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Comparatifs

Épargner sans risque pour un enfant : Livret A, assurance-vie à son nom ou contrat du grand-parent

Parents et grands-parents qui mettent de côté pour un enfant se posent presque toujours la question du rendement : Livret A, PEL, fonds en euros ? Sur dix-huit ans, l'écart entre ces placements sans risque se compte pourtant en centaines d'euros, rarement plus. La vraie décision est ailleurs : selon le support choisi, l'argent appartient à l'enfant dès le premier versement et lui revient sans condition le jour de ses 18 ans — ou reste entre les mains de celui qui l'a versé. Cet article compare les deux dimensions, chiffres et textes à l'appui.

Par Alexandre Pollet — Publié le 29 septembre 2026 · PlacementGaranti

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Structurer l'épargne de vos enfants ou petits-enfants

La question revient à chaque naissance dans une famille : où placer les sommes que parents, grands-parents, parrains et marraines souhaitent mettre de côté pour l'enfant ? La réponse la plus fréquente, un Livret A ouvert au guichet de la banque familiale, n'est pas mauvaise. Elle est incomplète, parce qu'elle règle la question du risque (nul) et de la liquidité (totale) sans poser celle qui pèsera le plus dans dix-huit ans : à qui appartient juridiquement cet argent, et qui décidera de son usage le jour de la majorité. Ce comparatif passe en revue les supports ouverts à un mineur, chiffre leur rendement sur la durée d'une enfance, puis traite ce second point, que les brochures commerciales abordent rarement.

Ce qu'un enfant mineur peut détenir, et ce qui lui est fermé

Tous les placements d'épargne ne sont pas accessibles à un mineur, et la liste ne correspond pas toujours à l'intuition. Le Livret A est le seul livret réglementé ouvrable dès la naissance, avec le même plafond que pour un adulte (22 950 € hors intérêts capitalisés) et le même taux, 1,7 % net depuis le 1ᵉʳ août 2026. Le livret jeune s'y ajoute entre 12 et 25 ans : plafond de 1 600 €, taux fixé librement par chaque banque mais qui ne peut jamais descendre sous celui du Livret A, intérêts exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux. Il est fermé automatiquement aux 25 ans du titulaire.

Le LDDS et le PEA sont réservés aux majeurs. Le LEP exige d'avoir son propre foyer fiscal et des revenus sous plafond : un enfant rattaché au foyer de ses parents, mineur ou même majeur, ne peut pas en ouvrir. Le PEL et le CEL ne connaissent en revanche aucune condition d'âge. Deux enveloppes complètent la liste : le plan d'épargne avenir climat (PEAC), créé en 2024 pour les moins de 21 ans, et le contrat d'assurance-vie souscrit au nom de l'enfant par ses représentants légaux.

Sur les règles de retrait, le Code monétaire et financier distingue trois âges. Avant 16 ans, un retrait sur le Livret A ou le livret jeune suppose l'intervention ou l'accord du représentant légal. Entre 16 et 18 ans, le mineur peut retirer seul, sauf opposition expresse de son représentant légal. À 18 ans, il dispose librement de l'ensemble.

Les supports ouverts à un enfant mineur — état au 29 septembre 2026
Livret A
Âge d'ouverture
Dès la naissance
Plafond de versements
22 950 €
Rendement net indicatif
1,7 %
Capital garanti
Oui (État)
Disponibilité
Totale
Livret jeune
Âge d'ouverture
12 à 25 ans
Plafond de versements
1 600 €
Rendement net indicatif
≥ 1,7 %
Capital garanti
Oui
Disponibilité
Totale (accord parental avant 16 ans)
PEL
Âge d'ouverture
Aucune limite
Plafond de versements
61 200 €
Rendement net indicatif
1,4 % (2 % brut, ouverture 2026)
Capital garanti
Oui
Disponibilité
Retrait = clôture
PEAC
Âge d'ouverture
Moins de 21 ans
Plafond de versements
22 950 €
Rendement net indicatif
Variable, sans garantie
Capital garanti
Non (unités de compte)
Disponibilité
Bloqué jusqu'à 18 ans
Assurance-vie (fonds euros)
Âge d'ouverture
Dès la naissance
Plafond de versements
Aucun
Rendement net indicatif
≈ 2,15 % (2,6 % brut − 17,2 % de PS)
Capital garanti
Oui, par l'assureur
Disponibilité
Rachat possible à tout moment

Livret A et LDDS : taux relevé à 1,7 % au 1ᵉʳ août 2026, prochaine révision au 1ᵉʳ février 2027. PEL : taux de 2 % brut pour les plans ouverts depuis le 1ᵉʳ janvier 2026, intérêts soumis au prélèvement forfaitaire de 30 % (le PEL fait partie des exceptions à la hausse des prélèvements sociaux de 2026). Fonds en euros : 2,6 % est le rendement moyen servi en 2025 selon les chiffres de place, avant prélèvements sociaux de 17,2 % ; chaque contrat sert un taux différent, et les taux passés ne préjugent pas des taux futurs. PEAC : investi en unités de compte labellisées orientées vers la transition écologique, sans garantie en capital. Plafond du PEAC hors capitalisation des intérêts.

Le rendement sur dix-huit ans : un écart plus faible qu'on ne le croit

Prenons le cas le plus courant : 100 € versés chaque mois, de la naissance aux 18 ans, soit 21 600 € de versements. Nous comparons les deux supports sans risque les plus utilisés, le Livret A et le fonds en euros d'une assurance-vie, en retenant leurs taux actuels comme s'ils restaient constants sur toute la période — une hypothèse simplificatrice, puisque le taux du Livret A est révisé deux fois par an et que le rendement d'un fonds en euros change chaque année. Les frais sur versements sont supposés nuls, ce qui correspond aux contrats en ligne et aux contrats négociés, pas à tous les contrats de banque de détail.

100 € par mois de la naissance à 18 ans (21 600 € versés) — valeur acquise à la majorité, taux supposés constants
Livret A à 1,7 %
Taux net annuel retenu
1,7 %
Valeur acquise à 18 ans
≈ 25 200 €
Intérêts cumulés
≈ 3 600 €
Impôt sur le revenu en cas de rachat à 18 ans
Aucun (exonéré)
Écart en faveur du fonds en euros
—
Fonds en euros à 2,6 % brut
Taux net annuel retenu
≈ 2,15 % (après 17,2 % de PS)
Valeur acquise à 18 ans
≈ 26 300 €
Intérêts cumulés
≈ 4 700 €
Impôt sur le revenu en cas de rachat à 18 ans
Quasi nul (gains couverts par l'abattement de 4 600 €)
Écart en faveur du fonds en euros
≈ 1 100 €

Calcul mensualisé à partir du taux annuel équivalent. Fonds en euros : prélèvements sociaux de 17,2 % prélevés chaque année sur les intérêts (l'assurance-vie reste à 17,2 %, hors hausse de 2026), frais de gestion supposés déjà déduits du taux servi. L'abattement annuel sur les gains après huit ans (4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune) s'apprécie au niveau du foyer fiscal auquel l'enfant est rattaché, et suppose que ce foyer n'a pas déjà consommé l'abattement la même année. Pour un versement unique de 10 000 € à la naissance, les valeurs à 18 ans sont d'environ 13 500 € (Livret A) et 14 700 € (fonds en euros).

L'écart existe, il est réel, mais il reste modeste : environ 1 100 € sur dix-huit ans. Il pèse moins que deux autres paramètres. D'abord l'inflation : à 2 % par an en moyenne, un placement qui rapporte 1,7 % perd légèrement en pouvoir d'achat, et même le fonds en euros ne fait guère mieux que le maintenir. Ensuite les frais : un contrat d'assurance-vie qui prélève 3 % sur chaque versement efface à lui seul l'essentiel de l'avantage du fonds en euros sur la période. Un contrat d'enfant ne se choisit donc pas sur le rendement affiché du fonds en euros de l'année, mais sur ses frais et sur la stabilité de son rendement dans le temps.

Le PEL, souvent présenté comme un classique de l'épargne d'enfant, sort perdant de cette comparaison pour un plan ouvert en 2026 : 2 % brut, soit 1,4 % net après prélèvement forfaitaire, moins que le Livret A, avec des intérêts qui s'ajoutent aux revenus du foyer fiscal des parents et un retrait qui entraîne la clôture du plan. Son intérêt pour les plans anciens, ouverts à des taux plus élevés, est une autre question, traitée dans notre article sur le taux verrouillé du PEL.

L'assurance-vie au nom de l'enfant : l'avantage de l'antériorité fiscale

L'argument le plus solide en faveur d'une assurance-vie ouverte tôt n'est pas le rendement, c'est le calendrier fiscal. Le délai de huit ans au-delà duquel les gains retirés bénéficient d'un abattement annuel et d'un taux d'imposition réduit court à partir des premiers versements, quel que soit l'âge du titulaire. Un contrat ouvert à la naissance a franchi ce cap à 8 ans : le jour où l'enfant, devenu étudiant ou jeune actif, en aura besoin, le contrat sera fiscalement « mûr » depuis une dizaine d'années. Ouvert à 18 ans, le même contrat ne le serait qu'à 26 ans.

Pendant la minorité, le contrat est géré par les représentants légaux, en qualité d'administrateurs légaux des biens de l'enfant. Ils peuvent arbitrer entre supports ou effectuer des rachats, mais uniquement dans l'intérêt de l'enfant. L'article 387-1 du Code civil soumet à l'autorisation préalable du juge des tutelles une liste limitée d'actes graves, dont les actes sur valeurs mobilières ou instruments financiers qui engagent le patrimoine du mineur par une modification importante. Le texte ne tranche pas nettement la place d'un rachat d'assurance-vie dans cette liste ; en pratique, chaque assureur fixe ses propres exigences (signature des deux parents, justificatifs), à vérifier avant de souscrire.

Sur le fonds en euros, le capital versé est garanti par l'assureur, net des frais prévus au contrat. C'est ce qui rend l'assurance-vie compatible avec un objectif d'épargne sans risque, à condition de ne pas céder à la tentation, fréquente, de basculer une partie de l'épargne de l'enfant sur des unités de compte « parce qu'il a le temps » : c'est défendable pour un horizon de quinze ans, mais ce n'est plus un placement garanti, et la décision appartient aux administrateurs légaux qui en répondent devant l'enfant.

La question que l'on oublie : à qui appartient l'argent à 18 ans

Tout versement fait sur un compte ou un contrat ouvert au nom de l'enfant est une donation. Qu'il s'agisse de 50 € offerts par un parrain ou de 20 000 € versés par un grand-parent, la somme sort du patrimoine du donateur et entre définitivement dans celui de l'enfant. Les parents la gèrent, mais ne la possèdent pas : ils ne peuvent ni la reprendre pour leurs besoins, ni la réaffecter à un frère ou une sœur. Ils perçoivent en principe les revenus des biens de l'enfant jusqu'à ses 16 ans, au titre de la jouissance légale (article 386-1 du Code civil), à charge notamment de pourvoir à son entretien et à son éducation.

Le jour des 18 ans, la gestion s'arrête et l'enfant récupère la libre disposition de l'ensemble. Il peut clôturer son Livret A et racheter son assurance-vie sans l'accord de quiconque. Pour la plupart des familles, c'est exactement l'objectif. Pour d'autres, et notamment lorsque les sommes accumulées dépassent quelques milliers d'euros, c'est une source d'inquiétude légitime que peu de parents anticipent au moment de l'ouverture.

Deux mécanismes du Code civil permettent d'encadrer une donation, à condition de les prévoir dès le départ. La clause d'inaliénabilité (article 900-1) interdit au bénéficiaire de disposer des biens donnés pendant une durée déterminée ; elle n'est valable que si elle est temporaire et justifiée par un intérêt sérieux et légitime, par exemple jusqu'à la fin des études ou jusqu'à 25 ans. La clause d'administration par un tiers (article 384) permet au donateur, typiquement un grand-parent, de confier la gestion des biens donnés à une autre personne que les parents pendant la minorité. Ces clauses supposent un acte écrit, le plus souvent notarié, et ne s'improvisent pas sur un simple virement vers un Livret A.

L'alternative du grand-parent : garder le contrat à son nom

Un grand-parent qui souhaite aider un petit-enfant sans lui transférer immédiatement la propriété des fonds peut aussi souscrire une assurance-vie à son propre nom et désigner le petit-enfant comme bénéficiaire. Le grand-parent reste propriétaire, peut racheter ou modifier la clause bénéficiaire, et le capital n'est transmis qu'à son décès. Ce schéma protège le grand-parent contre un besoin imprévu (dépendance, perte d'autonomie), ce que la donation ne permet pas, mais il ne répond pas à l'objectif « constituer une épargne pour les 18 ans » : l'enfant ne perçoit rien du vivant du souscripteur.

Sa fiscalité dépend de l'âge du grand-parent au moment des versements. Les primes versées avant 70 ans relèvent de l'article 990 I du Code général des impôts, avec un abattement de 152 500 € par bénéficiaire. Celles versées après 70 ans relèvent de l'article 757 B, avec un abattement global de 30 500 € partagé entre tous les bénéficiaires, mais les intérêts produits restent exonérés — le détail figure dans notre article sur les versements après 70 ans. Un bénéficiaire mineur au moment du décès percevra le capital par l'intermédiaire de ses administrateurs légaux, ce qui justifie une clause bénéficiaire rédigée avec soin (voir notre guide de la clause bénéficiaire).

Donner à un mineur : les abattements utilisables

Lorsqu'une donation est faite au profit de l'enfant, elle s'impute sur les abattements des droits de donation, renouvelables tous les quinze ans : 100 000 € par parent et par enfant (article 779 du Code général des impôts), 31 865 € par grand-parent et par petit-enfant (article 790 B). Les petites sommes régulières versées à l'occasion d'anniversaires ou de fêtes peuvent relever du présent d'usage, qui n'est pas une donation au sens fiscal, à condition de rester proportionnées aux revenus et au patrimoine de celui qui donne.

Un piège fréquent concerne le don familial de sommes d'argent de l'article 790 G, qui exonère 31 865 € supplémentaires par donateur et par bénéficiaire : il suppose un donateur de moins de 80 ans et un bénéficiaire majeur ou mineur émancipé. Un grand-parent ne peut donc pas l'utiliser pour un petit-enfant de 5 ans ; il ne pourra le mobiliser qu'à la majorité, en plus de l'abattement de 790 B déjà utilisé. Tout don manuel dépassant le présent d'usage doit être déclaré à l'administration fiscale, en ligne ou par formulaire, même lorsqu'aucun droit n'est dû.

Les erreurs les plus fréquentes
  • Considérer le Livret A de l'enfant comme une réserve familiale
    Les sommes versées au nom de l'enfant lui appartiennent définitivement. Les utiliser pour les besoins du foyer revient à disposer du bien d'un mineur, ce que les administrateurs légaux ne peuvent pas faire, et l'enfant pourra en demander compte à sa majorité.
  • Choisir un contrat d'assurance-vie sur le seul taux du fonds en euros
    Sur une épargne de 100 € par mois, des frais d'entrée de 3 % coûtent plus que l'avantage de rendement du fonds en euros sur le Livret A. Les frais sur versements et les frais de gestion comptent davantage que le taux affiché une année donnée.
  • Confondre PEAC et placement garanti
    Le plan d'épargne avenir climat est investi en unités de compte, sans garantie du capital, et bloqué jusqu'aux 18 ans de l'enfant. Il peut avoir sa place dans une épargne d'enfant, mais pas dans la partie qui doit rester sans risque.
  • Oublier la majorité
    À 18 ans, l'enfant récupère la libre disposition de tout ce qui a été versé à son nom. Les clauses d'inaliénabilité ou d'administration par un tiers doivent être prévues au moment du don, pas après.
  • Utiliser le don familial de 31 865 € pour un enfant mineur
    L'exonération de l'article 790 G exige un bénéficiaire majeur ou émancipé. Pour un mineur, seuls les abattements classiques (779 pour les parents, 790 B pour les grands-parents) s'appliquent.

Ce qu'il faut retenir

Pour épargner sans risque au nom d'un enfant, le Livret A reste le socle, complété par un livret jeune à partir de 12 ans et, au-delà de quelques milliers d'euros, par une assurance-vie en fonds en euros ouverte le plus tôt possible pour prendre date fiscalement. L'écart de rendement entre ces supports est modeste sur dix-huit ans, et les frais du contrat pèsent plus que le taux affiché. Le PEL ouvert en 2026 et le PEAC ne répondent pas à l'objectif d'une épargne à la fois garantie et disponible. La vraie décision porte sur la propriété : tout ce qui est versé au nom de l'enfant lui revient sans condition à sa majorité. Un parent ou un grand-parent qui veut encadrer cette échéance doit le prévoir dès le premier versement, par une donation assortie de clauses ou en gardant le contrat à son propre nom.

Questions fréquentes

Quels placements peut-on ouvrir au nom d'un enfant mineur ?+

Le Livret A dès la naissance (plafond de 22 950 €, taux de 1,7 % depuis le 1ᵉʳ août 2026), le livret jeune à partir de 12 ans (plafond de 1 600 €, taux libre mais jamais inférieur à celui du Livret A), le PEL et le CEL sans condition d'âge, le plan d'épargne avenir climat (PEAC) avant 21 ans, un contrat d'assurance-vie et un compte-titres. Restent fermés à un mineur : le LDDS et le PEA, réservés aux majeurs, et le LEP, réservé aux personnes qui constituent leur propre foyer fiscal — un enfant rattaché au foyer de ses parents ne peut pas en ouvrir.

L'argent placé sur le Livret A de mon enfant m'appartient-il encore ?+

Non. Toute somme versée sur un compte ouvert au nom de l'enfant devient son bien : c'est juridiquement une donation (un don manuel), et elle est irrévocable. Les parents en assurent la gestion en tant qu'administrateurs légaux jusqu'à sa majorité, et perçoivent en principe les revenus de ses biens jusqu'à ses 16 ans au titre de la jouissance légale (article 386-1 du Code civil), mais ils ne peuvent pas reprendre le capital pour leurs propres besoins. À 18 ans, l'enfant en dispose librement — y compris contre l'avis de ses parents.

Pourquoi ouvrir une assurance-vie à un enfant dès sa naissance ?+

Pour une raison principalement fiscale : le délai de huit ans qui ouvre droit à l'abattement annuel sur les gains en cas de rachat (4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune) court à partir des premiers versements, quel que soit l'âge du titulaire. Un contrat ouvert à la naissance a donc déjà passé ce cap à 8 ans, bien avant que la question de son utilisation se pose. Le fonds en euros apporte en outre une garantie du capital versé, net de frais, par l'assureur — ce n'est pas le cas des unités de compte.

Un grand-parent peut-il utiliser le don familial de 31 865 € pour un petit-enfant de 5 ans ?+

Non, pas au titre de l'article 790 G du Code général des impôts : cette exonération spécifique des dons de sommes d'argent exige un bénéficiaire majeur (ou mineur émancipé) et un donateur de moins de 80 ans. Pour un petit-enfant mineur, le grand-parent dispose en revanche de l'abattement général de 31 865 € prévu entre grands-parents et petits-enfants (article 790 B), renouvelable tous les quinze ans. Les deux dispositifs sont cumulables une fois l'enfant majeur, ce qui permet d'échelonner une transmission sur deux étapes.

Peut-on empêcher un enfant de tout dépenser à ses 18 ans ?+

Pas sur un Livret A ou un contrat ouvert à son nom sans précaution particulière : à la majorité, il récupère la pleine maîtrise de ses biens. Deux outils existent, à mettre en place au moment du don et généralement par acte notarié : la clause d'inaliénabilité temporaire (article 900-1 du Code civil), valable si elle est limitée dans le temps et justifiée par un intérêt sérieux et légitime, et la clause confiant l'administration des biens donnés à un tiers plutôt qu'aux parents (article 384 du Code civil). L'alternative sans donation consiste, pour un grand-parent, à garder le contrat à son propre nom et à désigner l'enfant comme bénéficiaire.

Les intérêts du placement de mon enfant s'ajoutent-ils à mes revenus imposables ?+

Tant que l'enfant est rattaché à votre foyer fiscal, oui pour les produits imposables : les intérêts d'un PEL ou d'un compte-titres s'ajoutent aux revenus du foyer. Les intérêts du Livret A, du livret jeune et du PEAC sont en revanche exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Sur une assurance-vie, rien n'est imposé à l'impôt sur le revenu tant qu'aucun rachat n'est fait ; seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % sont prélevés chaque année sur les intérêts du fonds en euros.

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