Vous voulez aller directement à la réponse pour votre situation ?
Comparer sur votre montant réel- Capital Garanti : coupon fixé à l'émission, ~5 % par an sur les émissions actuelles à 6-10 ans, capital garanti par la banque émettrice à l'échéance uniquement. Fiscalité de l'assurance-vie si logé dans un contrat.
- Fonds euros : 2,6 % en moyenne servis au titre de 2025 (France Assureurs), de moins de 2 % à plus de 3 % selon les contrats ; capital garanti par l'assureur à tout instant, liquidité quasi quotidienne, réserve (PPB) de 3,7 % des encours fin 2025.
- Compte à terme : 2,2 à 3,1 % brut selon durée et établissement début septembre 2026, taux figé, capital bloqué ou pénalisé, FGDR jusqu'à 100 000 €, fiscalité de droit commun à 31,4 %.
- Sur 100 000 € et 8 ans, net de frais de contrat et de fiscalité, l'écart entre un Capital Garanti à 5 % et un fonds euros moyen approche 8 000 € — c'est le prix d'une liquidité dont on n'a, en pratique, pas besoin.
« J'ai 100 000 € qui dorment, je ne veux pas de risque, où les mettre ? » — la question la plus fréquente que nous recevons, et la plus mal servie par les comparatifs en ligne, qui alignent des taux bruts sans dire qui garantit quoi, à quelle date, et ce qu'il reste après impôt. Le 10 septembre 2026, la BCE a relevé son taux de dépôt à 2,50 %, deuxième hausse de l'année ; l'OAT 10 ans dépasse 4,3 %, un niveau inédit depuis 2008 ; les prélèvements sociaux de droit commun sont passés à 18,6 % en janvier. Chacun de ces trois faits change un des trois placements, jamais les trois de la même façon. Voici le face-à-face recalculé.
Capital Garanti, fonds euros, compte à terme : la grille de lecture honnête
- Capital Garanti : produit structuré construit sur une obligation zéro-coupon d'une banque ; coupon fixé à la souscription (~5 % sur les émissions actuelles), capital rendu à 100 % à l'échéance, durée 6 à 10 ans, valeur de marché entre les deux, fiscalité de l'enveloppe qui le porte (assurance-vie le plus souvent).
- Fonds euros : actif général d'un assureur ; rendement annuel décidé chaque année (2,6 % en moyenne au titre de 2025, moins de 2 % à plus de 3 % selon les contrats), liquidité quasi quotidienne, capital et intérêts acquis définitivement chaque année (effet cliquet), fiscalité de l'assurance-vie.
- Compte à terme : dépôt bancaire à taux fixé à la souscription (2,2 à 3,1 % brut début septembre 2026 selon durée et établissement), durée 1 mois à 5 ans, capital bloqué ou pénalisé en cas de sortie, couvert par le FGDR jusqu'à 100 000 € par banque, fiscalité de droit commun à 31,4 %.
Ce que la hausse des taux BCE du 10 septembre 2026 change — et ne change pas — pour chacun
Le Conseil des gouverneurs de la BCE a relevé ses trois taux directeurs de 25 points de base le 10 septembre 2026, portant la facilité de dépôt à 2,50 % à compter du 16 septembre, après une première hausse en juin (2,00 % → 2,25 %) et huit baisses entre 2024 et la mi-2026. La transmission à l'épargne se fait à trois vitesses :
- Compte à terme et fonds monétaire : immédiat. Ces produits sont indexés sur les taux courts (Euribor 3 mois à 2,64 % le 10 septembre 2026). Les nouvelles grilles de comptes à terme intègrent la hausse en quelques semaines ; les comptes déjà ouverts, eux, restent figés à leur taux.
- Fonds euros : avec deux à quatre ans d'inertie. Le taux servi reflète le rendement moyen d'un portefeuille obligataire constitué sur dix ans, pas le taux du jour. Les assureurs ont puisé dans leur réserve pour tenir 2,6 % trois années de suite (la provision pour participation aux bénéfices est passée de 4 % à 3,7 % des encours entre fin 2024 et fin 2025 selon l'ACPR) ; les projections de place pour 2026 se situent entre 2,4 et 2,8 % en moyenne.
- Capital Garanti : indexé sur les taux longs, pas sur la BCE. Le coupon d'une émission dépend du prix du zéro-coupon à 6-10 ans, donc des taux longs. Or ceux-ci ont monté pour d'autres raisons que la BCE — prime de risque française après les dégradations de 2025, choc énergétique : l'OAT 10 ans a dépassé 4,3 % autour du 10 septembre 2026 selon l'Agence France Trésor. C'est ce qui finance des coupons garantis autour de 5 %, et c'est ce niveau-là, pas le taux de dépôt, qu'il faut surveiller.
100 000 € sur 8 ans, net de toute fiscalité : le calcul complet
Situation type construite pour illustrer le calcul, à partir des conditions de marché de début septembre 2026 et de la fiscalité 2026, pour une personne seule. Hypothèses : Capital Garanti à 5 % par an, coupons versés chaque année et non réinvestis, logé dans une assurance-vie dont les frais de gestion (0,85 % par an, contrat de référence du cabinet) sont déduits — soit 4,15 % net de frais — et rachetée à 8 ans (7,5 % d'impôt après abattement de 4 600 €, 17,2 % de prélèvements sociaux) ; fonds euros à 2,6 % (moyenne 2025) ou 3,2 % (haut de fourchette des meilleurs contrats, bonus inclus), prélèvements sociaux de 17,2 % prélevés chaque année sur les intérêts, impôt à la sortie ; compte à terme à 3,0 % brut (meilleure offre à 5 ans relevée par Moneyvox au 4 septembre 2026), renouvelé une fois au même taux, intérêts taxés chaque année au PFU de 31,4 %. Taux supposés constants — ce qui est vrai par construction pour le Capital Garanti et le compte à terme, et une hypothèse pour le fonds euros.
Capital Garanti 5 % fixe, AV à 0,85 % de frais | Fonds euros moyen 2,6 %, en assurance-vie | Bon fonds euros 3,2 %, en assurance-vie | Compte à terme 3,0 % brut, PFU 31,4 % | |
|---|---|---|---|---|
| Capital + gains bruts à 8 ans | ≈ 133 200 € (après 0,85 %/an de frais de contrat) | ≈ 118 580 € (net de PS annuels) | ≈ 123 270 € (net de PS annuels) | ≈ 125 800 € |
| Fiscalité totale sur la durée | ≈ 7 855 € (PS 5 710 € + IR 2 145 €) | ≈ 4 900 € | ≈ 6 250 € | ≈ 8 100 €, sans abattement |
| Capital net à la sortie | ≈ 125 345 € | ≈ 117 530 € | ≈ 121 870 € | ≈ 117 700 € |
| Écart net vs Capital Garanti | — | − 7 815 € | − 3 475 € | − 7 645 € |
| Ce qui est garanti, et par qui | 100 % à l'échéance, par la banque émettrice, sans fonds de garantie | Capital + intérêts acquis chaque année, par l'assureur (FGAP 70 k€) | Idem | Capital + intérêts, par la banque (FGDR 100 k€) |
- Capital + gains bruts à 8 ans
- ≈ 133 200 € (après 0,85 %/an de frais de contrat)
- Fiscalité totale sur la durée
- ≈ 7 855 € (PS 5 710 € + IR 2 145 €)
- Capital net à la sortie
- ≈ 125 345 €
- Écart net vs Capital Garanti
- —
- Ce qui est garanti, et par qui
- 100 % à l'échéance, par la banque émettrice, sans fonds de garantie
- Capital + gains bruts à 8 ans
- ≈ 118 580 € (net de PS annuels)
- Fiscalité totale sur la durée
- ≈ 4 900 €
- Capital net à la sortie
- ≈ 117 530 €
- Écart net vs Capital Garanti
- − 7 815 €
- Ce qui est garanti, et par qui
- Capital + intérêts acquis chaque année, par l'assureur (FGAP 70 k€)
- Capital + gains bruts à 8 ans
- ≈ 123 270 € (net de PS annuels)
- Fiscalité totale sur la durée
- ≈ 6 250 €
- Capital net à la sortie
- ≈ 121 870 €
- Écart net vs Capital Garanti
- − 3 475 €
- Ce qui est garanti, et par qui
- Idem
- Capital + gains bruts à 8 ans
- ≈ 125 800 €
- Fiscalité totale sur la durée
- ≈ 8 100 €, sans abattement
- Capital net à la sortie
- ≈ 117 700 €
- Écart net vs Capital Garanti
- − 7 645 €
- Ce qui est garanti, et par qui
- Capital + intérêts, par la banque (FGDR 100 k€)
Illustration pédagogique, personne seule, contrat d'assurance-vie de plus de 8 ans au moment du rachat. Le même Capital Garanti détenu en compte-titres, sans frais de contrat mais coupons taxés chaque année à 31,4 %, donnerait ≈ 127 440 € : sur huit ans et pour une personne seule, les deux enveloppes sont proches — l'avantage de l'assurance-vie tient à l'abattement doublé pour un couple, au report d'imposition tant que le contrat continue, et à la transmission hors succession. Un Livret A à 1,7 % donnerait ≈ 114 440 € — s'il pouvait accueillir 100 000 €, ce que son plafond de 22 950 € interdit. Le taux du fonds euros n'est pas contractuel et peut varier chaque année ; le compte à terme à 8 ans n'existe pas, d'où l'hypothèse de renouvellement.
Trois lectures de ce tableau. Première : l'écart entre le Capital Garanti et un fonds euros moyen — près de 8 000 € nets sur 100 000 € en huit ans, frais de contrat déduits — est le prix d'une liquidité quotidienne dont l'épargnant qui place à huit ans n'a, par définition, pas besoin. Deuxième : le compte à terme à 3 % brut termine derrière le fonds euros moyen malgré un taux facial supérieur, uniquement par l'effet de la fiscalité de droit commun ; c'est le piège le plus fréquent depuis la hausse des prélèvements sociaux de janvier 2026. Troisième : le meilleur fonds euros du marché réduit l'écart à moins de 3 500 €, ce qui rappelle qu'au sein de chaque enveloppe, la sélection compte autant que le choix de l'enveloppe.
Le même calcul mené sur un contrat luxembourgeois plutôt que français aboutirait au centime près au même résultat net : pour un résident fiscal français, la fiscalité de l'assurance-vie ne dépend jamais du pays d'émission du contrat, une neutralité que nous démontrons chiffres à l'appui dans notre article sur la fiscalité exacte d'une AV Luxembourg après 8 ans.
Capital Garanti ~5 % fixé | Fonds euros 2,6 % moyen, variable | Compte à terme 2,2 à 3,1 % fixé | |
|---|---|---|---|
| Qui porte la garantie | Banque émettrice, à l'échéance, sans fonds de garantie | Assureur, à tout instant ; FGAP jusqu'à 70 k€ | Banque ; FGDR jusqu'à 100 k€ par établissement |
| Liquidité | À l'échéance (vente à prix de marché ou avance possibles) | Quasi quotidienne (hors mesure Sapin 2) | Pénalité sur les intérêts, préavis contractuel |
| Si les taux montent encore | Coupon figé — valeur de rachat baisse temporairement | Rattrape avec 2-4 ans d'inertie | Figé jusqu'au terme, nouveaux comptes mieux servis |
| Si les taux rebaissent | Verrouillé — vous gardez le 5 %, valeur de rachat en hausse | Suit la baisse, avec retard | Verrouillé jusqu'au terme |
| Fiscalité | Assurance-vie : 17,2 % PS, 7,5 % après 8 ans et abattement | Assurance-vie, PS prélevés chaque année | PFU 31,4 % chaque année, sans abattement |
| Transmission | Clause bénéficiaire, article 990 I | Clause bénéficiaire, article 990 I | Succession de droit commun |
| Plafond pratique | Aucun — mais diversification des émetteurs au-delà de 100 k€ | Aucun (parfois contraintes de part en unités de compte) | 100 k€ par banque pour rester couvert ; négociation au-delà |
| Horizon naturel | 6 à 10 ans | 0 à 3 ans + poche d'opportunité | 1 mois à 5 ans, projets datés |
- Qui porte la garantie
- Banque émettrice, à l'échéance, sans fonds de garantie
- Liquidité
- À l'échéance (vente à prix de marché ou avance possibles)
- Si les taux montent encore
- Coupon figé — valeur de rachat baisse temporairement
- Si les taux rebaissent
- Verrouillé — vous gardez le 5 %, valeur de rachat en hausse
- Fiscalité
- Assurance-vie : 17,2 % PS, 7,5 % après 8 ans et abattement
- Transmission
- Clause bénéficiaire, article 990 I
- Plafond pratique
- Aucun — mais diversification des émetteurs au-delà de 100 k€
- Horizon naturel
- 6 à 10 ans
- Qui porte la garantie
- Assureur, à tout instant ; FGAP jusqu'à 70 k€
- Liquidité
- Quasi quotidienne (hors mesure Sapin 2)
- Si les taux montent encore
- Rattrape avec 2-4 ans d'inertie
- Si les taux rebaissent
- Suit la baisse, avec retard
- Fiscalité
- Assurance-vie, PS prélevés chaque année
- Transmission
- Clause bénéficiaire, article 990 I
- Plafond pratique
- Aucun (parfois contraintes de part en unités de compte)
- Horizon naturel
- 0 à 3 ans + poche d'opportunité
- Qui porte la garantie
- Banque ; FGDR jusqu'à 100 k€ par établissement
- Liquidité
- Pénalité sur les intérêts, préavis contractuel
- Si les taux montent encore
- Figé jusqu'au terme, nouveaux comptes mieux servis
- Si les taux rebaissent
- Verrouillé jusqu'au terme
- Fiscalité
- PFU 31,4 % chaque année, sans abattement
- Transmission
- Succession de droit commun
- Plafond pratique
- 100 k€ par banque pour rester couvert ; négociation au-delà
- Horizon naturel
- 1 mois à 5 ans, projets datés
Le critère « qui porte la garantie » est le plus négligé : FGDR (dépôts bancaires) jusqu'à 100 000 €, FGAP (assurance) jusqu'à 70 000 €, signature de l'émetteur seule pour le Capital Garanti. Aucun des trois n'est « garanti par l'État » au sens du Livret A — voir notre hiérarchie complète des garanties.
Combien coûte réellement chacune des trois enveloppes
Le rendement affiché n'est que la moitié de l'équation : les frais d'entrée, les coûts intégrés au produit et le prix d'une sortie avant terme déterminent ce qu'il reste réellement. Voici les trois couches, poste par poste.
Capital Garanti | Fonds euros | Compte à terme | |
|---|---|---|---|
| Frais d'entrée | Barème assurance-vie du cabinet, dégressif par tranches : 2 % jusqu'à 200 k€, 0 % au-delà de 800 k€, plafond 10 000 € | Même barème | 0 € — produit bancaire direct |
| Frais annuels visibles | Aucun sur le produit ; frais de gestion du contrat (0,5 à 1 %/an) sur l'enveloppe | Frais de gestion du contrat, 0,5 à 1 %/an, prélevés avant le taux net annoncé | Aucun — le taux net est celui annoncé |
| Coût intégré, non affiché en tant que tel | Marge de structuration et commission de distribution, intégrées au prix d'émission : le coupon affiché est déjà net | Marge de l'assureur sur le rendement de l'actif général, non détaillée contrat par contrat | Marge de la banque déjà intégrée au taux proposé |
| Coût d'une sortie avant terme | Valeur de marché du produit — décote possible dès le lendemain de la souscription | Aucun — rachat partiel à tout moment | Perte totale ou partielle des intérêts selon le contrat |
- Frais d'entrée
- Barème assurance-vie du cabinet, dégressif par tranches : 2 % jusqu'à 200 k€, 0 % au-delà de 800 k€, plafond 10 000 €
- Frais annuels visibles
- Aucun sur le produit ; frais de gestion du contrat (0,5 à 1 %/an) sur l'enveloppe
- Coût intégré, non affiché en tant que tel
- Marge de structuration et commission de distribution, intégrées au prix d'émission : le coupon affiché est déjà net
- Coût d'une sortie avant terme
- Valeur de marché du produit — décote possible dès le lendemain de la souscription
- Frais d'entrée
- Même barème
- Frais annuels visibles
- Frais de gestion du contrat, 0,5 à 1 %/an, prélevés avant le taux net annoncé
- Coût intégré, non affiché en tant que tel
- Marge de l'assureur sur le rendement de l'actif général, non détaillée contrat par contrat
- Coût d'une sortie avant terme
- Aucun — rachat partiel à tout moment
- Frais d'entrée
- 0 € — produit bancaire direct
- Frais annuels visibles
- Aucun — le taux net est celui annoncé
- Coût intégré, non affiché en tant que tel
- Marge de la banque déjà intégrée au taux proposé
- Coût d'une sortie avant terme
- Perte totale ou partielle des intérêts selon le contrat
Sur les produits structurés, l'étude ACPR-AMF du 22 juin 2026 relève un coût d'entrée total allant de 1,20 % à 13,16 % selon les distributeurs (5,83 % en moyenne sur 51 produits), intégralement payé à l'acquisition. Le Capital Garanti est la seule des trois enveloppes où mettre plusieurs émetteurs en concurrence sur la même fenêtre fait varier ce coût du simple au triple — détail dans notre article sur le coût de structuration.
- Capital Garanti — risque émetteur et risque de sortie avant termeLe capital n'est garanti que si la banque émettrice reste solvable jusqu'à l'échéance. Le FGAP (70 000 €) protège contre une défaillance de l'assureur qui héberge le contrat, pas contre un défaut de l'émetteur — c'est la notation et le rang de dette de ce dernier qui restent le vrai point à vérifier avant de signer. Une sortie avant terme se fait à la valeur de marché du produit, jamais garantie.
- Fonds euros — risque de dilution progressive du rendementLe taux servi dépend chaque année d'une décision de l'assureur, pas d'un engagement contractuel pluriannuel : 2,6 % servis en 2025 ne préjugent de rien pour 2026, et la réserve qui a permis de tenir ce niveau (3,7 % des encours) n'est pas inépuisable. Rien ne baisse d'un coup, tout peut s'éroder année après année.
- Compte à terme — risque de blocage, de reconduction tacite et de fiscalitéLe taux est figé jusqu'au terme, y compris si les taux remontent ; sortir avant l'échéance déclenche la clause de pénalité ; une reconduction tacite mal vérifiée peut reconduire le capital à des conditions moins favorables. Et depuis janvier 2026, 31,4 % de chaque euro d'intérêt part en fiscalité, sans abattement.
Le bon arbitrage en pratique : dater les besoins avant de comparer les taux
Notre règle de cabinet : Livret A pour la liquidité courte (3 à 6 mois de dépenses), compte à terme ou fonds euros pour les projets à 1-3 ans, Capital Garanti pour le capital qui n'a pas vocation à bouger avant 6 à 10 ans. Trois enveloppes complémentaires — pas concurrentes. Le piège le plus fréquent n'est pas de choisir la mauvaise enveloppe, c'est de tout laisser dans la plus liquide « en attendant » : la liquidité intégrale est un service dont le prix — près de 8 000 € nets sur 100 000 € en huit ans face au fonds euros moyen — n'est jamais facturé, donc jamais questionné. L'arbitrage sérieux commence par dater les besoins, pas par comparer les taux ; nous l'avons illustré par un cas réel dans le seul critère qui doit vraiment trancher. Un cas particulier précède même cet arbitrage : quand un crédit immobilier à taux bas court encore, la première comparaison n'oppose pas ces trois enveloppes entre elles mais leur rendement net au taux du prêt — voir rembourser ou placer.
Le Capital Garanti n'est pas un produit unique : pourquoi la sélection — ou le sur-mesure — change tout
Les tableaux ci-dessus traitent le Capital Garanti comme une case unique, au même titre que le fonds euros ou le compte à terme. C'est une simplification utile, mais elle cache une différence de nature : le Livret A est un produit unique, identique dans toutes les banques ; le Capital Garanti ne l'est pas. Chaque émission — voir comment un produit structuré est réellement construit — est une fenêtre de souscription ponctuelle, avec un émetteur, une durée, un coupon et une marge de structuration qui lui sont propres. Deux émissions comparables peuvent afficher un coupon annualisé différent de plusieurs dixièmes de point, sans qu'aucune ne soit « fausse » : l'écart tient à la notation de l'émetteur retenu, à la taille de l'émission, et à la mise en concurrence — ou son absence — réalisée avant de vous la proposer.
Deux façons de traiter cette hétérogénéité existent, et elles ne s'excluent pas. La première consiste à juger toute émission proposée sur des critères objectifs — notation et rang de dette de l'émetteur, mode de calcul exact du coupon, durée réellement cohérente avec l'horizon, conditions de sortie avant terme, coûts du document d'informations clés — détaillés dans notre grille des 5 critères. La seconde, réservée aux montants qui la justifient, consiste à faire construire une émission sur mesure — émetteur et durée discutés spécifiquement pour un capital donné — plutôt que de sélectionner parmi les fenêtres déjà ouvertes. Une raison structurelle explique pourquoi cette sélection ne peut pas se faire seul sur des pages publiques : la plupart des émissions de Capital Garanti sont distribuées sous un régime qui interdit leur publicité au grand public (cercle restreint d'investisseurs ou ticket minimal élevé), et les régulateurs relèvent que près de la moitié des produits commercialisés entre 2021 et 2023 visaient exclusivement une clientèle d'investisseurs avertis. C'est la raison pour laquelle aucun classement public fiable des meilleurs Capital Garanti n'existe.
En résumé : trois garanties, trois horizons, un seul arbitrage
La réponse à la question du titre : pour un capital disponible six à dix ans, le Capital Garanti sert nettement plus que les deux autres — près de 8 000 € nets sur 100 000 € en huit ans face à un fonds euros moyen, frais de contrat et fiscalité déduits, à conditions de septembre 2026 — en échange d'une garantie datée, portée par une seule signature bancaire, et d'une liquidité à prix de marché. Pour un capital dont la date de besoin est incertaine ou inférieure à trois ans, le fonds euros ou le compte à terme restent les bons outils, malgré un rendement inférieur ; la hausse des taux BCE du 10 septembre profite d'abord au second, la fiscalité de droit commun à 31,4 % en efface une bonne partie. L'étape suivante ne consiste pas à choisir, mais à dater : quelle part de votre capital relève de chaque horizon — et, pour la part longue, quelle émission, quel émetteur et quelle enveloppe. C'est ce que nous chiffrons, ligne par ligne, avant toute souscription.
Questions fréquentes
Peut-on cumuler les trois enveloppes ?+
C'est même la construction recommandée : elles couvrent trois horizons différents. Le point d'équilibre type pour 150 000 € d'épargne hors tampon : 20 % en fonds euros (l'opportunité et l'imprévu), 20 % en comptes à terme calés sur les projets datés à 1-3 ans, 60 % en Capital Garanti pour l'horizon 6-10 ans. Le dosage exact dépend de vos dates de besoin, pas d'une règle universelle.
Le Capital Garanti est-il aussi garanti que le fonds euros ?+
La nature de la garantie diffère : le fonds euros est garanti par l'assureur à tout instant (effet cliquet annuel, FGAP jusqu'à 70 000 € par assureur), le Capital Garanti est garanti par une banque émettrice à l'échéance seulement, sans fonds de garantie. Entre les deux dates, sa valeur fluctue avec les taux et le crédit de l'émetteur. À l'échéance, les deux protections sont comparables — conditionnées à la solvabilité d'un assureur dans un cas, d'une banque dans l'autre.
Pourquoi le compte à terme est-il fiscalement moins bien traité ?+
Les intérêts d'un compte à terme supportent le prélèvement forfaitaire unique de droit commun, porté à 31,4 % depuis le 1ᵉʳ janvier 2026 (12,8 % d'impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux), chaque année, sans abattement. Le Capital Garanti et le fonds euros logés en assurance-vie restent à 17,2 % de prélèvements sociaux et bénéficient, après 8 ans, de l'abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) sur les gains rachetés, taxés à 7,5 %. Sur 100 000 € et 8 ans, cet écart fiscal seul représente plusieurs milliers d'euros.
La BCE vient de relever ses taux : faut-il rompre un compte à terme en cours pour en ouvrir un nouveau ?+
Presque jamais. Un compte à terme rompu avant terme subit une pénalité qui ampute une partie substantielle, parfois la totalité, des intérêts courus. Le calcul à faire n'est pas « le nouveau taux est-il plus haut » mais « le supplément d'intérêt sur la durée restante compense-t-il la pénalité perdue » — une réponse presque toujours négative pour un mouvement de 25 points de base comme celui du 10 septembre 2026.
Que choisir si les taux baissent à nouveau dans les prochaines années ?+
C'est l'argument décisif du taux fixé : Capital Garanti et compte à terme verrouillent les conditions du jour de souscription, le fonds euros suivra la baisse avec inertie. Inversement, si les taux continuent de monter, le fonds euros finira par en profiter et le Capital Garanti souscrit aujourd'hui paraîtra moins brillant. On ne prédit pas les taux : on cale la durée du produit sur la date du besoin, et on étale les souscriptions.
Et le Livret A dans ce comparatif ?+
Il joue dans une autre catégorie : c'est un outil de liquidité plafonné à 22 950 €, garanti par l'État, pas un placement de capital. À 1,7 % depuis le 1ᵉʳ août 2026, avec une inflation à 2,4 % en août, il perd du pouvoir d'achat — mais il reste imbattable pour le tampon de dépenses. Notre analyse complète est dans « Livret A vs Capital Garanti sur 10 ans ».
Tous les Capital Garanti du marché se valent-ils ?+
Non, et c'est le point le plus sous-estimé de ce comparatif. Le « Capital Garanti » n'est pas un produit : c'est une famille d'émissions ponctuelles, chacune avec son émetteur, sa durée, son coupon et sa marge de structuration. Deux émissions comparables peuvent afficher un coupon différent de plusieurs dixièmes de point, à garantie équivalente, uniquement selon l'émetteur retenu et la mise en concurrence réalisée avant de vous la proposer.
Le fonds euros est-il aussi hétérogène que le Capital Garanti ?+
Sur un autre registre, oui : le mécanisme est identique d'un contrat à l'autre (garanti par l'assureur, effet cliquet annuel), seul le taux servi varie — 2,6 % en moyenne sur 2025 selon France Assureurs, de moins de 2 % pour un contrat bancaire d'entrée de gamme à plus de 3 % pour les meilleurs contrats, bonus inclus. Le compte à terme est le plus homogène des trois : un taux fixé une fois pour toutes à la signature, sans marge de structuration à décoder.
Votre arbitrage entre les trois se calcule, il ne se devine pas
Montants, dates de besoin, tranche d'imposition, contrats déjà ouverts : en 45 minutes, l'allocation entre les trois enveloppes est posée et chiffrée — y compris quand la réponse est de ne rien changer.
Créneau au choix dès l'envoi du formulaire · Confidentiel · Sans démarchage
Rembourser un crédit à 1 % ou placer : le calcul
L'arbitrage préalable aux trois enveloppes comparées ici, quand un crédit immobilier court encore.
Lancer le simulateur
Les trois enveloppes sur votre capital, en euros nets, ligne à ligne.
Page produit : Capital Garanti
~5 %, capital garanti à l'échéance.
Page produit : Fonds Euros
Pilier sécuritaire. Vraiment ?
Le seul critère qui doit vraiment trancher
Au-delà des chiffres : la date de besoin, illustrée par un cas réel.
La fiscalité exacte d'un compte à terme
PFU 31,4 %, option barème, cas du foyer peu imposé.
La réserve des fonds euros (PPB)
Pourquoi le taux servi met des années à suivre les taux de marché.
Meilleur Capital Garanti : les 5 critères
La grille pour juger n'importe quelle émission proposée.
Pourquoi aucun classement n'existe
La raison réglementaire pour laquelle la sélection ne se fait jamais seul.
Capital Garanti sur mesure : les seuils d'accès
Le seuil commercial, au-delà du seuil réglementaire, et ce qui devient négociable.