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Les problèmes

LMNP : que devient votre loyer si l'exploitant est en redressement judiciaire ?

Le bail commercial est la promesse d'un exploitant, pas une garantie de loyer. En procédure collective, le bail n'est pas résilié d'office, mais le sort de vos loyers dépend de la procédure, des décisions de l'administrateur ou du juge, et de la trésorerie réelle de l'exploitant.

Par Alexandre Pollet — Publié le 2 octobre 2026 · PlacementGaranti

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« Mon exploitant vient d'être placé en redressement judiciaire. Est-ce que je continue à toucher mon loyer ? » Si cette phrase est la vôtre, deux délais comptent d'abord. Pour déclarer vos loyers impayés : deux mois à compter de la publication du jugement au BODACC (Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales), quatre mois si vous ne demeurez pas en France métropolitaine. Pour demander la résiliation si des loyers postérieurs au jugement restent impayés : trois mois à compter du jugement. Si vous la lisez avant d'acheter, la réponse tient en une ligne : cela dépend de la procédure, de l'administrateur et d'un éventuel repreneur, pas du bail.

Le LMNP géré (location meublée non professionnelle d'un lot en résidence gérée, confiée à un exploitant par bail commercial) est la seule offre d'investissement locatif du cabinet. Sa rémunération est incluse dans le prix du programme (voir nos tarifs) : nous aurions intérêt à rester discrets sur ce risque. Cet article fait l'inverse : le Code de commerce, les cas publics, les vérifications avant achat, le coût d'un loyer qui s'arrête quand un crédit court. Il est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement : il décrit ce que prévoit le Code de commerce et ne remplace ni un avocat en baux commerciaux, ni un expert-comptable.

Le bail commercial garantit-il votre loyer si l'exploitant est en difficulté ?

Non. En LMNP géré, vous louez votre lot à un exploitant par bail commercial, et c'est lui qui s'engage à vous verser un loyer, que la résidence soit pleine ou non. L'engagement a une vraie valeur : un bail commercial d'au moins neuf ans (article L145-4 du Code de commerce), signé avec un professionnel, sur un bien qui existe.

Mais c'est la promesse d'une seule contrepartie. Interrogé sur les résidences de tourisme en 2021, le ministère de l'Économie a rappelé que l'État n'est pas partie à cette relation contractuelle (question écrite n° 31754). Nous n'avons trouvé ni fonds de garantie ni assurance obligatoire protégeant les loyers d'un exploitant défaillant au profit des propriétaires particuliers ; une caution peut figurer dans votre bail, cela se lit, cela ne se suppose pas.

C'est pourquoi notre page LMNP géré parle de loyers sécurisés et non garantis. Ce qui sécurise : un bail écrit, un actif réel, un loyer fixé par contrat et, si le bail le prévoit, indexé, l'absence de résiliation automatique en procédure collective. Ce qui reste exposé : la solvabilité d'un seul exploitant, un seul lot, le crédit éventuel, le prix de revente.

Sauvegarde, redressement ou liquidation : que devient le bail ?

Trois procédures existent (fiche Service-Public, vérifiée le 1er janvier 2025). La sauvegarde, sans cessation des paiements, sert à réorganiser l'entreprise. Le redressement judiciaire, avec cessation des paiements (l'entreprise ne peut plus payer ses dettes exigibles avec son actif disponible), vise à poursuivre l'activité et apurer le passif, parfois par une cession. La liquidation ferme l'entreprise et rembourse les créanciers.

Pour vous, deux rôles : bailleur, donc cocontractant de l'exploitant, et créancier pour les loyers impayés. Le tribunal désigne un administrateur judiciaire (qui surveille ou assiste le dirigeant) ou, en liquidation, un liquidateur, et un mandataire judiciaire qui représente les créanciers.

Le point commun protège le contrat : le bail n'est pas résilié d'office. L145-45 écrit que le redressement et la liquidation n'entraînent pas, de plein droit, la résiliation du bail commercial, toute clause contraire étant réputée non écrite ; en sauvegarde, L622-13, I interdit toute résiliation du seul fait de l'ouverture. Contrepartie : vous devez continuer à remplir vos obligations de bailleur malgré les impayés antérieurs, qui n'ouvrent droit qu'à déclaration au passif.

Procédure, bail, loyers : ce que prévoit le Code de commerce, article par article
Sauvegarde
sans cessation des paiements
L'ouverture résilie-t-elle le bail ?
Non (L622-13, I)
Qui décide de poursuivre le bail ?
L'administrateur, seul, s'il aura les fonds (L622-13, II) ; s'il y renonce, résiliation dès que vous en êtes informé (L622-14, 1°)
Loyers impayés avant le jugement
Poursuites et demande de fin du bail interdites ; déclaration au passif (L622-21, I)
Loyers dus après le jugement
Payés à leur échéance, sinon par priorité sur la plupart des autres créances (L622-17, I et II)
Résiliation demandée par le propriétaire pour loyers postérieurs impayés
Seulement trois mois après le jugement ; un paiement avant ce terme l'écarte (L622-14, 2°)
Issue possible
Plan de dix ans au plus (L626-12), délais et remises sur les arriérés (L626-18)
Redressement judiciaire
avec cessation des paiements
L'ouverture résilie-t-elle le bail ?
Non (L145-45 ; L622-13, I, rendu applicable par L631-14)
Qui décide de poursuivre le bail ?
L'administrateur, mêmes règles (L631-14 ; L622-14, 1°)
Loyers impayés avant le jugement
Idem (L622-21, I, via L631-14)
Loyers dus après le jugement
Idem (L622-17) ; au comptant si l'administrateur poursuit le bail (L631-14)
Résiliation demandée par le propriétaire pour loyers postérieurs impayés
Idem (L622-14, 2°)
Issue possible
Plan soumis aux mêmes règles (L631-19) ou cession de l'entreprise (L631-22)
Liquidation judiciaire
fermeture de l'entreprise
L'ouverture résilie-t-elle le bail ?
Non (L145-45 ; L641-11-1, I)
Qui décide de poursuivre le bail ?
Le liquidateur, seul (L641-11-1, II) ; s'il y renonce, résiliation dès que vous en êtes informé (L641-12, 1°)
Loyers impayés avant le jugement
Poursuites en paiement interdites, déclaration au passif (L641-3, qui reprend L622-21). Exception : le bailleur peut demander la résiliation, ou faire constater la résiliation de plein droit, pour causes antérieures, dans les trois mois de la publication du jugement de liquidation (L641-12, 2°)
Loyers dus après le jugement
Au comptant si le liquidateur poursuit le bail (L641-11-1, II)
Résiliation demandée par le propriétaire pour loyers postérieurs impayés
Mêmes conditions (L641-12, 3°, renvoyant à L622-14)
Issue possible
Cession avec reprise des baux nécessaires (L642-7), ou cession du bail (L641-12)

Textes lus sur Légifrance le 2 octobre 2026 : L145-45, L622-13, L622-14, L622-17, L622-21, L626-12, L626-18, L631-14, L631-19, L631-22, L641-3, L641-11-1, L641-12, L642-7. Pour une procédure ouverte avant le 1er octobre 2021, certaines règles diffèrent.

Ce tableau dit ce que la loi impose à l'entreprise, pas ce que sa trésorerie permet : un rang de priorité n'est pas un paiement, un bail maintenu n'est pas un loyer maintenu.

Vos loyers impayés avant le jugement : les reverrez-vous ?

Ces loyers sont gelés : plus de poursuites en paiement ni de demande en justice de mettre fin au bail pour impayé (sauf, en liquidation, la demande de résiliation du bail ouverte trois mois par L641-12, 2°), mais une déclaration à faire. Délai : deux mois à compter de la publication du jugement d'ouverture au BODACC (Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales), quatre mois pour les créanciers hors de France métropolitaine (R622-24) ; ensuite, pas de répartition sauf relevé de forclusion (une demande au juge pour rattraper un délai manqué sans que ce soit de votre fait), à demander dans les six mois (L622-26).

Le bailleur dispose d'un privilège (le droit d'être payé avant d'autres créanciers sur le prix des biens du débiteur) limité à deux ans de loyers (L622-16) ; nous n'avons trouvé aucune donnée publique sur son efficacité en pratique.

La suite dépend du plan de sauvegarde ou de redressement (l'accord arrêté par le tribunal qui fixe comment l'entreprise rembourse ses dettes), de dix ans au plus. À défaut d'accord, le tribunal impose des délais : premier paiement dans l'année, annuités (versements annuels) d'au moins 5 % de chaque créance admise (la dette reconnue au passif) dès la troisième année, 10 % dès la sixième ; il donne aussi acte des remises acceptées (L626-12, L626-18). Pour Réside Études, un cabinet d'avocats évoquait des rééchelonnements et des abandons de dettes (HL Avocats, décembre 2023).

Si vous êtes concerné, voici quatre réflexes de base pour la première semaine (repères généraux, pas une consultation juridique : à valider avec un avocat en baux commerciaux) :

  1. Dater le jugement et sa publication au BODACC. Ces deux dates déclenchent tous les délais du tableau ci-dessous.
  2. Déclarer la créance. Vos loyers impayés se déclarent au mandataire judiciaire (au liquidateur en liquidation), dans le délai indiqué dans le tableau ci-dessous.
  3. Surveiller les échéances. Les loyers postérieurs doivent être payés à l'échéance ; notez la date des trois mois après le jugement.
  4. Éviter de signer dans l'urgence. Un avenant (une modification écrite du bail) de baisse ou d'abandon se discute avec un avocat. Si vous avez un crédit, informez votre banque.
Les dates à noter après le jugement d'ouverture
Échéance
Jugement d'ouverture (J)
J + 3 mois : vous pouvez demander la résiliation si des loyers postérieurs au jugement restent impayés (L622-14, 2°).
Publication au BODACC (B)
B + 2 mois : déclaration de la créance (4 mois hors France métropolitaine, R622-24). B + 6 mois : demande de relevé de forclusion (L622-26). En liquidation, B + 3 mois : demande de résiliation pour causes antérieures (L641-12, 2°).
Plan
Dix ans au plus (L626-12).

Repères généraux à valider avec un avocat en baux commerciaux : les délais courent à partir des dates exactes du jugement et de sa publication.

Vos loyers après le jugement : sont-ils payés, et pouvez-vous demander la résiliation ?

Les loyers de l'occupation postérieure au jugement sont des créances nées après l'ouverture, en contrepartie d'une prestation : payées à l'échéance, sinon par priorité sur la plupart des autres créances (L622-17).

Si le loyer reste impayé, vous ne pouvez demander la résiliation qu'au terme de trois mois à compter du jugement ; un paiement avant ce terme l'écarte (L622-14, 2°). La Cour de cassation a précisé que le juge-commissaire (le juge qui surveille la procédure) doit vérifier, au jour où il statue, que des loyers demeurent impayés. L'exploitant qui régularise avant la décision évite donc la résiliation (Cass. com., 10 décembre 2025, n° 24-20.714, arrêt de la chambre commerciale). La fermeture de la résidence n'y change rien : le défaut d'exploitation en période d'observation (la phase où l'activité continue le temps d'examiner les solutions) n'entraîne pas résiliation, quelle que soit la clause du bail (L622-14).

Si un repreneur reprend la résidence, votre loyer est-il maintenu ?

Dans un plan de cession (la reprise de tout ou partie de l'entreprise par un repreneur, décidée par le tribunal ;L631-22 en redressement, L642-7 pour le sort des contrats), le tribunal détermine les baux nécessaires au maintien de l'activité ; le jugement les cède, à exécuter aux conditions en vigueur au jour de l'ouverture, quelle que soit la clause du bail. Sur le papier, le repreneur hérite donc de votre loyer. Un bail non cédé peut être résilié à votre demande : vous restez avec un lot sans exploitant.

Deux nuances. Le tribunal retient l'offre qui assure le plus durablement l'emploi, le paiement des créanciers et les garanties d'exécution (L642-5) : le maintien intégral des loyers n'est pas, à la lecture du texte, un critère légal. Et, en pratique, des repreneurs subordonnent leur offre à une baisse de loyer, négociée propriétaire par propriétaire : une pratique observée ci-dessous, pas une règle.

Que montrent les cas réellement documentés ?

Nous ne retenons que des cas publics, datés et sourcés, cités pour illustrer un mécanisme et non pour juger une entreprise. Ce sont des cas isolés, pas des moyennes : nous n'avons pas trouvé de statistique indépendante sur les baisses de loyer ou les décotes de revente, ni de cas suffisamment documenté d'exploitant d'EHPAD (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) à investisseurs particuliers en procédure collective.

Quatre cas publics : procédure éventuelle et effets rapportés sur les loyers des propriétaires
Procédure et dates
Réside Études (étudiantes, seniors, apparthôtels)
Sauvegarde, tribunal de commerce de Paris, jugements des 4 et 18 décembre 2023, environ 28 sociétés du groupe (site des mandataires) ; plan validé le 24 juin 2025 selon CFNews Immo.
Réside Études Seniors (branche seniors du groupe)
Appel d'offres de reprise de 72 résidences à l'été 2024 (Mayday Mag) ; procédure de redressement judiciaire de la société Réside Études Seniors (le groupe avait été placé en sauvegarde en décembre 2023 ; nous n'avons pas trouvé de source publique sur la date du passage à cette procédure), plan de cession arrêté par le tribunal de commerce de Paris le 28 novembre 2024 (bailleursre.fr).
Les Jasmins (résidences seniors)
Liquidation judiciaire prononcée le 6 juillet 2026 par le tribunal de Rennes (France 3 Nouvelle-Aquitaine, 23 juillet 2026).
Pierre & Vacances-Center Parcs (résidences de tourisme)
Suspension des loyers pendant dix mois, sur une période de restrictions sanitaires allant de mars 2020 à juin 2021 (seize mois), décidée hors procédure collective ; la société mère du groupe a ensuite connu, en 2022, une sauvegarde accélérée portant sur sa dette financière (plan arrêté par le tribunal de commerce de Paris le 29 juillet 2022), sans lien avec cette suspension.
Ce que rapportent les sources sur les loyers
Réside Études (étudiantes, seniors, apparthôtels)
Un cabinet d'avocats (HL Avocats, décembre 2023) : loyers antérieurs gelés, postérieurs à payer à l'échéance. Un collectif d'investisseurs : loyers cessés fin 2023, repris depuis fin 2024 dans beaucoup de dossiers, à un niveau inférieur au loyer initial (ICI Cotentin, 22 septembre 2026 ; chiffres déclaratifs).
Réside Études Seniors (branche seniors du groupe)
Selon Gestion de Fortune, l'un des deux repreneurs demande des baisses de loyer sur la majorité des baux, parfois de plus de moitié, une trentaine de résidences gardant leur loyer ; l'autre reprend les baux sans renégociation.
Les Jasmins (résidences seniors)
Selon France 3 Nouvelle-Aquitaine, une baisse de loyer de 48 % a été proposée par un repreneur potentiel et jugée inacceptable par des propriétaires cités par la chaîne ; ce repreneur y est décrit comme ne souhaitant pas investir dans la résidence ; la fermeture de la résidence d'Aytré était annoncée pour fin juillet 2026.
Pierre & Vacances-Center Parcs (résidences de tourisme)
Dix mois de suspension, avenants proposés (franchise de loyer de 7,5 mois ou de 5 mois), acceptation de 81 % des bailleurs individuels ; environ 13 M€ TTC (toutes taxes comprises) de loyers restés impayés aux non-signataires, pour la seule période de fermeture administrative (quatre mois) (document d'enregistrement universel 2022/2023).

Cas isolés ; les chiffres des collectifs d'investisseurs sont déclaratifs ; aucun ne vaut moyenne de marché.

Trois enseignements, dont un seul protecteur. Le droit protège le contrat, pas le montant. L'issue varie d'une résidence à l'autre, même au sein d'un groupe. Et une procédure collective n'est pas nécessaire pour que le loyer s'arrête. En 2022, la Cour de cassation a retenu que l'obligation de payer les loyers n'était pas sérieusement contestable pendant les fermetures sanitaires, et a rejeté le pourvoi d'un exploitant de résidence de tourisme (Cass. 3e civ., 30 juin 2022, n° 21-20.127). Avoir raison en droit ne crée pas de trésorerie chez le débiteur.

Les risques que nous nommons, avant toute conclusion
  • Une seule contrepartie
    Votre loyer dépend d'un seul débiteur, sans fonds de garantie légal trouvé ; seule une garantie écrite dans votre bail peut jouer.
  • Loyers antérieurs gelés
    À déclarer sous deux mois, puis traités par le plan : étalement jusqu'à dix ans, remises possibles.
  • Baisse de loyer négociée
    La loi reprend les baux à leurs conditions d'origine, mais des repreneurs demandent des baisses ; un refus peut coûter le bail.
  • Lot sans exploitant
    Bail résilié ou non cédé : les charges continuent, aucun loyer n'arrive.
  • Levier (achat à crédit)
    Le crédit ne se suspend pas avec le loyer : la dette est certaine, le loyer ne l'est pas.
  • Revente
    Le prix suit le loyer et le marché est étroit ; nous ne chiffrons pas de décote, faute de statistique indépendante.

Que vérifier dans le bail et le dossier avant d'acheter ?

Trois dossiers, dans cet ordre : l'exploitant, le bail, le financement. Les deux premiers sont détaillés dans notre article sur la manière de juger un exploitant (la solidité financière avant même le bien) et dans celui sur les clauses du bail à lire avant de signer (le texte qui s'applique le jour où l'exploitant est défaillant). Voici ce que la procédure collective ajoute à chaque point.

Ce qu'il faut vérifier, et pourquoi cela compte si l'exploitant est défaillant
Pourquoi cela compte en procédure collective
Solidité de l'exploitant
Comptes déposés au greffe, ancienneté, occupation de tout le parc. Un taux d'occupation de 61,4 % était annoncé pour le parc de Réside Études Seniors dans l'appel d'offres de reprise de juillet 2024 (Mayday Mag) : un parc peu occupé encaisse moins de recettes pour financer des loyers fixes : c'est le mécanisme à vérifier chez tout exploitant. Chiffre annoncé dans l'appel d'offres et relayé par Mayday Mag ; cas unique, pas une moyenne de marché, et sans lien démontré avec le sort des loyers de ce groupe.
Garanties éventuelles
Seule une garantie écrite compte. Le document d'un grand groupe (Pierre & Vacances-Center Parcs, 2022/2023) montre des cautions de la société mère ou d'une holding du groupe pour des programmes déterminés de sa marque de résidences seniors Senioriales, sans dire si les bailleurs sont particuliers ou institutionnels. Depuis la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026 (en vigueur le 28 mai 2026), les sommes et garanties que le bailleur peut demander au preneur de certains locaux commerciaux sont plafonnées à un trimestre de loyer pour les baux conclus ou renouvelés à compter de la promulgation de la loi, le 26 mai 2026 (L145-40). Son application à une résidence gérée n'est pas établie. Si elle s'appliquait, une caution ne couvrirait qu'environ trois mois de loyer.
Clause d'indexation
Un loyer indexé n'est pas un loyer qui monte : l'indice des loyers commerciaux a progressé de 0,26 % sur un an au deuxième trimestre 2026, après un recul de 0,45 % au premier (INSEE). Vérifiez l'indice, la périodicité et une éventuelle clause « tunnel » (une clause qui borne la variation annuelle du loyer) (L145-38-1).
Clause résolutoire (fin du bail pour loyers impayés)
Hors procédure, elle permet de faire constater la fin du bail après un commandement de payer resté sans effet (L145-41). En procédure, l'action en résolution (la demande au juge de mettre fin au bail pour impayé) pour des loyers antérieurs est interdite (L622-21), sauf, en liquidation, dans les trois mois de la publication du jugement (L641-12, 2°) : ce n'est pas elle qui vous protégera.
Durée et fin du bail
Neuf ans au moins ; le preneur (le locataire, ici l'exploitant) peut en principe donner congé tous les trois ans, sauf stipulation contraire pour un bail de plus de neuf ans (L145-4) et sauf résidence de tourisme (L145-7-1). L'indemnité d'éviction (la somme que le bailleur verse au locataire commercial quand il refuse le renouvellement du bail sans motif grave) est due par le bailleur au preneur (L145-14). Une indemnité à la charge de l'exploitant sortant, parfois évoquée dans les présentations commerciales, ne peut résulter que d'une clause du bail : cherchez-la dans le texte.
Solidarité en cas de cession du bail
Réputée non écrite (l'ancien exploitant ne répond plus des loyers du repreneur) quand le bail est cédé par le liquidateur (L641-12) ou dans un plan de cession (L642-7) : n'attendez pas de l'exploitant initial qu'il réponde du repreneur.

Si vous avez un crédit : combien coûte un loyer qui s'arrête ?

Le crédit est un contrat distinct avec votre banque, qui n'est pas partie au bail. En 2021, une réponse ministérielle notait qu'une majorité des propriétaires de résidences de tourisme avaient emprunté et que des non-paiements pouvaient les placer en difficulté face à leurs banques (même question écrite n° 31754). Voici un cas type illustratif ; ses hypothèses précèdent les chiffres.

  • Lot à 150 000 € : un chiffre rond, pas une statistique de marché.
  • Loyer net de 4,5 % par an, soit 562,50 € par mois : le milieu de la fourchette de 4 à 5 % de notre page LMNP géré, qui s'entend net des frais de gestion et des charges courantes, avant impôt. Pendant une suspension, le loyer s'arrête mais ces charges restent dues : elles s'ajoutent au tableau, qui est donc un plancher. C'est une cible, pas un rendement promis : les loyers versés par un exploitant par le passé ne préjugent pas des loyers futurs.
  • Crédit de 100 000 € sur 20 ans à 3,5 % hors assurance, soit 579,96 € par mois : deux tiers du prix financés, le solde par apport (choix d'exemple) ; 20 ans est la durée du taux de référence relevé en août 2026 à 3,27 % pour un prêt à taux fixe (Crédit Logement), et 3,5 % est retenu par prudence.
  • Baisse de loyer de 30 % et suspension de 12 mois : valeurs d'exemple, faute de statistique indépendante. Les cas ci-dessus vont d'aucune baisse à plus de la moitié ; douze mois correspondent à peu près à l'écart entre l'arrêt des loyers fin 2023 et leur reprise fin 2024 rapporté par le collectif de Réside Études.
  • Horizon de 24 mois : assez long pour couvrir une suspension de 12 mois suivie de 12 mois de reprise, comme dans le cas rapporté par le collectif de Réside Études ; calcul avant impôt et hors assurance emprunteur. Pendant une suspension, la taxe foncière et les charges de copropriété non refacturées s'ajoutent (voir la note du tableau).
Cas type illustratif : quatre trajectoires de loyer sur 24 mois, crédit inchangé
Loyer maintenu
Loyers encaissés sur 24 mois
13 500 €
Mensualités de crédit sur 24 mois
13 919 €
Solde de trésorerie
−419 €
Effort mensuel moyen à financer
17 €
Écart avec le scénario « loyer maintenu »
0 €
Loyer baissé de 30 %
dès le premier mois
Loyers encaissés sur 24 mois
9 450 €
Mensualités de crédit sur 24 mois
13 919 €
Solde de trésorerie
−4 469 €
Effort mensuel moyen à financer
186 €
Écart avec le scénario « loyer maintenu »
−4 050 €
12 mois sans loyer
puis reprise intégrale
Loyers encaissés sur 24 mois
6 750 €
Mensualités de crédit sur 24 mois
13 919 €
Solde de trésorerie
−7 169 €
Effort mensuel moyen à financer
299 €
Écart avec le scénario « loyer maintenu »
−6 750 €
12 mois sans loyer
puis reprise à -30 %
Loyers encaissés sur 24 mois
4 725 €
Mensualités de crédit sur 24 mois
13 919 €
Solde de trésorerie
−9 194 €
Effort mensuel moyen à financer
383 €
Écart avec le scénario « loyer maintenu »
−8 775 €

Hypothèses illustratives, pas des prévisions. Le tableau est un plancher : taxe foncière et charges de copropriété non refacturées s'y ajoutent pendant une suspension, et pendant les 12 mois sans loyer l'effort est de 580 € par mois (la mensualité entière), non la moyenne affichée. Dans les quatre cas, 7 156 € de capital sont remboursés en 24 mois : l'effort de trésorerie n'est pas une perte sèche, mais il se finance sur votre épargne.

Même avec le loyer maintenu, il ne couvre pas tout à fait la mensualité (562,50 € contre 579,96 €) : un lot très financé n'a aucune marge. Dès que le loyer baisse ou s'arrête, l'effort passe de 17 € à 186-383 € par mois, et il se finance sur votre épargne. C'est la mécanique d'une SCPI achetée à crédit : cet article détaille ce qui se passe quand le revenu recule alors que la dette demeure.

Que devient la revente d'un lot dont le loyer est menacé ?

Un acheteur achète un loyer : un lot au bail suspendu, renégocié ou non repris se vend moins bien, par simple logique de prix (un acheteur paie un lot en fonction du loyer qu'il peut en attendre) et non par statistique ; nous n'avons trouvé aucune donnée indépendante sur les décotes (l'écart de prix en dessous de la valeur de marché) ou les délais. La mécanique est décrite dans revendre un LMNP géré (les fourchettes de délai et de décote qui y figurent sont des ordres de grandeur, pas une statistique indépendante), le lot resté sans exploitant dans le coût de la vacance entre deux exploitants (ses durées et ses baisses de loyer sont aussi des ordres de grandeur, pas des statistiques indépendantes).

Quelles conséquences fiscales en LMNP si le loyer est suspendu, puis à la revente ?

Impôt. Les loyers de location meublée sont imposés dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), avec 18,6 % de prélèvements sociaux sur le résultat imposable (impots.gouv.fr, 17 juillet 2026). Les déficits d'une location meublée non professionnelle ne s'imputent pas sur le revenu global : ils se reportent sur les revenus de la même activité pendant dix ans (BOFiP BOI-BIC-CHAMP-40-20). Pendant une suspension, vos charges ne réduisent donc pas l'impôt sur vos autres revenus. Le traitement d'un loyer non encaissé mais déclaré au passif relève de votre expert-comptable : nous ne l'avons pas vérifié.

Plus-value à la sortie. Depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits minorent le prix d'acquisition retenu pour la plus-value (article 150 VB III du Code général des impôts, confirmé par impots.gouv.fr). Selon l'administration fiscale, certains biens situés dans des résidences-services (étudiantes, seniors, pour personnes handicapées) font exception : cela peut concerner votre lot, à confirmer avec votre expert-comptable selon la nature exacte de votre résidence.

TVA. Si vous avez récupéré la TVA, l'effet d'un changement d'exploitant sur l'engagement de 20 ans n'est pas vérifié ici : voir la TVA récupérable et l'engagement de 20 ans, à confronter à votre dossier.

Ce qu'il faut retenir

Résolution. Si l'exploitant de votre résidence est en procédure collective, le bail n'est pas résilié d'office, les loyers postérieurs au jugement doivent être payés à l'échéance et les loyers antérieurs sont gelés jusqu'à déclaration. Mais rien ne garantit le montant ni la date : tout dépend de l'administrateur ou du liquidateur, de la trésorerie de l'exploitant et de l'accord que vous donnerez, ou non, à un repreneur.

Rappel. Les erreurs coûtent vite : une déclaration hors délai, un avenant de baisse signé sans conseil, un crédit qui court douze mois sans loyer (environ 6 960 € de mensualités dans notre cas type).

Prochaine étape. Si vous êtes déjà concerné, reprenez les quatre réflexes ci-dessus et rapprochez-vous d'un avocat en baux commerciaux avant toute signature. Si vous n'avez pas encore acheté, lisez les critères pour juger un exploitant puis les clauses du bail : ce sont les deux points qui décident de ce que vous toucherez le jour où l'exploitant est défaillant.

Pour situer le LMNP géré parmi les autres véhicules immobiliers, l'échelle de risque des véhicules immobiliers est la suite logique, et les six critères pour comparer les placements immobiliers dits sécurisés (ce qui est protégé, ce qui reste exposé) donnent la grille pour les comparer sans se fier à l'affichage.

Là où nous intervenons. Faut-il renoncer au LMNP géré ? Pas sur un seul article : cela dépend de l'exploitant, du bail, et du poids du lot et de son crédit dans votre patrimoine. EXP Capital est courtier en assurance (ORIAS 25005915), pas conseiller en investissements financiers : cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement (voir notre page cabinet). Le LMNP géré est notre seule offre de placement immobilier locatif, avec une rémunération incluse dans le prix du programme (voir nos tarifs) : c'est un conflit d'intérêts potentiel, que nous préférons vous dire, et c'est pourquoi nous écrivons ce risque noir sur blanc. Le premier rendez-vous est gratuit et sans engagement : il consiste à regarder avec vous la part d'immobilier, dette comprise, dans l'ensemble de votre patrimoine.

Questions fréquentes

Si mon exploitant est en redressement judiciaire, mon bail est-il annulé ?+

Non, pas automatiquement. Le redressement et la liquidation judiciaires n'entraînent pas, de plein droit, la résiliation du bail commercial (article L145-45 du Code de commerce). Le bail peut toutefois prendre fin : si l'administrateur ou le liquidateur décide de ne pas le poursuivre, si vous obtenez la résiliation pour des loyers postérieurs impayés, ou si, le bail n'étant pas cédé à un repreneur, vous en demandez la résiliation. Le détail, article par article, figure dans le tableau de l'article.

Mon exploitant ne me paie plus : puis-je rompre le bail tout de suite ?+

Pas pour les loyers antérieurs au jugement : il faut les déclarer au passif, et l'action pour impayé est interdite en sauvegarde et en redressement (L622-21). En liquidation, vous pouvez demander la résiliation pour ces impayés, mais seulement dans les trois mois de la publication du jugement (L641-12, 2°). Pour les loyers dus après le jugement, vous ne pouvez agir qu'au terme de trois mois à compter du jugement, et un paiement avant ce terme écarte la résiliation (L622-14). Rompre le bail ne fait pas revenir le loyer : un lot sans exploitant ne rapporte rien. À arbitrer avec un avocat en baux commerciaux.

De combien de temps dispose-t-on pour déclarer ses loyers impayés ?+

Deux mois à compter de la publication du jugement d'ouverture au BODACC (le Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales, où les jugements sont publiés), quatre mois pour les créanciers qui ne demeurent pas en France métropolitaine (article R622-24 du Code de commerce). Au-delà, vous ne recevez rien des paiements aux créanciers (les répartitions), sauf relevé de forclusion (une demande au juge pour rattraper un délai manqué sans que ce soit de votre fait) à demander dans les six mois de la publication du jugement (L622-26).

Un repreneur peut-il m'imposer une baisse de loyer ?+

Nous n'avons trouvé aucun texte qui l'impose : un plan de cession reprend les baux jugés nécessaires à leurs conditions d'origine (L642-7). En pratique, certains repreneurs subordonnent leur offre à une baisse, négociée propriétaire par propriétaire ; dans le dossier Réside Études Seniors, la presse spécialisée rapporte des baisses demandées parfois de plus de moitié par l'un des repreneurs, aucune par l'autre. Si vous refusez et que le bail n'est pas cédé, il peut prendre fin.

Quelqu'un garantit-il mes loyers à la place de l'exploitant ?+

Pas par défaut. Nous n'avons trouvé ni fonds de garantie ni assurance obligatoire pour les propriétaires particuliers, et l'État a indiqué n'être pas partie à la relation contractuelle. Une caution de la société mère ou une garantie à première demande (le garant paie sur simple demande, sans discuter le fond) peut exister dans certains dossiers : seul votre bail dit ce dont vous disposez.

Mon crédit s'arrête-t-il si mon loyer s'arrête ?+

Non. Le crédit est un contrat distinct avec votre banque, qui n'est pas partie au bail : les mensualités restent dues. Dans notre cas type illustratif (lot de 150 000 €, crédit de 100 000 € sur 20 ans à 3,5 %), douze mois sans loyer représentent environ 6 960 € de mensualités sans loyer en face, dont une partie rembourse du capital. Prévenez votre banque tôt.

Diagnostic gratuit

Quelle part de votre patrimoine dépend déjà de loyers, d'un exploitant et d'un crédit ?

Nous regardons avec vous la place de l'immobilier dans votre patrimoine : ce qui est détenu en direct, ce qui dépend d'un exploitant ou d'un crédit, ce qui reste disponible à court terme. Le rendez-vous est gratuit, confidentiel et sans démarchage.
  • 30 à 45 minutes, par téléphone ou en visio, avec un conseiller du cabinet.
  • Aucun démarchage ensuite — un rendez-vous sur cinq se conclut par « ne changez rien ».
  • Confidentiel : données jamais cédées, aucun fonds détenu par le cabinet.

Vous préférez appeler ? 01 84 16 37 91

En envoyant ce formulaire, vous acceptez d'être recontacté par un conseiller pour préparer un rendez-vous. Vos données ne sont jamais cédées ni revendues ; elles sont traitées par nos prestataires techniques (envoi d'email, prise de rendez-vous) dans le seul cadre de votre demande — politique de confidentialité.

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