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Calculer mon plafond PER selon mon statut exactLe calcul du plafond de déduction PER pour un travailleur non salarié tient, dans sa version générale, en une phrase — voir notre article sur le calcul du plafond de déduction PER. Cette phrase soulève une question qu'elle ne résout pas : qu'est-ce, exactement, que le « bénéfice imposable » pour un artisan en BIC, un professionnel libéral en BNC, un entrepreneur individuel qui a opté pour l'impôt sur les sociétés, ou un gérant majoritaire de SARL ? La réponse n'est pas la même selon le statut — parfois parce que la loi le prévoit explicitement, parfois parce que deux statuts appliquent en réalité la même règle sous un formulaire différent, ce qui mérite d'être dit aussi clairement que les cas où la différence est réelle. Cet article répertorie, statut par statut, la définition exacte retenue, le formulaire et la case de déclaration, et ce que cela change en euros.
Le rappel : une formule, deux plafonds selon le régime social
Deux plafonds coexistent selon l'affiliation sociale. Un salarié ou un dirigeant assimilé salarié suit l'article 163 quatervicies du CGI : 10 % du revenu professionnel net de l'année précédente, retenu dans la limite de 8 PASS, avec un plancher de 10 % du PASS. Un travailleur non salarié suit l'article 154 bis : 10 % du bénéfice imposable dans la même limite de 8 PASS, majoré de 15 % supplémentaires sur la tranche comprise entre 1 et 8 PASS — le détail de cette formule et son report sur 5 ans depuis la loi de finances pour 2026 font l'objet de notre article général, auquel cette page ne revient pas. Avec un PASS 2026 fixé à 48 060 €, le plafond TNS maximal atteint 88 911 € (à 8 PASS de bénéfice) contre 38 448 € pour un salarié au même niveau de revenu — un écart qui n'a de sens que si l'on sait, statut par statut, ce que « bénéfice imposable » désigne réellement. C'est l'objet des sections qui suivent. Une précision avant d'y entrer : connaître son plafond exact ne dit rien de l'intérêt réel du versement, qui dépend d'abord de la tranche marginale d'imposition — voir nos démonstrations chiffrées sur le PER en TMI 41 % et sur le piège du PER en TMI 11 %.
BIC au réel : le bénéfice de la liasse 2031, pas celui du relevé bancaire
Pour un artisan ou un commerçant au régime réel (normal ou simplifié), le bénéfice imposable retenu pour le plafond PER est le résultat fiscal figurant en première page de la liasse 2031 — un résultat comptable retraité fiscalement (réintégrations, déductions), pas le solde du compte professionnel. Ce résultat se reporte ensuite sur la 2042-C-PRO, en case 5KC pour un exploitant adhérent à un organisme de gestion agréé (OGA), avec un cas dégradé (majoration de 25 % avant application du barème) en l'absence d'adhésion. Les cotisations Madelin ou PER volontaires que l'exploitant se verse à lui-même se déduisent directement dans la liasse, parmi les charges sociales personnelles ; la fraction qui dépasse le plafond doit être réintégrée extra-comptablement (formulaire 2058-A, ligne dédiée aux réintégrations diverses).
Exemple : un plombier-chauffagiste artisan dégage un bénéfice imposable BIC réel de 65 000 € au titre de l'année précédente. Son plafond de déduction s'établit à 10 % × 65 000 € (6 500 €) + 15 % × (65 000 € − 48 060 €), soit 15 % × 16 940 € (2 541 €) — un plafond total de 9 041 €, calcul dérivé du cabinet à partir de la formule légale. La doctrine administrative qui précise cette définition du bénéfice imposable retenu, statut par statut, figure au BOFiP, BOI-IR-BASE-20-50-20.
BNC en déclaration contrôlée : la 2035, et une formule qui ne change pas
Pour un professionnel libéral en déclaration contrôlée (avocat, consultant, professionnel de santé non conventionné secteur 1, etc.), le bénéfice imposable est le résultat de l'annexe 2035 (lignes de synthèse 46-47), reporté en case 5QC de la 2042-C-PRO en cas de bénéfice (5QE en cas de déficit). Les cotisations sociales obligatoires (URSSAF, caisse de retraite type CIPAV ou CARMF, CSG déductible) figurent en case BT de la 2035-A ; les cotisations Madelin facultatives (santé, prévoyance, anciens contrats retraite Madelin) en case BZ ; les versements sur un PER individuel, en case BU, dédiée depuis que le PER a vocation à remplacer les anciens contrats Madelin retraite.
Sur le fond, la formule du plafond ne diffère en rien de celle d'un BIC réel : c'est la même définition du « bénéfice imposable », la même limite de 8 PASS, la même majoration de 15 %. Un professionnel libéral avec 95 000 € de bénéfice imposable calcule un plafond de 10 % × 95 000 € (9 500 €) + 15 % × (95 000 € − 48 060 €), soit 15 % × 46 940 € (7 041 €) — 16 541 € au total, calcul dérivé du cabinet. La seule différence réelle entre BIC réel et BNC tient au formulaire et à la case de déclaration, jamais au montant du plafond pour un même niveau de bénéfice : présenter cela comme une divergence de fond serait inexact.
Le régime micro : un plafond bridé par l'abattement forfaitaire, pas par la loi
En micro-BIC ou micro-BNC, le « bénéfice imposable » qui sert de base au plafond PER n'est pas le chiffre d'affaires encaissé : c'est ce chiffre d'affaires diminué d'un abattement forfaitaire cadastral (71 % pour la vente de marchandises, 50 % pour les prestations de services BIC, 34 % pour les activités libérales BNC), sans lien avec les charges réelles engagées. La formule légale de l'article 154 bis s'applique ensuite à ce bénéfice déjà réduit — ce qui explique qu'un indépendant en micro atteigne rarement, à chiffre d'affaires égal, le même plafond qu'au régime réel.
Micro-BIC services Abattement forfaitaire 50 % | BIC réel Charges réelles hypothèse 25 % du CA | |
|---|---|---|
| Bénéfice imposable retenu | 41 500 € | 62 250 € |
| Calcul du plafond | 10 % × 41 500 € = 4 150 € (sous le plancher légal) | 10 % × 62 250 € + 15 % × 14 190 € = 6 225 € + 2 129 € |
| Plafond de déduction obtenu | 4 806 € (plancher de 10 % du PASS) | 8 354 € |
- Bénéfice imposable retenu
- 41 500 €
- Calcul du plafond
- 10 % × 41 500 € = 4 150 € (sous le plancher légal)
- Plafond de déduction obtenu
- 4 806 € (plancher de 10 % du PASS)
- Bénéfice imposable retenu
- 62 250 €
- Calcul du plafond
- 10 % × 62 250 € + 15 % × 14 190 € = 6 225 € + 2 129 €
- Plafond de déduction obtenu
- 8 354 €
Calcul dérivé du cabinet, PASS 2026 = 48 060 €. L'écart de 3 548 € ne joue en faveur du réel que si les charges réelles sont inférieures à l'abattement forfaitaire — c'est l'inverse qui se produit si les charges réelles dépassent 50 % du chiffre d'affaires : le bénéfice réel serait alors plus bas que le bénéfice micro, et le plafond PER diminuerait en passant au réel. Le choix du régime ne doit jamais se faire sur ce seul critère.
L'entreprise individuelle depuis 2022 : IR par défaut, IS sur option — un changement d'assiette
La loi n° 2022-172 du 14 février 2022 a mis fin à la création de nouvelles EIRL et créé un statut unique d'entrepreneur individuel, entré en vigueur le 15 mai 2022 : un patrimoine professionnel distinct du patrimoine personnel par défaut, sans qu'il soit nécessaire de créer une structure séparée. Par défaut, l'EI reste imposée à l'impôt sur le revenu dans la catégorie BIC ou BNC — le plafond PER suit alors exactement les règles décrites plus haut, bénéfice imposable total de l'activité, sans particularité.
La même loi a ouvert la possibilité, pour l'EI au réel, d'opter pour l'assimilation fiscale à une EURL (article 1655 sexies du CGI) et donc pour l'impôt sur les sociétés. Cette option ne crée aucune personne morale nouvelle, mais elle change radicalement l'assiette du plafond PER : l'entrepreneur reste socialement TNS, mais sa rémunération personnelle relève désormais du régime de l'article 62 du CGI, exactement comme celle d'un gérant majoritaire d'EURL. Le bénéfice qui reste dans l'entreprise, taxé à l'IS et non distribué, sort purement et simplement de la base du plafond PER personnel.
EI à l'IR Régime par défaut | EI à l'IS Option art. 1655 sexies CGI | |
|---|---|---|
| Bénéfice total de l'activité | 150 000 € | 150 000 € (dont 90 000 € restent dans l'IS) |
| Base retenue pour le plafond PER | 150 000 € (bénéfice imposable intégral) | ≈ 48 994 € (rémunération retraitée, cf. calcul du gérant majoritaire) |
| Calcul du plafond | 10 % × 150 000 € + 15 % × (150 000 € − 48 060 €) | 10 % × 48 994 € + 15 % × 934 € |
| Plafond de déduction obtenu | 30 291 € | ≈ 5 039 € |
- Bénéfice total de l'activité
- 150 000 €
- Base retenue pour le plafond PER
- 150 000 € (bénéfice imposable intégral)
- Calcul du plafond
- 10 % × 150 000 € + 15 % × (150 000 € − 48 060 €)
- Plafond de déduction obtenu
- 30 291 €
- Bénéfice total de l'activité
- 150 000 € (dont 90 000 € restent dans l'IS)
- Base retenue pour le plafond PER
- ≈ 48 994 € (rémunération retraitée, cf. calcul du gérant majoritaire)
- Calcul du plafond
- 10 % × 48 994 € + 15 % × 934 €
- Plafond de déduction obtenu
- ≈ 5 039 €
Calcul dérivé du cabinet, hypothèse de travail : rémunération versée de 60 000 €, charges sociales TNS approximées à 42 % de la rémunération nette (fourchette usuelle 41-45 % évoquée pour 2026), CSG/CRDS non déductible et cotisations PER de l'année réintégrées selon le mécanisme détaillé plus bas pour le gérant majoritaire. L'écart de 25 252 € n'est pas une anomalie : c'est la conséquence logique de laisser le bénéfice dans une structure taxée à l'IS plutôt que de se le verser en rémunération — un arbitrage qui a un sens fiscal propre (lissage de l'IS), mais qui a un coût sur le plafond PER personnel, rarement chiffré au moment de l'option.
Le gérant majoritaire de SARL ou d'EURL à l'IS : l'article 62, trois réintégrations à connaître
Un gérant est majoritaire, au sens social, s'il détient avec son foyer fiscal et les membres de sa famille proche plus de la moitié du capital de la SARL ou de l'EURL. Sa rémunération de gérance relève alors de l'article 62 du CGI — imposée comme un salaire, mais sans en être un socialement : le gérant majoritaire cotise au régime des travailleurs indépendants (URSSAF/SSI), pas au régime général. La base retenue pour le plafond PER n'est jamais le bénéfice de la société : c'est sa rémunération, retraitée en trois étapes que l'administration a précisées par rescrit — rémunération nette de cotisations sociales obligatoires, augmentée de la CSG/CRDS non déductible, elle-même augmentée des cotisations Madelin ou PER versées dans l'année (traitées comme un supplément de rémunération pour ce seul calcul). Les dividendes, même partiellement soumis à cotisations sociales au-delà de 10 % du capital et des primes d'émission, restent hors de cette base : ce sont des revenus de capitaux mobiliers, pas une rémunération professionnelle.
L'assiette sociale elle-même a été simplifiée par la réforme 2026 de l'assiette des travailleurs indépendants, qui introduit une base unique avec abattement forfaitaire automatique de 26 % (encadré par un plancher de 1,76 % du PASS et un plafond de 130 % du PASS) pour remplacer l'ancien calcul itératif fondé sur la CSG déductible — un mécanisme dont le périmètre exact d'application aux gérants majoritaires reste à confirmer au cas par cas avec l'expert-comptable, la documentation disponible restant encore incomplète sur ce point au moment de la rédaction.
Montant retenu | |
|---|---|
| Rémunération brute annuelle votée en assemblée | 100 000 € |
| Cotisations sociales obligatoires (hypothèse 42 % de la rémunération nette) | ≈ 29 600 € |
| Rémunération nette imposable | ≈ 70 400 € |
| + CSG/CRDS non déductible (réintégrée, ≈ 2,9 % du revenu d'activité) | ≈ 2 900 € |
| + Cotisations Madelin/PER versées dans l'année (réintégrées) | 9 000 € |
| Base retenue pour le plafond de l'article 154 bis | ≈ 82 300 € |
| Calcul : 10 % × 82 300 € + 15 % × (82 300 € − 48 060 €) | 8 230 € + 5 136 € |
| Plafond de déduction obtenu | ≈ 13 366 € |
| Marge non utilisée cette année (9 000 € versés) | ≈ 4 366 €, reportable 5 ans |
- Rémunération brute annuelle votée en assemblée
- 100 000 €
- Cotisations sociales obligatoires (hypothèse 42 % de la rémunération nette)
- ≈ 29 600 €
- Rémunération nette imposable
- ≈ 70 400 €
- + CSG/CRDS non déductible (réintégrée, ≈ 2,9 % du revenu d'activité)
- ≈ 2 900 €
- + Cotisations Madelin/PER versées dans l'année (réintégrées)
- 9 000 €
- Base retenue pour le plafond de l'article 154 bis
- ≈ 82 300 €
- Calcul : 10 % × 82 300 € + 15 % × (82 300 € − 48 060 €)
- 8 230 € + 5 136 €
- Plafond de déduction obtenu
- ≈ 13 366 €
- Marge non utilisée cette année (9 000 € versés)
- ≈ 4 366 €, reportable 5 ans
Calcul dérivé du cabinet, hypothèse de travail sur le taux global de charges sociales TNS (fourchette usuelle 41-45 % de la rémunération nette citée par les professionnels du secteur pour 2026 ; la réforme 2026 de l'assiette sociale des indépendants en modifie le détail de calcul sans changer le principe des trois réintégrations). Un calcul exact suppose une simulation URSSAF/expert-comptable individuelle — les cotisations réelles dépendent du niveau de revenu par tranche, pas d'un taux moyen unique. La marge non utilisée suit le report sur 5 ans détaillé dans notre article général sur le plafond PER.
Le gérant minoritaire ou égalitaire : un régime entièrement différent
Un gérant qui détient la moitié ou moins du capital (seul ou avec son foyer fiscal) est assimilé salarié : il cotise au régime général et à l'Agirc-Arrco, pas au régime des indépendants. Son plafond PER ne relève plus de l'article 154 bis mais de l'article 163 quatervicies — le régime commun décrit dans notre article général, sans la majoration de 15 % réservée aux TNS. C'est le point de vigilance le plus coûteux de cet article : la confusion entre gérant majoritaire et minoritaire est fréquente, en particulier dans les SARL familiales où la répartition du capital évolue (donation de parts, entrée d'un associé) sans que le mode de calcul du plafond PER soit réexaminé.
Sur une rémunération nette identique de 70 000 € avant abattement, la formule salarié donne un plafond de 10 % × 63 000 € (70 000 € après l'abattement forfaitaire de 10 % pour frais professionnels), soit 6 300 €. Appliquer par erreur la formule TNS sur la même base donnerait 10 % × 70 000 € + 15 % × 21 940 €, soit 10 291 € — un plafond surestimé de 3 991 €, calcul dérivé du cabinet, qui expose la fraction versée en trop à une remise en cause en cas de contrôle.
Les sociétés d'exercice libéral : SELARL comme une SARL, SELAS comme une SAS
La forme juridique de la société d'exercice libéral détermine le régime social du dirigeant, pas seulement la répartition du capital. En SELARL, la règle est identique à celle d'une SARL classique : gérant majoritaire, TNS et article 154 bis ; gérant minoritaire ou égalitaire, assimilé salarié et article 163 quatervicies. En SELAS, en revanche, le président est assimilé salarié par construction, quelle que soit sa part de capital — y compris s'il détient 100 % des actions — parce que ce statut découle de la forme de société par actions simplifiée elle-même, pas d'un test de majorité. Un professionnel libéral qui transforme son exercice individuel ou sa SELARL en SELAS pour des raisons de gouvernance perd, sans le décider explicitement, l'accès au plafond TNS majoré de 15 % sur sa rémunération de président.
Tableau récapitulatif : formulaire, case, base et régime par statut
Le tableau suivant reprend les cinq statuts les plus fréquemment rencontrés sur une base commune de 80 000 € — bénéfice imposable pour les trois premiers, rémunération nette avant réintégrations pour le gérant majoritaire, rémunération nette avant abattement pour le gérant minoritaire — afin d'isoler l'effet du seul statut sur le plafond obtenu.
BIC réel | BNC décl. contrôlée | EI à l'IR | Gérant majoritaire IS Base simplifiée | Gérant minoritaire Assimilé salarié | |
|---|---|---|---|---|---|
| Formulaire de référence | 2031 / 2033 | Annexe 2035 | 2031 ou 2035 selon activité | DSN + 2042-C-PRO | DSN + 2042 |
| Case sur la 2042-C-PRO | 5KC (adhérent OGA) | 5QC | 5KC ou 5QC selon activité | 1GB (art. 62 CGI) | 1AJ / 1BJ (salaires) |
| Base retenue | Bénéfice imposable | Bénéfice imposable | Bénéfice imposable total | Rémunération nette retraitée | Rémunération nette − abattement 10 % |
| Calcul sur la base commune | 8 000 € + 4 791 € | 8 000 € + 4 791 € | 8 000 € + 4 791 € | 8 000 € + 4 791 € | 10 % × 72 000 € |
| Plafond obtenu | 12 791 € | 12 791 € | 12 791 € | 12 791 € | 7 200 € |
| Régime légal | Art. 154 bis CGI | Art. 154 bis CGI | Art. 154 bis CGI | Art. 154 bis CGI | Art. 163 quatervicies CGI |
- Formulaire de référence
- 2031 / 2033
- Case sur la 2042-C-PRO
- 5KC (adhérent OGA)
- Base retenue
- Bénéfice imposable
- Calcul sur la base commune
- 8 000 € + 4 791 €
- Plafond obtenu
- 12 791 €
- Régime légal
- Art. 154 bis CGI
- Formulaire de référence
- Annexe 2035
- Case sur la 2042-C-PRO
- 5QC
- Base retenue
- Bénéfice imposable
- Calcul sur la base commune
- 8 000 € + 4 791 €
- Plafond obtenu
- 12 791 €
- Régime légal
- Art. 154 bis CGI
- Formulaire de référence
- 2031 ou 2035 selon activité
- Case sur la 2042-C-PRO
- 5KC ou 5QC selon activité
- Base retenue
- Bénéfice imposable total
- Calcul sur la base commune
- 8 000 € + 4 791 €
- Plafond obtenu
- 12 791 €
- Régime légal
- Art. 154 bis CGI
- Formulaire de référence
- DSN + 2042-C-PRO
- Case sur la 2042-C-PRO
- 1GB (art. 62 CGI)
- Base retenue
- Rémunération nette retraitée
- Calcul sur la base commune
- 8 000 € + 4 791 €
- Plafond obtenu
- 12 791 €
- Régime légal
- Art. 154 bis CGI
- Formulaire de référence
- DSN + 2042
- Case sur la 2042-C-PRO
- 1AJ / 1BJ (salaires)
- Base retenue
- Rémunération nette − abattement 10 %
- Calcul sur la base commune
- 10 % × 72 000 €
- Plafond obtenu
- 7 200 €
- Régime légal
- Art. 163 quatervicies CGI
Calcul dérivé du cabinet, PASS 2026 = 48 060 €. Les trois premières colonnes donnent un plafond rigoureusement identique à bénéfice imposable identique : la différence entre BIC réel, BNC et EI à l'IR n'est jamais dans le montant du plafond, seulement dans le formulaire et la case. La colonne gérant majoritaire utilise ici la même base de 80 000 € par simplification ; en pratique, la base réelle intègre les réintégrations détaillées plus haut (CSG/CRDS non déductible, cotisations Madelin/PER de l'année), qui la relèvent légèrement — voir le calcul détaillé sur 100 000 € de rémunération brute. Cases 5KC/5QC/1GB à vérifier chaque année sur la notice officielle de la déclaration.
BIC/BNC (réel ou micro) | EI à l'IS | Gérant majoritaire | Gérant minoritaire | Président de SELAS | |
|---|---|---|---|---|---|
| Erreur la plus fréquente | Confondre bénéfice micro (déjà réduit) et bénéfice réel | Retenir le bénéfice total de la société plutôt que la seule rémunération versée | Inclure les dividendes, ou omettre la CSG/CRDS non déductible et les cotisations Madelin/PER | Appliquer la formule TNS (10 % + 15 %) au lieu du plafond salarié | Croire que la détention majoritaire du capital donne le régime TNS, comme en SELARL |
| Conséquence chiffrée | Plafond limité au plancher de 4 806 € malgré un bénéfice réel supérieur | Plafond personnel proche de 5 000 € alors que la société dégage 150 000 € de bénéfice | Base sur- ou sous-évaluée de plusieurs milliers d'euros selon le sens de l'erreur | Plafond surestimé d'environ 3 991 € sur une rémunération de 70 000 € | Perte totale de la majoration de 15 %, quel que soit le montant détenu |
- Erreur la plus fréquente
- Confondre bénéfice micro (déjà réduit) et bénéfice réel
- Conséquence chiffrée
- Plafond limité au plancher de 4 806 € malgré un bénéfice réel supérieur
- Erreur la plus fréquente
- Retenir le bénéfice total de la société plutôt que la seule rémunération versée
- Conséquence chiffrée
- Plafond personnel proche de 5 000 € alors que la société dégage 150 000 € de bénéfice
- Erreur la plus fréquente
- Inclure les dividendes, ou omettre la CSG/CRDS non déductible et les cotisations Madelin/PER
- Conséquence chiffrée
- Base sur- ou sous-évaluée de plusieurs milliers d'euros selon le sens de l'erreur
- Erreur la plus fréquente
- Appliquer la formule TNS (10 % + 15 %) au lieu du plafond salarié
- Conséquence chiffrée
- Plafond surestimé d'environ 3 991 € sur une rémunération de 70 000 €
- Erreur la plus fréquente
- Croire que la détention majoritaire du capital donne le régime TNS, comme en SELARL
- Conséquence chiffrée
- Perte totale de la majoration de 15 %, quel que soit le montant détenu
Calculs dérivés du cabinet à partir des exemples chiffrés développés plus haut dans cet article. Une erreur de statut n'est pas qu'un manque à gagner fiscal : un plafond surestimé expose la fraction de versement excédentaire à une remise en cause par l'administration lors d'un contrôle, avec réintégration du versement non déductible dans le revenu imposable de l'année.
- La confusion gérant majoritaire / gérant minoritaire après un mouvement de capitalUne donation de parts, l'entrée d'un associé ou un changement de répartition modifient silencieusement le régime social applicable. Le plafond PER doit être recalculé chaque année sur le statut réel au 31 décembre, pas sur celui de l'année de création de la société.
- Les dividendes injectés par erreur dans la base du gérant majoritaireParce qu'une partie des dividendes est soumise à cotisations sociales au-delà de 10 % du capital, certains dirigeants en déduisent — à tort — qu'ils entrent aussi dans la base du plafond PER. Ce sont deux mécanismes distincts : l'assujettissement social d'un dividende ne le transforme jamais en rémunération professionnelle au sens de l'article 154 bis.
- Le bénéfice total de l'EI retenu après une option pour l'ISLe réflexe consistant à reprendre le bénéfice comptable global de l'activité, comme avant l'option, surestime lourdement le plafond disponible : seule la rémunération effectivement versée au dirigeant compte, retraitée comme celle d'un gérant majoritaire.
- La SELAS assimilée à tort à une SELARLLe choix de la forme juridique d'une société d'exercice libéral se fait souvent pour des raisons de gouvernance ou de levée de fonds, sans considération du régime PER. Le passage en SELAS fait perdre l'accès au plafond TNS majoré, quelle que soit la détention du capital.
- L'oubli des réintégrations dans la base du gérant majoritaireÀ l'inverse de l'erreur sur les dividendes, oublier de réintégrer la CSG/CRDS non déductible et les cotisations Madelin/PER de l'année sous-évalue le plafond réel — un gérant peut ainsi s'interdire un versement en réalité déductible, par simple méconnaissance du mécanisme précisé par l'administration.
Ce qu'il faut retenir
La formule TNS de l'article 154 bis est unique, mais elle s'applique à des bases qui ne le sont pas. Pour un BIC réel, une BNC en déclaration contrôlée ou une EI restée à l'IR, la base est le bénéfice imposable de l'activité — identique dans les trois cas à bénéfice égal, le formulaire et la case de déclaration constituant la seule différence réelle. Pour un gérant majoritaire de SARL ou d'EURL à l'IS, comme pour une EI ayant opté pour l'IS, la base bascule vers la seule rémunération versée, retraitée des cotisations sociales, de la CSG/CRDS non déductible et des cotisations Madelin/PER elles-mêmes — un mécanisme qui peut réduire le plafond de plus de 20 000 € par rapport au bénéfice total de l'activité. Un gérant minoritaire, égalitaire, ou un président de SELAS, enfin, sortent du régime TNS et du bénéfice de la majoration de 15 %, quelle que soit la part de capital détenue dans ce dernier cas. Le montant du plafond dépend du revenu ; sa formule dépend du statut — et confondre les deux coûte, dans un sens comme dans l'autre, plusieurs milliers d'euros de capacité de déduction annuelle. Le plafond une fois établi avec certitude, deux questions restent à trancher séparément : celle du partage entre PER et assurance-vie selon la capacité d'épargne disponible, et celle du report des plafonds non consommés, identique quel que soit le statut et détaillé dans notre article général sur le plafond PER.
Questions fréquentes
Le plafond PER d'un gérant majoritaire se calcule-t-il sur le bénéfice de sa société ou sur sa rémunération ?+
Sur sa rémunération, jamais sur le bénéfice de la SARL ou de l'EURL. L'article 62 du CGI impose la rémunération du gérant majoritaire comme un salaire retraité : la base retenue pour le plafond de l'article 154 bis est la rémunération nette de cotisations sociales obligatoires, augmentée de la CSG/CRDS non déductible et des cotisations Madelin/PER elles-mêmes. Un gérant qui se verse 40 000 € sur une société qui en gagne 200 000 € calcule son plafond sur une base proche de 40 000 €, pas sur les 200 000 € qui restent dans la société.
Un gérant minoritaire ou égalitaire de SARL a-t-il droit au plafond TNS majoré de 15 % ?+
Non. Seul le gérant majoritaire (plus de la moitié du capital, seul ou avec son foyer fiscal) relève du régime TNS et de l'article 154 bis. Un gérant minoritaire ou égalitaire est assimilé salarié : son plafond suit l'article 163 quatervicies, sans la majoration de 15 % sur la tranche comprise entre 1 et 8 PASS. Sur une rémunération nette de 70 000 € avant abattement, l'écart atteint environ 3 990 € de plafond annuel entre les deux régimes — appliquer par erreur la formule TNS expose le surplus déduit à une remise en cause.
Le régime micro réduit-il vraiment le plafond PER par rapport au régime réel ?+
Le plus souvent oui, parce que le bénéfice imposable micro est un forfait — abattement de 50 % pour un artisan en BIC services, 34 % en BNC — qui ne reflète pas les charges réelles. Pour 83 000 € de chiffre d'affaires, un artisan en micro-BIC plafonne à 4 806 € de déduction PER (le plancher légal), contre 8 354 € en réel si ses charges réelles ne représentent que 25 % du chiffre d'affaires. L'inverse est vrai si les charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire : passer au réel réduit alors le bénéfice imposable, donc le plafond.
Une entreprise individuelle qui opte pour l'IS perd-elle son plafond PER avantageux ?+
Elle change d'assiette, sans changer de statut social : l'entrepreneur individuel reste TNS, mais depuis l'option pour l'IS (article 1655 sexies du CGI, ouverte par la loi du 14 février 2022), son plafond ne se calcule plus sur le bénéfice total de l'activité mais sur la seule rémunération qu'il se verse, selon le mécanisme de l'article 62. Sur un bénéfice de 150 000 € dont seuls 60 000 € sont versés en rémunération, le plafond peut chuter d'environ 30 000 € à un peu plus de 5 000 € — un effet de bord rarement anticipé au moment de choisir l'IS pour son seul avantage de taux.
Le président d'une SELAS a-t-il le même plafond PER qu'un gérant majoritaire de SELARL ?+
Non, et c'est une confusion fréquente. Le gérant majoritaire d'une SELARL suit le régime TNS comme un gérant de SARL classique. Le président d'une SELAS, lui, est assimilé salarié par nature — quelle que soit la part de capital détenue, y compris à 100 % — parce que le statut de président de société par actions simplifiée l'emporte sur la détention capitalistique. Un professionnel libéral qui bascule d'une activité individuelle ou d'une SELARL vers une SELAS perd donc automatiquement l'accès au plafond TNS majoré, sans que cela résulte d'un choix explicite.
Faut-il inclure les dividendes dans le calcul du plafond PER d'un gérant majoritaire ?+
Non. Même si une partie des dividendes perçus par un gérant majoritaire est réintégrée dans l'assiette des cotisations sociales URSSAF lorsqu'elle dépasse 10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes en compte courant d'associé, les dividendes restent fiscalement des revenus de capitaux mobiliers — jamais une rémunération professionnelle. Ils n'entrent pas dans la base de calcul du plafond de déduction PER de l'article 154 bis, qui ne retient que la rémunération imposée selon l'article 62 du CGI.
Quelle case remplir sur la déclaration 2042 pour un gérant majoritaire qui verse sur un PER ?+
La rémunération elle-même se déclare en case 1GB (revenus des gérants et associés relevant de l'article 62 du CGI). Les cotisations Madelin ou versements PER de l'année se reportent en principe dans le cadre 6 « Épargne retraite » de la 2042, cases 6QS à 6QU selon le membre du foyer fiscal — un point à vérifier chaque année sur la notice officielle, ces cases pouvant être réordonnées d'une campagne à l'autre. Ce report ne crée pas de déduction supplémentaire : il sert à l'administration pour calculer le plafond disponible des années suivantes.
Le plafond TNS majoré se reporte-t-il sur 5 ans comme celui d'un salarié ?+
Oui, selon le même mécanisme que celui détaillé dans notre article général sur le calcul du plafond PER : la fraction non utilisée, TNS comme salarié, reste mobilisable pendant les 5 années suivantes depuis la loi de finances pour 2026 (3 ans pour les plafonds générés avant 2026). Le statut — BIC, BNC, gérant majoritaire ou minoritaire — détermine seulement le montant du plafond généré chaque année, pas la durée pendant laquelle son reliquat reste utilisable.
Artisan, profession libérale, gérant majoritaire : votre plafond ne se calcule pas comme celui du confrère voisin
Nous identifions la base exacte de votre plafond de déduction PER selon votre statut réel — bénéfice BIC ou BNC, rémunération de gérance retraitée des cotisations sociales, ou rémunération d'une EI à l'IS — avant de déterminer le montant à verser cette année.
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PER : le plafond de déduction, calcul général
La formule commune et le report sur 5 ans — le socle que cet article complète statut par statut.
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Une fois le plafond connu, reste à savoir si le verser a un sens à votre tranche marginale.
PER en TMI 11 % : pourquoi c'est presque toujours une erreur
Un plafond généreux ne justifie pas de le remplir à n'importe quelle tranche d'imposition.
PER ou assurance-vie : lequel remplir en premier ?
L'arbitrage d'enveloppe, une fois le plafond de déduction du PER établi statut par statut.
PER assurantiel ou PER bancaire
Le plafond se calcule à l'identique, quel que soit le PER choisi pour le loger.
Les critères des meilleurs PER
Le plafond n'est que la première variable ; la qualité du contrat en est une autre.