PlacementGaranti
Les problèmes

PFU ou barème progressif : l'option 2OP devient enfin révocable

Pendant des années, cocher la mauvaise case sur la déclaration de revenus revenait à s'enfermer pour l'année entière, sans recours possible — même en cas d'erreur de calcul ou de dividende exceptionnel tombé après coup. La loi de finances pour 2026 change la donne, mais pas pour tout le monde ni tout de suite.

Publié le 11 août 2026 · PlacementGaranti

Ce qui change : la fin d'un choix à sens unique

Jusqu'ici, l'option pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu — la case 2OP de la déclaration, qui permet de renoncer au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) pour l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers et plus-values mobilières du foyer — était expressément qualifiée d'irrévocable par le Code général des impôts. Une fois la case cochée et la déclaration validée, aucun retour en arrière n'était possible pour l'année concernée, même en cas d'erreur manifeste : un contribuable qui découvrait après coup qu'il aurait dû rester au PFU — parce qu'un dividende exceptionnel tombé en fin d'année avait fait basculer son foyer dans une tranche supérieure, par exemple — restait bloqué avec un choix devenu défavorable.

La loi de finances pour 2026 supprime cette mention d'irrévocabilité à l'article 200 A, 2 du Code général des impôts. L'option reste, comme avant, un choix global et annuel — impossible de l'appliquer à un seul placement plutôt qu'à un autre, la règle de fond détaillée dans notre article sur le choix entre PFU et barème progressif ne change pas. Ce qui change, c'est la possibilité de revenir dessus après coup, dans un délai qui reste à respecter.

Depuis quand exactement : une bascule qui ne concerne pas tous les revenus

Le point le plus souvent mal compris : la nouvelle révocabilité ne s'applique pas à la déclaration en cours au moment de la publication de cet article. Elle concerne les revenus perçus à compter du 1ᵉʳ janvier 2026, déclarés au printemps 2027. L'option cochée pour les revenus de l'année 2025 — déclarés au printemps 2026 — reste soumise à l'ancien régime, irrévocable comme avant. Un contribuable qui a coché la case 2OP sur sa déclaration 2026 (revenus 2025) ne bénéficie donc d'aucun droit de rétractation nouveau sur ce choix précis, même si la loi qui l'assouplit est déjà en vigueur au moment où il déclare.

Deux campagnes déclaratives consécutives — deux régimes différents pour le même choix
Revenus 2025
Déclarés au printemps 2026
Option 2OP applicable
Ancien régime
Révocation possible après coup
Non — irrévocable
Mise en recouvrement (indicatif)
Été 2026
Fenêtre de révocation, si applicable
Sans objet
Revenus 2026
Déclarés au printemps 2027
Option 2OP applicable
Nouveau régime (LF 2026)
Révocation possible après coup
Oui — jusqu'au délai de réclamation
Mise en recouvrement (indicatif)
Été 2027
Fenêtre de révocation, si applicable
Jusqu'au 31 décembre 2029

La mise en recouvrement correspond à la date d'émission de l'avis d'impôt, généralement l'été suivant la déclaration. Le délai de réclamation de droit commun expire le 31 décembre de la deuxième année qui suit cette mise en recouvrement — d'où la fenêtre jusqu'à fin 2029 pour des revenus 2026 recouvrés à l'été 2027.

Le délai réel pour changer d'avis

Une fois l'option exercée pour un revenu 2026 ou ultérieur, deux fenêtres de correction se succèdent. La première, la plus simple : la période de déclaration rectificative en ligne, ouverte chaque année pendant quelques semaines après la mise en ligne de la déclaration, qui permet une correction directe sans démarche particulière. Passé ce délai, la seconde fenêtre prend le relais : une réclamation contentieuse classique auprès de l'administration fiscale, possible jusqu'au 31 décembre de la deuxième année suivant celle de la mise en recouvrement de l'impôt concerné — soit, pour des revenus 2026 mis en recouvrement à l'été 2027, une fenêtre qui s'étend jusqu'au 31 décembre 2029. Dans les deux cas, la démarche n'a rien d'automatique : la fin de l'irrévocabilité ouvre un droit à corriger, elle ne déclenche aucune régularisation spontanée de l'administration.

Ce qui ne change pas

Deux points restent identiques à l'ancien régime, et continuent de structurer la décision de départ autant que la correction éventuelle. D'abord, le caractère global de l'option : elle s'applique à l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers et plus-values mobilières du foyer fiscal pour l'année entière, jamais placement par placement — révoquer l'option revient donc à basculer tous ces revenus au PFU d'un coup, pas seulement celui qui s'est révélé décevant. Ensuite, les prélèvements sociaux : qu'il s'agisse d'opter pour le barème, de rester au PFU ou de révoquer un choix après coup, les 18,6 % de prélèvements sociaux restent dus dans tous les cas — seule la part « impôt sur le revenu » du calcul est concernée par ce choix et sa révocabilité.

Dans quels cas ce filet de sécurité change concrètement la donne

Le cas le plus fréquent : un contribuable qui opte pour le barème progressif en anticipant une TMI de 11 %, sur la base des revenus connus au moment de la déclaration, puis découvre en cours d'année un revenu exceptionnel — plus-value mobilière imprévue, dividende exceptionnel, cession — qui fait basculer le foyer dans une tranche supérieure. Sous l'ancien régime, ce choix restait figé pour l'année entière, même s'il devenait nettement moins favorable que le PFU une fois tous les revenus connus. Sous le nouveau régime, ce même contribuable dispose désormais d'une fenêtre de plusieurs années pour corriger, à condition d'engager la démarche.

Le second cas concerne les erreurs de simulation pure : un choix fait sur la base d'une estimation de TMI qui s'avère, une fois la déclaration finalisée par l'administration, différente de ce qui avait été anticipé. Là encore, la marge de correction qui n'existait pas avant devient mobilisable — dans les mêmes limites de délai.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la case 2OP exactement ?+

C'est la case à cocher sur la déclaration de revenus pour renoncer au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) et soumettre l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers et plus-values mobilières du foyer au barème progressif de l'impôt sur le revenu. L'option reste globale — impossible de l'appliquer à un seul placement — et cette règle n'a pas changé avec la réforme 2026.

Depuis quand l'option 2OP est-elle révocable ?+

Depuis la loi de finances pour 2026, qui a supprimé la mention d'irrévocabilité à l'article 200 A du Code général des impôts. Mais la nouvelle règle ne s'applique qu'aux revenus perçus à compter du 1ᵉʳ janvier 2026, déclarés en 2027. L'option cochée pour les revenus 2025, déclarés au printemps 2026, reste verrouillée sous l'ancien régime.

Jusqu'à quand peut-on changer d'avis une fois l'option exercée ?+

Jusqu'au délai de réclamation de droit commun, qui expire le 31 décembre de la deuxième année suivant celle de la mise en recouvrement de l'impôt. Pour des revenus 2026 mis en recouvrement à l'été 2027, la fenêtre de révocation court jusqu'au 31 décembre 2029 — largement au-delà de la seule campagne déclarative de l'année suivante.

La révocation est-elle automatique, ou faut-il faire une démarche ?+

Une démarche reste nécessaire dans tous les cas : correction en ligne pendant la période de déclaration rectificative si le délai le permet encore, ou réclamation contentieuse auprès de l'administration fiscale une fois ce délai dépassé. La fin de l'irrévocabilité ouvre un droit, elle ne déclenche aucune correction spontanée.

Les prélèvements sociaux sont-ils concernés par cette révocabilité ?+

Non — comme pour l'option elle-même, la révocabilité ne porte que sur la part impôt sur le revenu du choix PFU/barème. Les 18,6 % de prélèvements sociaux restent dus dans tous les cas, quelle que soit l'option retenue ou révoquée par la suite.

Est-ce que cela change la règle habituelle de décision selon la TMI ?+

Non, la règle de fond reste identique : le barème progressif reste globalement plus favorable pour un foyer non imposable ou à la tranche à 11 %, le PFU pour une TMI de 30 % et plus. Ce qui change, c'est le filet de sécurité en cas d'erreur de calcul ou d'événement imprévu en cours d'année — pas le critère de décision lui-même, détaillé dans notre article sur le choix entre PFU et barème progressif.

Accès privé PlacementGaranti.com

Vous pensez avoir coché la mauvaise case ?

Selon l'année des revenus concernés et la date de mise en recouvrement de votre impôt, une correction peut encore être possible. Nous vérifions avec vous la fenêtre encore ouverte et la démarche à suivre.

Vérifier si votre option est encore modifiable

Créneau au choix dès l'envoi du formulaire · Confidentiel · Sans démarchage

À lire aussi