Le dilemme, posé en chiffres
Le cas type de nos rendez-vous : 150 000 € sur un contrat bancaire de 12 ans d'âge — fonds euros à 1,8 %, frais de gestion à 1 % — face à un contrat moderne servant 3 % net avec bonus. L'écart de rendement : environ 1,8 point par an, soit 2 700 €. Mais racheter pour re-souscrire remet le compteur fiscal à zéro : les gains du nouveau contrat seront taxés à 12,8 % + PS pendant 8 ans, sans abattement. La bonne décision n'est ni un réflexe ni une fidélité : c'est un calcul de croisement — et il penche plus souvent qu'on ne le croit vers le changement, à condition de le faire dans le bon ordre.
Ne rien faire Fidélité par inertie | Rachat total sec Le réflexe brutal | Sas d'abattements La stratégie cabinet | |
|---|---|---|---|
| Mécanique | Tout reste sur le vieux contrat | Rachat, impôt immédiat, re-souscription à 3 % | Rachats annuels ≤ abattement, réinvestis à 3 % ; nouveau contrat ouvert dès aujourd'hui |
| Impôt de transition | 0 € | ≈ 4 700 € (gains taxés d'un coup) | ≈ 0 € (abattements 9 200 €/an) |
| Rendement moyen de l'épargne | 1,8 % | 3 % | 1,8 % → 3 % en 3-4 ans de migration |
| Capital à 10 ans (ordre de grandeur) | ≈ 179 000 € | ≈ 191 000 € | ≈ 196 000 € |
- Mécanique
- Tout reste sur le vieux contrat
- Impôt de transition
- 0 €
- Rendement moyen de l'épargne
- 1,8 %
- Capital à 10 ans (ordre de grandeur)
- ≈ 179 000 €
- Mécanique
- Rachat, impôt immédiat, re-souscription à 3 %
- Impôt de transition
- ≈ 4 700 € (gains taxés d'un coup)
- Rendement moyen de l'épargne
- 3 %
- Capital à 10 ans (ordre de grandeur)
- ≈ 191 000 €
- Mécanique
- Rachats annuels ≤ abattement, réinvestis à 3 % ; nouveau contrat ouvert dès aujourd'hui
- Impôt de transition
- ≈ 0 € (abattements 9 200 €/an)
- Rendement moyen de l'épargne
- 1,8 % → 3 % en 3-4 ans de migration
- Capital à 10 ans (ordre de grandeur)
- ≈ 196 000 €
Hypothèses : couple, abattement 9 200 €/an sur les gains rachetés, nouveau contrat à 3 % net. Même le rachat sec bat l'inertie en 3-4 ans — le sas fait mieux en supprimant l'impôt de transition. La seule stratégie perdante est celle du plus grand nombre : ne rien faire.
L'ordre des opérations qui change tout
1. Vérifier les trois clauses intouchables (primes d'avant octobre 1998, versements faits avant vos 70 ans, taux minimum garanti) — si l'une s'applique, le contrat est un actif successoral ou de rendement irremplaçable : on le garde, on optimise autour. 2. Ouvrir le nouveau contrat immédiatement, même avec le minimum : son horloge des 8 ans démarre pendant que la migration s'étale. 3. Vider par les abattements : chaque année, racheter juste assez de gains pour saturer les 4 600/9 200 €, et reverser sur le nouveau contrat. 4. Basculer les gros soldes seulement quand l'écart de rendement rembourse l'impôt résiduel en moins de 3 ans — notre règle de pouce du croisement.
Et le transfert Fourgous ?
Si votre assureur propose un contrat récent de qualité, le transfert Fourgous transporte tout — capital et antériorité — sans passage fiscal, contre un engagement partiel en unités de compte. C'est la meilleure option quand le nouveau contrat du même assureur est réellement bon : vérifiez le fonds euros cible, les frais, et négociez la poche UC pour y loger des supports utiles (un Capital Garanti, pas les fonds maison chargés). Si le seul bon contrat est ailleurs, le Fourgous ne vous y emmènera pas — retour à la stratégie du sas.
Questions fréquentes
Peut-on transférer une assurance-vie d'un assureur à un autre sans perdre l'antériorité ?+
Non — c'est LA règle du jeu : le transfert externe n'existe pas en assurance-vie (contrairement au PER). Changer d'assureur = racheter puis re-souscrire, donc remettre le compteur des 8 ans à zéro. Le transfert Fourgous (et ses extensions loi Pacte) ne fonctionne que CHEZ LE MÊME assureur : vers un contrat plus récent de la même compagnie, en conservant l'antériorité fiscale, avec en général une condition d'investissement partiel en unités de compte.
Que vaut fiscalement l'antériorité que je perdrais en rachetant ?+
Deux choses précises : le taux réduit de 7,5 % (au lieu de 12,8 %) sur les gains après 8 ans, et l'abattement annuel de 4 600 / 9 200 €. Sur un contrat de 150 000 € avec 30 000 € de gains latents, racheter aujourd'hui coûte environ 2 000 à 5 000 € d'impôt de plus qu'attendre — un montant qui se compare directement au gain annuel du meilleur contrat. C'est ce croisement que notre tableau chiffre.
Mon contrat a plus de 8 ans mais un fonds euros médiocre : que faire ?+
Le garder comme COQUILLE et le vider intelligemment : un contrat de plus de 8 ans avec abattements est une porte de sortie fiscale gratuite — on y prélève chaque année jusqu'à 4 600/9 200 € de gains sans impôt, réinvestis dans le nouveau contrat performant. L'ancien contrat devient un sas de défiscalisation, le nouveau reçoit l'épargne active. C'est presque toujours mieux que le rachat total sec.
Y a-t-il des contrats qu'il ne faut JAMAIS fermer ?+
Trois familles intouchables : les contrats dont les primes ont été versées avant le 13 octobre 1998 (régimes successoraux d'exception), les contrats alimentés avant vos 70 ans si vous les avez dépassés (impossible de reconstituer l'abattement 990 I ailleurs), et les vieux contrats à taux minimum garanti élevé (certains contrats des années 1980-90 garantissent 3-4,5 % à vie — des pièces de collection que les assureurs rêvent de voir fermer). Vérifiez ces trois points avant toute décision.
Le transfert Fourgous a-t-il des pièges ?+
Deux : la condition d'UC (l'assureur exige souvent 20-30 % hors fonds euros — acceptable si vous y logez un Capital Garanti, piège si on vous impose des UC maison chargées) et la perte éventuelle du taux minimum garanti de l'ancien contrat. Le Fourgous est un excellent outil quand il est demandé PAR le client pour accéder à un meilleur fonds euros du même assureur — et un outil commercial quand il est poussé PAR le réseau pour désengager la compagnie de ses vieilles garanties.
Votre contrat mérite-t-il d'être gardé, vidé ou remplacé ?
Apportez un relevé : nous vérifions les trois clauses intouchables, chiffrons votre croisement rendement/fiscalité, et posons la stratégie de sas si elle s'applique. Verdict en une réunion — y compris quand le verdict est « ne touchez à rien ».
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