sur l'un ou l'autre fondement. Ce que cette exonération ne couvre en revanche jamais : les dividendes d'actions détenues en direct, qui suivent un régime de retenue à la source distinct (généralement 12,8 %, sous réserve d'une convention fiscale plus favorable), ni les plus-values mobilières, ni les produits logés en assurance-vie ou en PEA, chacun régi par ses propres règles. La confusion entre « revenu fixe » et « tout revenu de capitaux mobiliers » est le piège le plus fréquent sur ce sujet.
Résident français Régime de référence | Non-résident, État coopératif Exonération de principe | Non-résident, ETNC Prélèvement dissuasif | |
|---|---|---|---|
| Régime applicable en France | PFU 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS), ou option barème | Exonération totale — art. 125 A III du CGI | Prélèvement forfaitaire de 75 % |
| Montant prélevé en France sur 10 000 € bruts | ≈ 3 140 € | 0 € | 7 500 € |
| Condition de durée de détention | Aucune — dès le 1er euro | Aucune | Aucune |
| Imposition dans le pays de résidence | Sans objet | Généralement due — à vérifier selon la convention fiscale et le droit local | Généralement due, en plus du prélèvement français |
- Régime applicable en France
- PFU 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS), ou option barème
- Montant prélevé en France sur 10 000 € bruts
- ≈ 3 140 €
- Condition de durée de détention
- Aucune — dès le 1er euro
- Imposition dans le pays de résidence
- Sans objet
- Régime applicable en France
- Exonération totale — art. 125 A III du CGI
- Montant prélevé en France sur 10 000 € bruts
- 0 €
- Condition de durée de détention
- Aucune
- Imposition dans le pays de résidence
- Généralement due — à vérifier selon la convention fiscale et le droit local
- Régime applicable en France
- Prélèvement forfaitaire de 75 %
- Montant prélevé en France sur 10 000 € bruts
- 7 500 €
- Condition de durée de détention
- Aucune
- Imposition dans le pays de résidence
- Généralement due, en plus du prélèvement français
Simulation illustrative sur des intérêts bruts, hors effet d'une éventuelle convention fiscale bilatérale sur le régime du pays de résidence. Le classement ETNC est réexaminé chaque année par arrêté et doit être vérifié à la date de versement des intérêts, pas supposé stable.
L'exception qui change tout : les États et territoires non coopératifs
Cette exonération n'est pas universelle. Depuis le 1er janvier 2013, les mêmes produits de placement à revenu fixe versés à une personne établie dans un État ou territoire non coopératif (ETNC) — la liste française des paradis fiscaux au sens fiscal, distincte des listes européenne ou internationale — basculent vers un prélèvement forfaitaire de 75 %, appliqué automatiquement par l'établissement français qui verse les intérêts. Ce taux n'a rien d'un taux d'imposition ordinaire : c'est un taux dissuasif, sans lien avec le montant réel des revenus du bénéficiaire ni avec l'existence ou non d'une convention fiscale entre la France et cet État — les conventions fiscales ne neutralisent d'ailleurs pas systématiquement ce régime renforcé. La liste des ETNC est révisée au moins une fois par an par arrêté ministériel, avec des entrées et des sorties d'une année sur l'autre ; elle doit être vérifiée sur Légifrance à la date effective de versement des intérêts, jamais supposée identique à celle de l'année précédente.
Ce que cette exonération ne dispense jamais de faire
Le point le plus mal compris de ce régime n'est pas son existence, mais sa portée : cette exonération est strictement française. Elle éteint le droit de la France de prélever un impôt sur ces intérêts — elle ne dit rien du droit du pays où vous êtes fiscalement domicilié de les imposer selon ses propres règles, ce qu'il fait dans la grande majorité des cas. Les établissements financiers français transmettent par ailleurs les informations relatives à ces comptes aux autorités fiscales du pays de résidence via les mécanismes d'échange automatique d'informations entre administrations fiscales — ce n'est donc pas un revenu qui reste invisible parce qu'il n'est pas taxé en France. Ne rien déclarer localement en pariant sur l'absence de prélèvement français expose à un rappel d'impôt, voire à des pénalités, dans le pays de résidence.
- Le statut de non-résident doit être justifié auprès de la banqueL'exonération n'est pas automatique par défaut sur un compte ouvert par un résident français devenu non-résident en cours de route : la banque doit être informée du changement de domicile fiscal et disposer d'un justificatif de résidence à l'étranger pour appliquer le bon régime dès le versement des intérêts suivants.
- Le classement ETNC peut changer en cours d'annéeUn pays peut entrer ou sortir de la liste des États et territoires non coopératifs par arrêté publié en cours d'année, avec des dates d'application différenciées selon qu'il s'agit d'une entrée ou d'une sortie de liste. Un déménagement vers un pays proche de cette liste mérite une vérification avant, pas après, le versement d'intérêts significatifs.
- L'obligation déclarative dans le pays de résidence reste entièreL'absence de prélèvement français ne signifie jamais l'absence d'obligation fiscale ailleurs. Un contrôle croisé entre administrations fiscales, rendu plus systématique par l'échange automatique d'informations, peut faire ressurgir un revenu non déclaré des années plus tard, avec les pénalités de retard qui s'y ajoutent.
En résumé
Pour un non-résident fiscal résidant dans un État coopératif, les intérêts d'un compte à terme, d'un compte courant rémunéré ou d'une OAT détenue en direct échappent, en France, à tout impôt et à tout prélèvement social — un régime à l'opposé de celui, taxé, appliqué aux résidents français sur ces mêmes produits. Cette exonération ne dispense toutefois jamais de déclarer ce revenu dans le pays de résidence, et bascule à l'inverse vers un prélèvement de 75 % pour quiconque réside dans un État ou territoire non coopératif — une liste à vérifier à la date exacte du versement, pas une fois pour toutes.
Questions fréquentes
Un non-résident fiscal peut-il ouvrir ou conserver un compte à terme en France ?+
Oui, rien n'interdit à un non-résident d'ouvrir un compte à terme dans un établissement français, ou de conserver un compte existant après un départ à l'étranger. La banque demandera un justificatif de résidence fiscale hors de France pour appliquer le bon régime d'imposition dès le versement des intérêts.
Les intérêts d'un compte à terme sont-ils vraiment exonérés d'impôt en France pour un non-résident ?+
Oui, en principe totalement : depuis le 1er mars 2010, l'article 125 A III du CGI exonère de retenue à la source les produits de placement à revenu fixe (comptes à terme, comptes courants rémunérés, obligations) versés à un non-résident, sans même qu'un abattement ou une condition de durée n'entre en jeu — et sans prélèvements sociaux non plus. C'est une exonération française, pas une dispense de payer un impôt ailleurs.
Cette exonération s'applique-t-elle aussi aux OAT achetées en direct ?+
Oui, l'OAT est un produit de placement à revenu fixe comme un autre au sens de cet article : les coupons versés à un non-résident échappent, dans les mêmes conditions, à toute retenue à la source française. Un régime d'exonération plus ancien, propre à l'emprunt d'État, existait déjà avant la généralisation de 2010 ; le résultat pratique est identique aujourd'hui.
Que se passe-t-il si je réside dans un pays classé État ou territoire non coopératif (ETNC) ?+
L'exonération ne s'applique pas : un prélèvement forfaitaire de 75 % s'applique automatiquement sur ces mêmes intérêts, quel que soit le montant, sans lien avec votre tranche d'imposition réelle ni avec une éventuelle convention fiscale — c'est un taux dissuasif, pas un taux d'imposition ordinaire. La liste des ETNC est révisée chaque année par arrêté ; elle doit être vérifiée à la date du versement, pas supposée stable d'une année sur l'autre.
Cette exonération française dispense-t-elle de toute déclaration dans mon pays de résidence ?+
Non, absolument pas. L'exonération ne porte que sur l'impôt français : le pays où vous êtes fiscalement domicilié conserve, dans la grande majorité des cas, le droit d'imposer ce revenu selon ses propres règles — et les établissements français transmettent ces informations aux autorités fiscales de ce pays via les mécanismes d'échange automatique. Ne rien déclarer localement en pariant sur l'absence de prélèvement français est une erreur fréquente et risquée.
Le même régime s'applique-t-il aux dividendes d'actions françaises détenues en direct ?+
Non, c'est un point de confusion fréquent : cette exonération ne concerne que les produits de placement à revenu fixe (intérêts). Les dividendes suivent un régime distinct, avec une retenue à la source qui reste due par un non-résident — généralement 12,8 % sous réserve d'une convention fiscale plus favorable, sans lien avec le régime des comptes à terme ou des obligations décrit ici.
Vous êtes non-résident fiscal et détenez des placements bancaires en France ?
Nous vérifions le régime d'exonération applicable à vos comptes à terme, comptes courants rémunérés ou obligations détenues en direct, et nous vous orientons vers un conseil fiscal de votre pays de résidence pour la coordination avec la fiscalité locale.
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