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Vérifier ce qui est réellement possible dans votre cas- Rien n'interdit légalement à un résident français de contacter directement un assureur agréé dans un autre État membre, Luxembourg compris — la libre prestation de services existe précisément pour cela.
- En pratique, la quasi-totalité des compagnies luxembourgeoises ne vendent pas leurs contrats patrimoniaux en direct à un particulier : elles passent par un réseau d'intermédiaires agréés, au Luxembourg comme pour l'essentiel de leur activité transfrontalière (90 % à plus de 95 % de la collecte vie selon les années).
- Le ticket pratique (généralement 100 000 € à 250 000 €) ne change pas selon le canal — il n'existe simplement pas, la plupart du temps, de tarif « accès direct » distinct à comparer.
- Le Triangle de Sécurité, le Super Privilège et les protections équivalentes ne dépendent à aucun moment du canal de souscription : ce sont des mécanismes attachés à l'assureur et au droit luxembourgeois, jamais à la présence ou non d'un intermédiaire.
- Ce qu'un intermédiaire agréé apporte réellement : un devoir de conseil et une vérification d'adéquation que la loi ne fait pas peser de la même façon sur l'assureur direct, une assurance de responsabilité civile professionnelle d'au moins 1 564 610 € par sinistre, et des obligations de vigilance anti-blanchiment distinctes de celles de l'assureur.
Ce que dit la loi : rien n'interdit le contact direct
Le marché européen de l'assurance-vie repose, depuis les débuts du marché unique financier, sur un principe simple : un assureur agréé dans un État membre peut commercialiser ses contrats dans n'importe quel autre État membre, sans y être établi, via la libre prestation de services (LPS). C'est le mécanisme qui permet à une compagnie luxembourgeoise de vendre un contrat à un résident français sans ouvrir de succursale en France — consolidé aujourd'hui par la directive Solvabilité II (directive 2009/138/CE) et, pour les règles de commercialisation elles-mêmes, par la directive sur la distribution d'assurances (IDD, directive (UE) 2016/97). L'assureur luxembourgeois reste supervisé par son régulateur d'origine, le Commissariat aux Assurances (CAA) — l'ACPR française est simplement notifiée de son activité en France, elle ne l'agrée pas. C'est exactement le principe d'« établissement payeur » que nous détaillons, sous son angle fiscal, dans notre article sur la fiscalité de l'assurance-vie luxembourgeoise après 8 ans — nous ne répétons pas ici la mécanique du formulaire 2778-SD ou de la déclaration 3916-bis, qui y sont déjà traités en détail.
Juridiquement, ce cadre ne distingue à aucun moment un client qui arrive via un courtier d'un client qui appelle lui-même l'assureur. Rien dans le Code des assurances ni dans le droit européen ne réserve l'accès à un contrat luxembourgeois aux seuls clients intermédiés. La seule vigilance légale qui existe dans l'autre sens concerne la démarche commerciale : le Code monétaire et financier encadre strictement le démarchage bancaire et financier (articles L.341-1 et suivants), c'est-à-dire la sollicitation d'un client — quel que soit celui qui en prend l'initiative — en dehors d'un lieu destiné à la commercialisation de produits financiers, et réserve cette activité à des entités précisément habilitées. Ce régime vise avant tout la prospection d'un assureur ou d'un intermédiaire vers un prospect ; il n'a pas vocation à empêcher un client d'appeler, de sa propre initiative, un assureur agréé dans un autre État membre. Autrement dit : la porte légale est ouverte. La question qui suit, et qui occupe le reste de cet article, est de savoir si quelqu'un, de l'autre côté, est disposé à l'ouvrir.
Ce que fait la pratique : une distribution construite autour de l'intermédiaire, pas du guichet
Le Luxembourg n'est pas un marché d'assurance-vie comme les autres : c'est, de très loin, le premier centre européen de distribution transfrontalière de contrats d'assurance-vie. Selon les années et les chiffres retenus, entre un peu plus de 90 % et près de 97 % de la collecte vie luxembourgeoise est réalisée hors des frontières du Grand-Duché — sur les chiffres 2025 relayés par la presse économique luxembourgeoise, 30,3 milliards d'euros sur 31,1 milliards d'euros de primes vie collectées, soit environ 97 %, la France, la Belgique et l'Italie figurant structurellement parmi les tout premiers marchés de destination. Un marché aussi massivement tourné vers l'export n'a jamais eu besoin de construire un réseau de guichets grand public dans chaque pays de destination : il a construit l'inverse, un réseau de distributeurs agréés — courtiers, conseillers en gestion de patrimoine, banques privées, gestionnaires de fortune — qui jouent le rôle que jouerait une agence locale.
Un exemple concret illustre cette architecture mieux qu'une statistique agrégée. Lombard International, compagnie luxembourgeoise historique du segment patrimonial rachetée par le groupe britannique Utmost (acquisition finalisée fin décembre 2024), s'appuie en France sur une structure de distribution dédiée, LIA Patrimoine, basée à Paris — dont la presse économique luxembourgeoise décrit la mission comme la couverture du marché des conseillers en gestion de patrimoine et des banques privées, pas celle d'une clientèle de particuliers en contact direct. Ce n'est pas un choix isolé : nos recherches convergent, à travers de multiples sources indépendantes du secteur du conseil patrimonial elles-mêmes (dont certaines, il faut le noter honnêtement, ont un intérêt commercial évident à présenter l'intermédiaire comme indispensable), sur un même constat : la souscription directe d'un contrat patrimonial luxembourgeois par un particulier qui contacterait seul la compagnie reste, dans l'immense majorité des cas documentés, pratiquement impossible — non pas parce que la loi l'interdit, mais parce que les compagnies elles-mêmes n'ont ni l'organisation commerciale, ni l'intérêt économique, ni souvent le cadre opérationnel (accueil en français, traitement d'un dossier isolé hors de tout flux de distribution habituel) pour la traiter.
Le ticket pratique ne change pas avec le canal. Les seuils d'entrée généralement constatés sur ce segment — de l'ordre de 100 000 € à 250 000 € selon les compagnies et le mode de gestion, sensiblement plus pour un fonds dédié individualisé (FID) — sont les mêmes seuils que ceux déjà cités dans notre page sur l'assurance-vie luxembourgeoise. Ce n'est donc pas un ticket plus élevé qui bloque un accès direct : c'est l'absence, la plupart du temps, de canal pour seulement déposer une demande. La différence entre un profil accepté et un profil refusé ne se joue quasiment jamais sur le montant lui-même, mais sur la façon dont le dossier arrive jusqu'à l'assureur.
Fonction de l'assureur / du droit luxembourgeois | Fonction du canal (direct ou intermédiaire) | |
|---|---|---|
| Triangle de Sécurité (ségrégation des actifs) | Oui, toujours | Non, jamais |
| Super Privilège (rang de créancier en cas de défaut) | Oui, toujours | Non, jamais |
| Neutralité fiscale (imposition selon la résidence) | Oui, toujours | Non, jamais |
| Solidité et notation financière de l'assureur | Oui, toujours | Non, jamais |
| Vérification d'adéquation à votre situation (devoir de conseil) | Non, pas de la même façon | Oui — obligation légale de l'intermédiaire (IDD) |
| Recours distinct en cas d'erreur de conseil (RCP) | Non | Oui, ≥ 1 564 610 € par sinistre |
| Mise en concurrence entre plusieurs compagnies | Non — vous ne voyez que l'offre d'un seul assureur | Possible, selon l'intermédiaire |
- Triangle de Sécurité (ségrégation des actifs)
- Oui, toujours
- Super Privilège (rang de créancier en cas de défaut)
- Oui, toujours
- Neutralité fiscale (imposition selon la résidence)
- Oui, toujours
- Solidité et notation financière de l'assureur
- Oui, toujours
- Vérification d'adéquation à votre situation (devoir de conseil)
- Non, pas de la même façon
- Recours distinct en cas d'erreur de conseil (RCP)
- Non
- Mise en concurrence entre plusieurs compagnies
- Non — vous ne voyez que l'offre d'un seul assureur
- Triangle de Sécurité (ségrégation des actifs)
- Non, jamais
- Super Privilège (rang de créancier en cas de défaut)
- Non, jamais
- Neutralité fiscale (imposition selon la résidence)
- Non, jamais
- Solidité et notation financière de l'assureur
- Non, jamais
- Vérification d'adéquation à votre situation (devoir de conseil)
- Oui — obligation légale de l'intermédiaire (IDD)
- Recours distinct en cas d'erreur de conseil (RCP)
- Oui, ≥ 1 564 610 € par sinistre
- Mise en concurrence entre plusieurs compagnies
- Possible, selon l'intermédiaire
Les quatre premières lignes répondent à une inquiétude légitime mais mal posée : non, passer par un intermédiaire n'ajoute aucune protection sur le Triangle de Sécurité ou le Super Privilège, et aller en direct ne les retire pas non plus. Les trois dernières lignes répondent à la question réellement pertinente — ce que le canal change effectivement.
Ce qu'un intermédiaire agréé apporte, concrètement
Dire que les assureurs filtrent l'accès par le canal de distribution ne répond qu'à moitié à la question. L'autre moitié, plus intéressante, est de savoir ce que ce filtre fait réellement gagner à un client français — au-delà du simple fait d'obtenir un rendez-vous.
Le devoir de conseil et la vérification d'adéquation. La directive IDD impose à tout distributeur d'assurance de recueillir les exigences et les besoins du client et de vérifier la cohérence du contrat proposé avec ces éléments — une obligation de moyens, documentée, qui engage la responsabilité de l'intermédiaire s'il la néglige. Un assureur qui vous vendrait un contrat en exécution simple, sans intermédiaire pour porter cette obligation, n'est pas nécessairement soumis au même niveau d'exigence vis-à-vis de vous — la directive autorise, sous conditions strictes, une forme de vente sans conseil pour des produits jugés non complexes, une exception qui s'applique mal, en pratique, à un contrat multisupport avec fonds dédiés, par construction plus complexe qu'un produit d'épargne standard. Nous présentons ce rapprochement comme une déduction raisonnée à partir du principe général de l'IDD, pas comme une règle que nous aurions vue formulée noir sur blanc pour ce cas précis — un point à faire confirmer au cas par cas plutôt qu'à tenir pour acquis.
Une assurance de responsabilité civile professionnelle chiffrée. Tout courtier immatriculé à l'ORIAS doit justifier, en application de l'article L.512-6 du Code des assurances, d'une assurance de responsabilité civile professionnelle dont les montants minimaux sont fixés au niveau européen et révisés périodiquement pour tenir compte de l'inflation. Depuis le 9 octobre 2024, en application du règlement délégué (UE) 2024/896 de la Commission européenne, ces montants s'élèvent à 1 564 610 € par sinistre et 2 315 610 € par année d'assurance. C'est un filet qui n'existe, par construction, que parce qu'un intermédiaire s'est interposé dans la vente — un assureur qui vous vendrait en direct reste lui-même responsable de ses propres manquements, mais cette couche de recours supplémentaire, spécifique au métier d'intermédiaire, disparaît avec lui.
Les obligations de vigilance anti-blanchiment. Les courtiers en assurance figurent, au même titre que les assureurs eux-mêmes, parmi les professions assujetties aux obligations de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme de l'article L.561-2 du Code monétaire et financier — vérification d'identité, vigilance sur l'origine des fonds, déclaration de soupçon à TRACFIN le cas échéant. Ce n'est pas un argument commercial : c'est une couche de contrôle supplémentaire, redondante par construction avec celle de l'assureur, pas une alternative à elle.
La langue, les documents, le suivi dans la durée. Un point plus trivial mais réel en pratique : le fonctionnement opérationnel courant d'un assureur luxembourgeois — interlocuteurs, documents contractuels, parfois le service client lui-même — n'est pas toujours pensé pour un dossier isolé traité en français, hors de tout flux de distribution habituel. Un intermédiaire absorbe cette friction ; sans lui, elle retombe entièrement sur le souscripteur.
Ce qu'un intermédiaire n'apporte en revanche pas automatiquement, et que nous ne voulons pas laisser croire implicitement ici : un accompagnement sur les obligations déclaratives françaises propres à un contrat étranger (déclaration annuelle 3916-bis, autoliquidation 2778-SD au moment d'un rachat). Ces démarches restent, dans la plupart des cas, à la charge du souscripteur lui-même, intermédiaire ou non — un point que nous détaillons intégralement, avec le calcul complet et les sanctions encourues en cas d'oubli, dans notre article sur la fiscalité après 8 ans.
Contact direct | Via un intermédiaire agréé | |
|---|---|---|
| Accès réel pour un particulier (hors profil très qualifié) | Rarement accepté en pratique | Voie normale du marché |
| Ticket d'entrée pratique | Identique s'il est accepté (≈ 100-250 k€) | ≈ 100-250 k€, parfois négocié |
| Vérification d'adéquation produit-situation | Non garantie légalement | Obligation IDD de l'intermédiaire |
| Vigilance anti-blanchiment (LCB-FT) | Assurée par l'assureur, à son niveau | Double niveau : assureur + intermédiaire |
| Recours en cas d'erreur de conseil | Contre l'assureur seul, droit commun | RCP dédiée ≥ 1 564 610 € / sinistre |
| Mise en concurrence entre compagnies | Une seule offre visible | Comparaison possible |
| Langue de travail et suivi des documents | Souvent l'anglais ou l'allemand, à votre charge | Accompagnement en français |
| Déclarations fiscales françaises (3916-bis, 2778-SD) | À votre charge, sans alerte | À votre charge dans tous les cas, avec rappel possible |
| Coût total constaté | Pas de tarif « sans commission » observé | Grille généralement identique |
- Accès réel pour un particulier (hors profil très qualifié)
- Rarement accepté en pratique
- Ticket d'entrée pratique
- Identique s'il est accepté (≈ 100-250 k€)
- Vérification d'adéquation produit-situation
- Non garantie légalement
- Vigilance anti-blanchiment (LCB-FT)
- Assurée par l'assureur, à son niveau
- Recours en cas d'erreur de conseil
- Contre l'assureur seul, droit commun
- Mise en concurrence entre compagnies
- Une seule offre visible
- Langue de travail et suivi des documents
- Souvent l'anglais ou l'allemand, à votre charge
- Déclarations fiscales françaises (3916-bis, 2778-SD)
- À votre charge, sans alerte
- Coût total constaté
- Pas de tarif « sans commission » observé
- Accès réel pour un particulier (hors profil très qualifié)
- Voie normale du marché
- Ticket d'entrée pratique
- ≈ 100-250 k€, parfois négocié
- Vérification d'adéquation produit-situation
- Obligation IDD de l'intermédiaire
- Vigilance anti-blanchiment (LCB-FT)
- Double niveau : assureur + intermédiaire
- Recours en cas d'erreur de conseil
- RCP dédiée ≥ 1 564 610 € / sinistre
- Mise en concurrence entre compagnies
- Comparaison possible
- Langue de travail et suivi des documents
- Accompagnement en français
- Déclarations fiscales françaises (3916-bis, 2778-SD)
- À votre charge dans tous les cas, avec rappel possible
- Coût total constaté
- Grille généralement identique
La ligne « coût total » est une déduction logique, pas une donnée chiffrée vérifiée : aucune grille tarifaire publique d'un assureur luxembourgeois n'affiche de tarif « sans intermédiaire » à comparer — ce qui tient largement à la première ligne de ce tableau. La ligne « déclarations fiscales » reste à votre charge dans les deux colonnes : la différence est l'existence ou non d'un rappel, jamais le montant dû.
Le raisonnement « j'économise la commission » tient-il ?
C'est l'argument intuitif qui motive souvent la démarche : si l'intermédiaire est rémunéré par l'assureur sur mon contrat, le supprimer devrait mécaniquement faire baisser le coût. Le raisonnement est logique, mais nous n'avons trouvé aucune donnée publique qui le vérifie dans les faits, pour une raison assez simple à comprendre une fois énoncée : la rémunération d'un intermédiaire (frais d'entrée et rétrocession sur les frais de gestion) est structurellement intégrée à l'économie du produit lui-même, pas ajoutée par-dessus un prix plancher auquel vous auriez accès en l'absence de tout distributeur. Rien n'indique qu'un assureur disposerait d'une grille tarifaire « nette de commission » qu'il appliquerait spontanément à un client arrivé seul — d'autant que, comme développé plus haut, ce client arrive rarement jusqu'à la case tarification. Ce point reste une déduction raisonnée plutôt qu'un fait chiffré : nous préférons le signaler comme tel plutôt que de l'affirmer comme un argument massue en faveur de l'intermédiation.
Sur notre propre modèle, la question se vérifie d'ailleurs de façon transparente plutôt que par déduction : notre barème est public, dégressif par tranches, et nos rétrocessions sont déclarées ligne à ligne dans chaque proposition écrite avant signature — ce n'est pas une rémunération cachée qu'un client avisé pourrait espérer éviter en nous contournant, c'est un coût affiché que chacun peut comparer avant de décider.
Les profils où un accès plus direct a réellement un sens
Il serait malhonnête de prétendre que la distinction direct/intermédiaire disparaît totalement au sommet du marché patrimonial — elle s'y transforme plutôt qu'elle n'y disparaît. Une famille déjà suivie par une banque privée internationale ou un family office, avec un capital de plusieurs millions d'euros déjà structuré, n'a généralement pas besoin d'aller chercher un courtier indépendant supplémentaire : son banquier privé ou son family office peut porter directement la relation avec l'assureur luxembourgeois, parfois jusqu'à la structuration d'un fonds dédié individualisé (FID) sur mesure. De la même façon, un investisseur avec une expérience financière avérée et une relation déjà ancienne avec une maison de gestion suisse ou luxembourgeoise présente sur place accède souvent plus vite et plus simplement qu'un particulier qui découvre le sujet.
Mais il faut nommer précisément ce qui change dans ces cas, pour ne pas entretenir une confusion : ce n'est presque jamais « plus personne entre le client et l'assureur ». C'est que le rôle d'intermédiaire est déjà rempli par un acteur que le client connaît et rémunère par ailleurs — sa banque privée, son family office, son gérant de fortune — lui-même soumis aux mêmes obligations de conseil et de vigilance qu'un courtier indépendant. La vraie bascule à ce niveau de patrimoine n'est donc pas « intermédiaire ou pas », c'est « intermédiaire indépendant choisi pour l'occasion, ou intermédiaire déjà intégré à une gestion de fortune existante ». Pour la grande majorité des épargnants qui n'ont pas encore cette relation établie — ce qui concerne, par définition, la plupart des lecteurs qui envisagent justement de « court-circuiter » un premier interlocuteur français — cette option n'existe simplement pas encore.
- Aucune vérification d'adéquation si vous trouvez un assureur qui accepteSans intermédiaire soumis au devoir de conseil, rien ne garantit qu'une évaluation formelle de vos besoins et de votre profil de risque ait été faite avant la signature — vous découvrez l'inadéquation éventuelle a posteriori, pas avant.
- Aucun recours RCP distinct en cas d'erreurL'assureur reste responsable de ses propres manquements, mais la couche de recours spécifique à l'intermédiation — une RCP chiffrée, mobilisable indépendamment de la solvabilité de l'assureur — n'existe que si un intermédiaire s'est interposé dans la vente.
- Les démarches fiscales françaises restent entières, sans personne pour les rappelerDéclaration annuelle 3916-bis et autoliquidation 2778-SD au rachat ne dépendent pas de la présence d'un intermédiaire — mais sans lui, personne n'est là pour vous alerter de l'échéance avant la sanction de 1 500 € par contrat et par année omise.
- Une seule offre visible, sans mise en concurrenceUn particulier qui négocie seul avec un unique assureur ne peut, par définition, pas comparer sa proposition à celle d'une compagnie concurrente sur son propre dossier — l'un des rôles les plus concrets, et les plus souvent sous-estimés, d'un bon intermédiaire.
Vérification indépendante : le registre ORIAS pour tout intermédiaire français, le registre REGAFI de l'ACPR pour toute entité opérant en France y compris par passeport européen, et la liste des compagnies agréées publiée par le Commissariat aux Assurances luxembourgeois.
Questions fréquentes
Est-il légal de contacter directement un assureur luxembourgeois, sans passer par un intermédiaire français ?+
Oui, sans ambiguïté. Le marché européen de l'assurance-vie repose sur la libre prestation de services (LPS) : un assureur agréé dans un État membre peut commercialiser ses contrats dans toute l'Union, et rien dans le droit français ou européen n'interdit à un résident français de le contacter de sa propre initiative. La vraie question n'est jamais celle du droit, c'est celle de savoir si l'assureur, en face, acceptera de vous recevoir.
Un assureur luxembourgeois acceptera-t-il de vous recevoir si vous l'appelez vous-même, sans intermédiaire ?+
Dans l'immense majorité des cas, non — pas pour un motif juridique, mais commercial et opérationnel. Les grandes compagnies patrimoniales luxembourgeoises (Wealins, Cardif Lux Vie, OneLife, Lombard International devenu Utmost, entre autres) structurent leur activité française autour d'un réseau d'intermédiaires agréés — courtiers, CGP, banques privées — plutôt qu'autour d'un guichet ouvert au grand public. Ce n'est pas propre au Luxembourg : avec 90 % à plus de 95 % de son activité vie réalisée hors de ses frontières selon les années, le pays a construit tout son modèle autour de la distribution intermédiée, pas de la vente directe.
Quel est le ticket d'entrée si vous n'avez pas d'intermédiaire ?+
La question se pose rarement en ces termes, parce qu'il n'existe généralement aucun tarif « accès direct » distinct à comparer : le ticket pratique constaté sur le marché (de l'ordre de 100 000 € à 250 000 € selon les compagnies, davantage pour un fonds dédié individualisé) s'applique que vous arriviez via un courtier ou non. Ce qui change avec l'absence d'intermédiaire, ce n'est pas le montant du ticket — c'est la probabilité d'obtenir un rendez-vous du tout.
Aller en direct permet-il d'économiser la commission de l'intermédiaire ?+
C'est un raisonnement logique, mais nous n'avons trouvé aucune grille tarifaire publique d'un assureur luxembourgeois qui le confirme chiffres à l'appui — pour la raison simple qu'un tarif comparable « sans intermédiaire » n'existe, dans la plupart des cas, pas du tout. La rémunération de l'intermédiaire est structurellement intégrée aux frais de gestion du contrat, pas ajoutée par-dessus un prix de base plus bas : rien n'indique qu'elle disparaîtrait si vous pouviez vous passer de lui. Nous présentons ce point comme une déduction raisonnée, pas comme une économie démontrée.
Le Triangle de Sécurité et le Super Privilège sont-ils plus faibles si vous passez par un courtier, ou plus forts si vous allez en direct ?+
Ni l'un ni l'autre : ces protections ne dépendent à aucun moment du canal de souscription. Le Triangle de Sécurité, le Super Privilège et la neutralité fiscale sont des mécanismes attachés à l'assureur et au droit luxembourgeois lui-même — ils s'appliquent identiquement, que votre contrat ait été ouvert par un courtier, un CGP, une banque privée ou, dans les rares cas où c'est possible, directement par vous. Affirmer le contraire dans un sens ou dans l'autre serait malhonnête.
Qu'apporte concrètement un intermédiaire agréé que vous ne pourriez pas vérifier vous-même en direct ?+
Trois choses précises, toutes documentées et vérifiables. Un devoir de conseil légalement opposable (directive IDD, transposée en droit français) : l'intermédiaire doit évaluer vos exigences et vos besoins et vérifier que le contrat vous convient, une obligation qui ne pèse pas de la même façon sur un assureur qui vous vend en direct. Une assurance de responsabilité civile professionnelle obligatoire d'au moins 1 564 610 € par sinistre et 2 315 610 € par an (montants en vigueur depuis le 9 octobre 2024, révisés périodiquement au niveau européen). Et un assujettissement aux obligations de vigilance anti-blanchiment du Code monétaire et financier, en plus de celles de l'assureur.
Si vous souscrivez en direct, qui vous aide pour les déclarations fiscales françaises (3916-bis, 2778-SD) ?+
Personne, par défaut — et c'est vrai aussi avec un intermédiaire, dans une large mesure : ces démarches restent légalement à la charge du souscripteur, intermédiaire ou non, comme nous le détaillons dans notre article sur la fiscalité de l'assurance-vie luxembourgeoise après 8 ans. Un bon intermédiaire vous rappelle l'échéance et vérifie avec vous si l'assureur a désigné un représentant fiscal en France ; en l'absence totale d'accompagnement, c'est une charge mentale et un risque d'oubli que vous portez seul, sans personne pour vous alerter avant la date limite.
Existe-t-il des profils pour qui un accès plus direct a réellement un sens ?+
Oui, mais la nuance compte : au sommet du marché (famille déjà suivie par une banque privée ou un family office, tickets de plusieurs millions d'euros), l'accès est souvent plus direct dans le sens où il n'y a pas de courtier indépendant tiers à proprement parler — mais ce n'est presque jamais « personne entre vous et l'assureur ». C'est le banquier privé ou le family office, eux-mêmes intermédiaires agréés, qui portent la relation. La vraie bascule à ce niveau n'est pas « avec ou sans intermédiaire », c'est « intermédiaire indépendant ou intermédiaire déjà intégré à votre gestion de fortune existante ».
Comment vérifier qu'un assureur qui vous propose un contrat est bien autorisé à le faire en France ?+
Deux registres publics et gratuits, aucun compte requis : le registre REGAFI de l'ACPR, qui recense les entités autorisées à opérer en France y compris par passeport européen, et la liste des compagnies agréées publiée par le Commissariat aux Assurances luxembourgeois. Une absence dans ces deux registres est un signal d'alerte immédiat — c'est exactement la configuration des mises en garde publiques que l'ACPR publie contre des acteurs qui commercialisent de l'assurance en France sans y être autorisés.
Comment vérifier qu'un courtier ou un CGP qui vous démarche est lui-même en règle ?+
Le registre ORIAS (orias.fr), consultable librement, indique si la personne ou la société est immatriculée, dans quelle catégorie exacte (courtier, agent, mandataire) et depuis quand — c'est la vérification que nous recommandons sur chacune de nos pages, y compris pour nous-mêmes. L'immatriculation ne garantit ni la qualité du conseil ni la performance d'un produit, mais elle atteste la capacité professionnelle, l'honorabilité et l'assurance de responsabilité civile professionnelle exigées avant d'exercer.
Avant d'appeler vous-même un assureur luxembourgeois
Nous vérifions avec vous si votre capital et votre projet correspondent au profil que les compagnies luxembourgeoises acceptent en direct, ou si le temps perdu à essayer dépasse largement celui d'un accompagnement agréé — y compris si la réponse honnête est que votre profil justifierait de toute façon de rester en France.
Créneau au choix dès l'envoi du formulaire · Confidentiel · Sans démarchage
Page produit : Assurance-vie Luxembourg
Triangle de sécurité, Super Privilège, seuil pratique de 250 000 € — la mécanique complète.
La fiscalité exacte après 8 ans, calcul complet
Le formulaire 2778-SD et la déclaration 3916-bis, détaillés en profondeur — non répétés ici.
Les critères des meilleurs contrats
Cinq critères objectifs pour juger n'importe quelle proposition, au-delà du seul canal d'accès.
Ce que le Triangle de sécurité ne couvre pas
Une protection réelle, mais qui ne dépend ni de l'intermédiaire ni du canal de souscription.
Notre statut : courtier en assurance, ORIAS 25005915
Ce que le registre ORIAS garantit réellement, et ce que nous refusons de vendre.
ACPR, AMF, médiation en cas de litige
Les recours gratuits qui existent avant tout procès, avec n'importe quel professionnel.