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PER : que devient-il en cas de divorce ?

Un droit personnel, insaisissable, non transférable — et pourtant sa valeur pèse bien dans le partage d'un divorce sous un régime de communauté. Un mécanisme technique, presque jamais anticipé au moment de la souscription.

Publié le 12 juillet 2026 · Rempart Financier

Un droit personnel qui ne se transfère jamais physiquement

Le PER est un droit personnel et insaisissable, attaché à son titulaire : il ne peut jamais être physiquement transféré à un tiers, y compris à un conjoint dans le cadre d'un divorce. Cette règle ne signifie pas pour autant que sa valeur est ignorée de la procédure — sous un régime de communauté, les versements effectués pendant le mariage à partir de revenus professionnels du couple sont généralement considérés comme des biens communs à intégrer dans le calcul global du partage.

Comment le partage se matérialise en pratique

Puisque le PER lui-même ne peut pas être scindé, sa valeur de rachat théorique à la date du divorce est évaluée — un exercice technique qui nécessite souvent l'intervention d'un notaire liquidateur — puis intégrée à la masse commune à partager. Le conjoint qui ne détient pas le PER reçoit alors une compensation équivalente : une soulte en numéraire, ou l'attribution d'autres biens de valeur correspondante, jamais une part physique du plan lui-même.

Couple marié sous le régime légal (communauté), PER de 200 000 € ouvert par un seul époux pendant le mariage
Ce qui ne se passe pas
Transfert direct d'une part du PER au conjoint
Impossible — droit personnel et insaisissable
Valeur du PER exclue du partage
Faux — elle entre dans la masse commune si les versements datent du mariage
Compensation équivalente au conjoint
Titulaire du PER conserve le plan intact
Ce qui se passe réellement
Transfert direct d'une part du PER au conjoint
Valeur du PER exclue du partage
Compensation équivalente au conjoint
Soulte en numéraire ou attribution d'autres biens de valeur équivalente
Titulaire du PER conserve le plan intact
Oui, à charge de compenser la valeur due au conjoint

Sous un régime de séparation de biens, cette analyse ne s'applique pas : chaque époux conserve l'exclusivité de ses propres actifs, PER compris, sans intégration dans une masse commune.

Le régime matrimonial, la variable qui change tout

Cette mécanique ne s'applique que sous un régime de communauté. Sous un régime de séparation de biens, chaque époux conserve la propriété exclusive de ses propres actifs, PER compris, sans intégration dans une masse commune à partager en cas de divorce — une différence fondamentale à connaître bien avant tout projet de séparation, pas au moment de la procédure elle-même.

Questions fréquentes

Un PER est-il un bien propre ou un bien commun en cas de divorce ?+

Cela dépend du régime matrimonial et de l'origine des versements : sous un régime de communauté, les versements effectués pendant le mariage à partir de revenus professionnels du couple sont généralement considérés comme des biens communs à intégrer dans la liquidation, même si le PER est ouvert au nom d'un seul époux.

Le conjoint peut-il recevoir la moitié du PER lors du divorce ?+

Non, jamais directement — le PER est un droit personnel et insaisissable, non transférable à un tiers. Sa valeur est en revanche intégrée au calcul global du partage : le conjoint reçoit une compensation équivalente (soulte ou attribution d'autres biens), pas une part physique du PER lui-même.

Comment est évaluée la valeur du PER à intégrer dans le partage ?+

Par une évaluation actuarielle de sa valeur de rachat théorique à la date du divorce — un exercice technique qui nécessite souvent l'intervention d'un notaire liquidateur, voire d'un actuaire pour les PER anciens de type ex-article 83 avec des composantes de rente déjà engagées.

Cette règle s'applique-t-elle aussi au PER d'entreprise (collectif ou obligatoire) ?+

Oui, selon les mêmes principes — l'origine professionnelle des sommes ne change pas leur nature de bien commun potentiel si les versements ont eu lieu pendant le mariage sous un régime de communauté, y compris pour l'abondement de l'employeur.

Un contrat de mariage en séparation de biens change-t-il cette analyse ?+

Oui, fondamentalement : sous un régime de séparation de biens, chaque époux conserve la propriété exclusive de ses propres actifs, PER compris, sans intégration dans une masse commune à partager — une différence majeure qui doit être anticipée bien avant tout projet de divorce.

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