Ce qui a changé au 1er janvier 2026
Le taux de rémunération des PEL ouverts à compter du 1er janvier 2026 s'établit à 2 %, contre 1,75 % en 2025 et 2,25 % en 2024 — une remontée qui suit, avec retard, le cycle de hausse des taux directeurs engagé par la BCE. Ce taux, une fois fixé à l'ouverture du plan, reste garanti pour toute la durée de vie du PEL, un point que la communication commerciale des banques met naturellement en avant. Ce qu'elle omet plus souvent, c'est ce que ce taux devient une fois la fiscalité appliquée.
Le calcul net que la brochure ne fait pas
Les intérêts du PEL sont soumis, comme la plupart des revenus d'épargne, au Prélèvement Forfaitaire Unique — mais le PEL fait partie des rares produits qui sont restés à 30 % (12,8 % d'impôt sur le revenu, 17,2 % de prélèvements sociaux) après le relèvement de la CSG entré en vigueur le 1er janvier 2026, qui a porté la plupart des autres placements bancaires taxables à 31,4 %. Un taux facial de 2 % rend donc, net, environ 1,4 %. Or le Livret A, lui, rapporte 1,7 % net de tout impôt depuis son relèvement du 1er août 2026 — sans aucune fiscalité, sans versement minimum obligatoire, et disponible à tout moment sans pénalité.
PEL ouvert en 2026 Taux garanti à vie, fiscalisé | Livret A / LDDS Net de tout impôt | |
|---|---|---|
| Taux facial annualisé | 2,0 % | 1,7 % |
| Taux net réel | ≈ 1,4 % (après PFU 30 %) | 1,7 % (exonéré) |
| Intérêts nets sur 12 mois | ≈ 280 € | 340 € |
| Versement minimum imposé | 540 € par an (45 €/mois) | Aucun |
| Disponibilité des fonds | Retrait possible, mais pénalise le taux et le droit au prêt avant 4 ans | Immédiate, sans condition |
- Taux facial annualisé
- 2,0 %
- Taux net réel
- ≈ 1,4 % (après PFU 30 %)
- Intérêts nets sur 12 mois
- ≈ 280 €
- Versement minimum imposé
- 540 € par an (45 €/mois)
- Disponibilité des fonds
- Retrait possible, mais pénalise le taux et le droit au prêt avant 4 ans
- Taux facial annualisé
- 1,7 %
- Taux net réel
- 1,7 % (exonéré)
- Intérêts nets sur 12 mois
- 340 €
- Versement minimum imposé
- Aucun
- Disponibilité des fonds
- Immédiate, sans condition
Livret A et LDDS cumulés offrent un plafond de versement bien supérieur à 20 000 € (22 950 € pour le Livret A, 12 000 € pour le LDDS) — cet exemple isole le seul écart de rendement net à montant égal. Le taux du PEL reste garanti à vie une fois le plan ouvert ; celui du Livret A évolue selon la formule réglementaire, deux fois par an.
Des contraintes que le taux ne compense plus
Le PEL impose un versement minimum annuel de 540 € (soit 45 € par mois) pendant sa phase d'épargne, dans la limite d'un plafond de versements de 61 200 €, sur une durée maximale d'alimentation de 10 ans. Une clôture avant 4 ans fait perdre le droit au prêt épargne logement, et peut entraîner une requalification du taux de rémunération à un niveau inférieur selon l'ancienneté exacte du plan — un mécanisme de pénalité qu'aucun livret réglementé n'impose. Ces contraintes avaient un sens quand le rendement net dépassait nettement celui des livrets ; elles pèsent différemment quand ce n'est plus le cas.
Le droit au prêt : un avantage réel, mais conditionnel
L'intérêt historique du PEL ne se limite pas à sa rémunération : il ouvre, après 4 ans de détention, un droit à un prêt immobilier à taux fixé d'avance — 3,20 % pour les PEL ouverts en 2026, dans la limite d'un plafond de 92 000 €. Cet avantage n'a de valeur que si le taux de marché du crédit immobilier est, le moment venu, supérieur à ce taux verrouillé — un pari sur l'évolution des taux à un horizon de plusieurs années, impossible à garantir à l'ouverture du plan. Et pour la majorité des détenteurs de PEL, ce droit au prêt n'est en pratique jamais utilisé : le produit reste alors une simple épargne bancaire, jugée sur son seul rendement net.
Ce qui rendait le PEL attractif — et ce qui a disparu
Avant le 1er janvier 2018, le PEL bénéficiait d'une prime d'État à la clôture ou à l'utilisation du droit au prêt, ce qui rehaussait sensiblement son rendement global. Cette prime a été supprimée pour tous les plans ouverts depuis cette date. Combinée à la fiscalisation intégrale des intérêts depuis la même réforme, cette suppression a retiré une bonne partie de ce qui distinguait structurellement le PEL de l'épargne réglementée classique — sans que le produit ait toujours perdu, dans l'esprit du grand public, l'image d'un placement avantageux qu'il avait avant 2018.
Questions fréquentes
Le taux du PEL vient d'augmenter à 2 % : n'est-ce pas un bon moment pour en ouvrir un ?+
Le taux facial a effectivement augmenté, de 1,75 % à 2 % au 1er janvier 2026. Mais une fois la fiscalité appliquée, le net tombe à environ 1,4 % — sous le taux du Livret A, passé à 1,7 % net d'impôt le 1er août 2026. La hausse du taux facial ne suffit pas à rendre le produit compétitif face à l'épargne réglementée classique.
Le taux d'un PEL déjà ouvert peut-il changer ?+
Non, c'est la caractéristique centrale du produit : le taux est fixé définitivement à l'ouverture du plan et garanti pour toute sa durée de vie, jusqu'à 15 ans dans certains cas selon la génération du plan. Un PEL ouvert en 2015 à un taux plus élevé qu'aujourd'hui continue de le servir sans changement — c'est un avantage réel pour les plans anciens, pas pour une ouverture en 2026.
Que se passe-t-il si je ferme mon PEL avant 4 ans ?+
Vous perdez le droit au prêt épargne logement, et le taux de rémunération appliqué peut être recalculé à un niveau inférieur selon l'ancienneté exacte du plan au moment de la clôture. Un PEL n'est donc pas une épargne de précaution : le retrait anticipé pénalise le rendement, contrairement à un Livret A ou un LDDS disponibles sans condition.
Le droit au prêt à 3,20 % reste-t-il intéressant ?+
Cela dépend entièrement des taux de marché du crédit immobilier au moment où vous en aurez besoin — un horizon impossible à anticiper avec certitude à l'ouverture du plan. Le montant du prêt reste par ailleurs plafonné à 92 000 €, souvent insuffisant à lui seul pour financer une résidence principale sans financement complémentaire.
Existe-t-il encore une prime d'État sur les nouveaux PEL ?+
Non — la prime d'État a été supprimée pour tous les PEL ouverts depuis le 1er janvier 2018. Cette suppression retire une bonne partie de ce qui rendait le produit structurellement avantageux avant cette date, sans que la communication commerciale autour du PEL ait toujours suivi ce changement.
On vous a proposé d'ouvrir un PEL cette année ?
Nous chiffrons ensemble le rendement net réel face au Livret A et au LDDS, et vérifions si votre projet immobilier justifie réellement le blocage et les versements obligatoires qu'impose ce produit.
Créneau au choix dès l'envoi du formulaire · Confidentiel · Sans démarchage
Page produit : Livrets bancaires
Le plafond, la disponibilité et le rendement net des livrets réglementés.
Livret A : la formule de calcul du taux
Pourquoi le taux réglementé vient d'être relevé en août 2026.
PFU ou barème progressif
La règle de fiscalité qui s'applique aux intérêts du PEL.
CEL vs PEL : lequel choisir
Le comparatif complet avec le cousin liquide du PEL, et la règle de cumul des deux.